He is not silent Le cœur de l’adoration chrétienne

Je partage quelques notes de l’excellent livre en anglais par R. Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : Prêcher dans un monde postmoderne”).

Dans les églises évangéliques, le modèle principal de l’adoration est défini de plus en plus par la musique avec des innovations comme l’art dramatique ou des vidéos. La prédication joue de plus en plus un rôle secondaire.

Le pasteur A. W. Tozer dit que l’on maximise le divertissement et minimise l’instruction.

Il est presque impossible d’attirer des gens dans une réunion où la seule attraction est Dieu. On ne peut que tirer la conclusion que ceux qui se disent les enfants de Dieu s’ennuient de lui…

Quand on soulève des objections contre le veau en fonte dont on se sert pour attirer des gens, la réponse est que nous les gagnons ! Mais à quoi les gagnons-nous ? À une vie de disciple ? À la croix ? Au reniement de soi-même ? À une séparation d’avec le monde ? À la crucifixion de la chair ? À une vie sainte ? À une noblesse de caractère ? À un mépris des trésors de ce monde ? À la discipline de soi-même ? À l’amour de Dieu ? À un engagement total à Christ ? Bien entendu, la réponse à toutes ces questions est non.

Le pasteur Kent Hughes parle des spectateurs silencieux qui notent la qualité du spectacle. Le prédicateur se sent obligé de prêcher aux besoins ressentis, l’agenda de l’homme et non pas celui de Dieu. Le résultat est un égocentrisme tragique.

Dans cette ambiance, certaines personnes nous disent que l’adoration est comme un véhicule qui nous transporte là où Dieu veut que nous soyons. Que ce soit une Mercedes Benz, une moto ou un vélo, cela n’a pas d’importance. Toute forme d’adoration est agréable à Dieu.

“Dieu est-il un laisser-faire déité qui se fiche de comment son peuple l’adorent, tout content que quelques-uns quelque part l’adorent de quelque manière que ce soit ?” Le Lévitique 10:1-3 démontre clairement que Dieu ordonne que son peuple l’adore d’une manière correcte.

Mohler donne ensuite quatre rubriques concernant l’adoration authentique.

1. L’adoration authentique commence avec une vraie vision du Dieu vivant.

Dans Ésaïe 6:1-10, le prophète avait une vision du Seigneur assis sur un trône très élevé. Sa gloire remplissait le temple. Des séraphins se servaient chacun de leurs six ailes pour voler et pour se couvrir la face et les pieds devant le Dieu Très-Haut. Ils criaient l’un à l’autre et disaient : Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire !Dans la plupart des églises évangéliques, le Dieu de la Bible ne serait jamais connu de par notre adoration.

Le même modèle d’adoration se répète dans l’Apocalypse 4:8-11, "Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d’yeux tout autour et au-dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant qui était, qui est et qui vient !"

“Cette sainteté de Dieu le distingue et le sépare de sa création. Il est ce que nous ne le sommes pas. Nous somme finis ; il est infini.” Il est tout à fait autre.

La question importante est celle-ci : Notre adoration communique-t-elle la sainteté de Dieu ? Un observateur pourrait-il discerner quelque chose du caractère de Dieu au travers de notre adoration ? Dans la plupart des églises évangéliques, le Dieu de la Bible ne serait jamais connu de par notre adoration.

Nous cherchons de nos jours à présenter un Dieu plus commode. Nous ne voulons pas un Dieu qui fait peur. Nous oublions volontairement ce que dit Hébreux 10:31, “Il est terrible de tomber dans les mains du Dieu vivant !” (Hébreux 10:31 SER).

2. L’adoration authentique conduit à la confession du péché.

La réponse d’Ésaïe à la vision de Dieu était, "Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées" (Ésaïe 6:5).

Ésaïe comprend qu’il est perdu parce qu’il a eu une vision de la sainteté de Dieu. Si nous ne sommes pas confrontés de notre péché personnel en tant qu’individus, c’est que nous n’avons pas vu Dieu et nous ne l’avons pas adoré. Psaume 51:1-4 nous donne le modèle de la vraie confession :

O Dieu ! fais-moi grâce selon ta bienveillance, Selon ta grande compassion, efface mes crimes ; Lave-moi complètement de ma faute, Et purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes crimes, Et mon péché est constamment devant moi. J’ai péché contre toi, contre toi seul, Et j’ai fait le mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement.

3. L’adoration authentique conduit à la proclamation de l’évangile.

Dans Ésaïe 6:6-7, nous avons une démonstration de la rédemption :

Mais l’un des séraphins vola vers moi, (tenant) à la main une braise qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes. Il en toucha ma bouche et dit : Ceci a touché tes lèvres ; ta faute est enlevée, et ton péché est expié.

Cette scène anticipe l’œuvre de Christ sur la croix. La vraie adoration proclame l’évangile, la bonne nouvelle de ce que Dieu a fait en Jésus-Christ. Elle est centrée dans la croix.

4. L’adoration authentique exige une réponse.

En vue de ce que Dieu a fait, l’adoration authentique exige une réponse. Ésaïe dit : “ J’entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je Et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi” (Ésaïe 6:8 SER).

Quelqu’un a dit que notre manière d’adorer n’a pas d’importance. Ce qui importe est qui nous adorons. Pourtant, qui nous adorons détermine comment nous devons adorer.

La prédication est composante centrale de l’adoration chrétienne. C’est principalement à travers la prédication de l’Écriture que nous pouvons avoir une vision du Dieu vivant. Martin Luther a composé des hymnes mais il était convaincu que le cœur de l’adoration biblique était la prédication de la Parole de Dieu.

Cette centralité de la prédication se voient dans les deux testaments
des Écritures. Paul dit à Timothée : “Je t’adjure, devant Dieu et devant le Christ-Jésus qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son avènement et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et en instruisant” (2 Timothée 4:1-2 SER). Dans l’Ancien Testament, nous lisons qu’Esdras et ses collègues “lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu” (Néhémie 8:8 SER). La réponse des auditeurs démontre une soif pour la Parole de Dieu qui nous reprend : “…et tout le peuple répondit, en levant les mains : Amen ! amen ! Ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, la face contre terre” (Néhémie 8:6 SER). Esdras n’avait pas organisé un événement. Il n’a pas fait un spectacle. D’une manière simple et soignée, il a proclamé la Parole de Dieu.

Dans beaucoup trop d’églises la Bible est presque silencieuse… L’anémie de l’église est le résultat de l’absence de la vraie prédication par exposition.Dans beaucoup trop d’églises la Bible est presque silencieuse. D’autres choses ont pris la première place dans un monde qui cherche le divertissement. Le prédicateur se contente de donner un petit message d’encouragement ou d’exhortation plutôt que de prêcher tout le conseil de Dieu. L’anémie de l’église est le résultat de l’absence de la vraie prédication par exposition. Si nous voulons donner aux gens une vraie vision de Dieu, leur montrer leur propre état de pécheur, leur proclamer l’évangile de Jésus-Christ et les encourager à obéir à cet évangile, nous nous donnerons à la prédication de la Parole. C’est notre tâche et notre appel : confronter les auditeurs avec la Parole de Dieu qui est vivante et efficace, et prier que le Saint-Esprit ouvre les yeux, convainque du péché et touche le cœur.

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