Cœur de berger

Quelques réflexions sur la vie de l'Église

Étiquette : Pasteur

Le témoignage d’un homme de Dieu

Vers la fin des ses jours, le prophète Samuel oint Saül comme roi de la nation d’Israël. À ce transfert de pouvoirs, Samuel invita les Israélites à rendre témoignage contre lui “en présence de l’Éternel et en présence de son oint” (1 Sam. 12:3 NEG).

De qui ai-je pris le bœuf et de qui ai-je pris l’âne ? Qui ai-je opprimé, et qui ai-je traité durement ? De qui ai-je reçu un présent, pour fermer les yeux sur lui ? Je vous le rendrai (1 Sam. 12:3 NEG).

Les fils pervers d’Éli

En ce qui concerne l’éducation de ses enfants, Samuel a souffert du mauvais modèle du prêtre Éli dont les fils Hophni et Phinées “étaient des hommes pervers, ils ne connaissaient point l’Éternel” (1 Sam. 2:34 NEG).

Complètement corrompus, ces ministres de l’autel étaient poussés par l’avarice et les appétits de la chair. Ils méprisaient les offrandes de l’Éternel, négligeaient ses commandements concernant les sacrifices et prenaient ce dont ils avaient envie pour eux-mêmes. Ils abusaient de leur autorité et de leur position pour forcer les gens à leur céder ce qui était réservé pour l’Éternel. Pour mettre le comble à leur péché, “ils couchaient avec les femmes qui s’assemblaient à l’entrée de la tente d’assignation” (1 Sam. 2:22 NEG). C’était dans ce contexte que grandit Samuel.

Éli était impuissant pour arrêter le péché de ses fils mais Dieu le tint coupable parce qu’il ne les avait pas réprimés :

Je lui ai déclaré que je veux punir sa maison à perpétuité, à cause du crime dont il a connaissance, et par lequel ses fils se sont rendus méprisables, sans qu’il les ait réprimés (1 Sam. 3:13 NEG. Voir aussi 2:23-25, 29, 34).

Le jugement de Dieu tomba sur la maison d’Éli quand Hophni, Phinées et Éli moururent le même jour. Samuel prit la relève.

Le manque d’un bon exemple paternel

Il semble que l’absence de son propre père – remplacé par l’indulgent Éli – ait laissé des lacunes dans ses compétences paternelles de Samuel :

Lorsque Samuel devint vieux, il établit ses fils juges sur Israël. Son fils premier-né se nommait Joël, et le second Abija ; ils étaient juges à Beer-Schéba. Les fils de Samuel ne marchèrent point sur ses traces; ils se livraient à la cupidité, recevaient des présents, et violaient la justice (1 Sam. 8:1-3 NEG).

Ainsi les Israélites demandaient-ils un roi, comme si un roi seraient d’office un homme de droiture. Ils citent comme deuxième justificatif l’exemple de toutes les autres nations :

Tous les anciens d’Israël s’assemblèrent, et vinrent auprès de Samuel à Rama. Ils lui dirent : Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent point sur tes traces ; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme il y en a chez toutes les nations (1 Sam. 8:4-5 NEG).

L’exemple de Samuel, homme de Dieu

Malgré le comportement de ses fils, le témoignage de Samuel lui-même contrastait vivement avec Hophni. Quand il a invité les Israélites à rendre témoignage contre lui avec la promesse de le leur rendre, Israël lui répondit :

Tu ne nous as point opprimés, et tu ne nous as point traités durement, et tu n’as rien reçu de la main de personne (1 Sam. 12:4 NEG).

Nous voyons donc le bon témoignage de Samuel :

  1. Samuel était honnête, éloigné de la duplicité et du gain sordide.
    • De qui ai-je pris le bœuf et de qui ai-je pris l’âne? (1 Sam. 12:3 NEG).
    • Les diacres aussi doivent être honnêtes, éloignés de la duplicité, des excès du vin, d’un gain sordide (1 Tim. 3:8 NEG).
  2. Samuel n’a jamais fait abus de pouvoir :
    • Qui ai-je opprimé, et qui ai-je traité durement ? (1 Sam. 12:3 NEG).
    • non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau (1 Pi. 5:3 NEG).
    • Jésus les appela, et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de beaucoup (Matt. 20:25-28 NEG).
  3. Samuel le juge n’a jamais violé la justice.
    • De qui ai-je reçu un présent, pour fermer les yeux sur lui? (1 Sam. 12:3 NEG).
    • Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi (1 Tim. 6:9-10 NEG).

Le pasteur qui attend la bénédiction de Dieu devrait suivre l’exemple de Samuel et non pas celui d’Éli. Soyons des hommes honnêtes, avec un cœur de serviteur, éloignés de la duplicité et du gain sordide.

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Caractère des hommes de Dieu

Paul, Silvain et Timothée ont passé trois sabbats à Thessalonique, mais le résultat de leur ministère était une église implantée. Paul adresse sa lettre “à l’Église des Thessaloniciens” (1 Thess. 1:1 NEG). L’implantation de l’évangile “au milieu de beaucoup d’afflictions, avec la joie du Saint-Esprit” (1 Thess. 1:6 NEG) a été effectuée pour au moins deux raisons :

  1. “notre Évangile ne vous a pas été prêché en paroles seulement, mais avec puissance, avec l’Esprit-Saint et avec une pleine persuasion” (1 Thess. 1:5 NEG), et
  2. “vous n’ignorez pas que nous nous sommes montrés ainsi parmi vous” (1 Thess. 1:5 NEG). Autrement dit, l’évangélisation de Thessalonique était efficace en partie parce que Paul et son équipe étaient des hommes de Dieu, ce qui est détaillé en chapitre 2 de cette épître.

Caractéristiques à imiter

Paul, Silvain et Timothée étaient…

  1. Assurés en Dieu : “nous avons pris de l’assurance en notre Dieu, pour vous annoncer l’Évangile de Dieu, au milieu de bien des combats” (1 Thess. 2:2 NEG).
  2. Centrés sur Dieu : “nous parlons… pour plaire à Dieu qui sonde nos cœurs” (1 Thess. 2:4 NEG).
  3. Doux : “nous aurions pu nous imposer avec autorité comme apôtres de Christ, mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu’une nourrice prend un tendre soin de ses enfants” (1 Thess. 2:6-7 NEG).
  4. Affectueux : “nous aurions voulu, dans notre vive affection pour vous, non seulement vous donner l’Évangile de Dieu, mais encore notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers” (1 Thess. 2:8 NEG).
  5. Irréprochables : “nous avons eu envers vous qui croyez une conduite sainte, juste et irréprochable” (1 Thess. 2:10 NEG).
  6. Paternels : “nous avons été pour chacun de vous ce qu’un père est pour ses enfants, vous exhortant, vous consolant, vous conjurant, de marcher d’une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire” (1 Thess. 2:11-12 NEG).

Quelques tentations à éviter :

  1. Motifs impurs ou égoïstes : “notre prédication ne repose ni sur l’erreur, ni sur des motifs impurs, ni sur la fraude” (1 Thess. 2:3 NEG).
  2. L’approbation humaine : “nous parlons, non comme pour plaire à des hommes” (1 Thess. 2:4 NEG).
  3. La flatterie : “nous n’avons usé de paroles flatteuses” (1 Thess. 2:5 NEG).
  4. La cupidité : “jamais nous n’avons eu la cupidité pour mobile” (1 Thess. 2:5 NEG).
  5. La gloire humaine : “Nous n’avons point cherché la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres” (1 Thess. 2:6 NEG).
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Quand le pasteur chute

Un pasteur peut-il confesser l’adultère
avec une paroissienne en publique à l’assemblée ?

Voilà la question qu’un pasteur m’a envoyée. Sans dévoiler son identité, je partage ma réponse ci-dessous :

Je vous remercie de m’avoir écrit. Je vous dirai franchement ce que je crois que la Bible enseigne à ce sujet.

Dans 1 Timothée 3, Paul étale des qualifications minimes pour ceux qui “aspirent à la charge d’évêque” :

Cette parole est certaine : Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque, il désire une œuvre excellente. 2 Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement. 3 Il faut qu’il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé. 4 Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté ; 5 car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Eglise de Dieu? 6 Il ne faut pas qu’il soit un nouveau converti, de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. 7 Il faut aussi qu’il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l’opprobre et dans les pièges du diable.

La première qualification pour un évêque, c’est-à-dire pasteur, est qu’il soit irréprochable. La dernière qualification est qu’il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors. À part la qualification qu’il soit "propre à l’enseignement", toutes les qualifications ont à faire avec son caractère, et à vrai dire, il n’y a rien d’extraordinaire dans cette liste : la plupart de ces qualités ne sont que les qualités, selon l’enseignement du Nouveau Testament, qui devraient caractériser tout chrétien. Si un pasteur commet un péché grave…
il n’a plus les qualités requises selon les Écritures pour être pasteur.

Alors, si un pasteur commet un péché grave tel que l’adultère, il n’est plus irréprochable et il ne peut pas recevoir un bon témoignage de ceux du dehors. Donc, il n’a plus les qualités requises selon les Écritures pour être pasteur. Il devrait démissionner.

Quand la Bible parle de restauration, il s’agit de restauration au corps de Christ et non pas au poste de pasteur. Un pasteur chuté peut bien être restauré au corps de Christ, mais quand on transgresse la loi de Dieu, comme Paul dit dans Romains 2:24,

le nom de Dieu est à cause de vous blasphémé parmi les païens, comme cela est écrit.

Le péché flagrant dans la vie d’un soi-disant chrétien endommage la cause de Christ. Combien plus quand il s’agit d’un pasteur.

  • Quand une église restaure à la chaire un pasteur chuté, elle annonce aux adeptes et au monde, que le péché n’est pas grave.
  • Quand un chrétien ou un pasteur chute, il annonce que Christ n’est pas capable de nous "préserver de toute chute et nous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse" (Jude 24).

Quand David a péché, il a jeûné et prié toute la nuit. Son exemple nous démontre que nous ne devons pas prendre à la légère le péché. Les uns diraient que David est un exemple de restauration, mais il n’était pas un pasteur dans le sens du Nouveau Testament et il n’avait pas tous les avantages et toutes les bénédictions spirituelles qui nous sont accordées en Christ (Ephésiens 1). Le pasteur Charles Spurgeon a dit que si un pasteur n’a pas vécu selon la grâce de Dieu qui est sa puissance pour vivre pour le Seigneur (2 Corinthiens 12:9 et 2 Pierre 1:3), il est vraiment douteux qu’il puisse vivre selon la grâce de Dieu s’il était restauré à un poste de ministère. Il vaut mieux qu’il s’humilie au lieu d’assumer une telle charge. C’était probablement le manque d’humilité qui a précédé sa chute. L’humilité d’une autre place dans l’église pourrait préserver son âme.

Un pasteur peut-il confesser l’adultère avec une paroissienne en publique à l’assemblée ? Il me semble qu’il serait sage de confesser son adultère d’abord à son épouse, puis aux supérieurs dans le ministère (par exemple, au président du mouvement), puis aux anciens ou diacres et à l’église avec sa démission quand les responsables prendraient charge de l’église. Tout cela devrait se faire dans le plus bref délai (24 à 48 heures) pour éviter des on-dit et pour que toute l’église sache que l’on résout la situation d’une manière biblique.

Le pasteur devrait briser tout contact avec la paroissienne et d’autres responsables devraient se charger de sa cure d’âme. Le pasteur chuté et son épouse devraient aussi se soumettre à des conducteurs qui puissent veiller sur leur âme (Hébreux 13:17).

Ces paroles ne sont pas pour vous décourager. Au contraire,

6 Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable; 7 et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. 8 Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. 9 Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. 10 Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira (1 Pierre 5:6-10).

Je prie que le Seigneur vous dirige et vous comble de sa grâce. Je vous invite à répondre si vous voudriez en parler.

Voilà ma réponse. Comment auriez-vous répondu ?

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Mohler : 7b. Le pasteur comme théologien (partie 2)

La prédication et la doctrine

He is not silent Je partage des notes du livre par Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : prêcher dans un monde postmoderne”).

 

Pour les autres articles sur ce livre “He Is Not Silent”, cliquer ici.

Albert Mohler a commencé ce chapitre sur le rôle du pasteur comme théologien en parlant de l’appel du pasteur. Il poursuit son sujet en s’adressant à ce qu’il appelle…

LA CONCENTRATION DU PASTEUR

En ce qui concerne la théologie, le pasteur doit savoir faire le tri entre ce qui est non négociable et ce qui est discutable. Mohler fait la distinction entre les doctrines de première grandeur, celles de deuxième grandeur et celles de troisième grandeur.

Les doctrines de première grandeurLe rejet des doctrines de première grandeur est un rejet de l’évangile même.
—Albert Mohler

Les doctrines de première grandeur sont celles qui sont non négociables, par exemple, la divinité ou la déité et l’humanité plénières de Christ, la Trinité, l’expiation (la propitiation) et la justification par la foi seule. Quand le pasteur entend dire qu’il n’est pas nécessaire de croire à la résurrection littérale de Jésus-Christ, il doit reconnaître que le rejet de telles doctrines est un rejet de l’évangile même.

Les doctrines de deuxième grandeur

Les doctrines de deuxième grandeur sont celles qui sont essentielles à la vie de l’église locale mais qui ne définissent pas l’évangile. Il s’agit de questions qui concernent l’organisation de l’église ou certains systèmes ecclésiologiques ou théologiques. Par exemple, la question de si la Bible prescrit le baptême d’enfants est importante pour la vie d’une église. Il serait impossible de fonctionner comme une église locale si les membres étaient divisés par cette question. C’est pareil avec la question des dons spirituels. Sommes-nous cessationnistes (les dons ont cessé avec la mort des apôtres) ou continuationnistes (les dons continuent) ? Malgré notre position sur de telles questions, nous pouvons nous reconnaître comme chrétiens même si ces différences nous séparent.

Les doctrines de troisième grandeur

Les doctrines de troisième grandeur sont toujours importantes, mais elles ne menacent pas la communion de l’église locale. Nous pouvons être d’accord sur bien des points fondamentaux sans s’accorder sur toute question biblique. Les différences d’interprétation concernant le temps et la séquence des événements associés avec le retour de Christ sont importantes à cause de leur nature biblique, mais elles ne constituent pas la base d’une séparation d’autres croyants.

Le pasteur doit veiller et savoir évaluer les questions diverses. Parfois les différences qui semblent petites sont quand même grandes dans leur étendue. Dans le quatrième siècle, Arius a proposé que le Fils était d’une substance similaire (“homoiousias”) du Père tandis qu’Athanase s’accordait avec la Bible que le Fils était de la même substance (“homoousias”) que le Père. La différence entre “homoiousias” et “homoousias” est la simple lettre "i", mais quelle différence entre leurs déclarations ! Grâce au rôle d’Athanase comme pasteur et théologien, l’église a évité un grand désastre.

Pour les autres articles sur ce livre “He Is Not Silent”, cliquer ici.

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