Mohler : 2. Le motif pour prêcher

He is not silentNotre Dieu trinitaire

Je partage des notes du livre par Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : prêcher dans un monde postmoderne”).

Le point de départ dans notre prédication est ce commandement : “Prêche la Parole !” (2 Timothée 4:2). Cet impératif pose le fondement de la théologie de la prédication et son motif : Nous prêchons parce que Dieu l’a commandé. “Dieu a parlé et il nous a ordonnés de parler pour lui.” Dans la prédication le prédicateur ose parler de Dieu et pour Dieu. “Pour cette raison, une théologie de la prédication devrait prendre une forme trinitaire, reflétant la nature même du Dieu qui se révèle. Ainsi, elle rend témoignage au Dieu qui parle, au Fils qui sauve et à l’Esprit qui illumine.”

Le Dieu qui parle

La prédication n’est pas spéculative ; elle commence et se termine avec ce que Dieu dit de lui-même. Elle “ne consiste pas de la spéculation mais de La vraie prédication chrétienne est une exposition et une explication de la Bible.l’exposition”. Le prédicateur expose ce que Dieu dit de lui-même dans la Parole de Dieu. “Toute prédication chrétienne est biblique.” C’est-à-dire que la vraie prédication chrétienne est une exposition et une explication de la Bible. “Ceux qui prêchent d’une autre source d’autorité ou d’un autre texte quoiqu’ils parlent avec beaucoup d’effet et d’une manière très attirante, ils prêchent ‘un autre évangile’ et ils sont trahis par leurs paroles.”

Soyons honnêtes : L’acte de prêcher sentirait d’une arrogance complète et ambitieuse si ce n’était pour le fait que c’est Dieu lui-même qui nous a donné cette tâche. À la lumière de ce fait, la prédication n’est pas du tout un acte d’arrogance mais un d’humilité. La vraie prédication n’est jamais une démonstration du génie ou de l’intellect du prédicateur mais une exposition de la sagesse et de la puissance de Dieu.

Cette sorte d’humilité dans la prédication n’est possible que lorsque le prédicateur est soumis au texte de l’Écriture. Finalement, c’est simplement une question d’autorité. Soit le prédicateur soit le texte détermine ce qui est dit. En tant que prédicateurs de la Parole de Dieu, nous n’osons pas confondre notre propre autorité avec celle du texte. Agir ainsi serait un acte d’arrogance complète. Nous sommes appelés non seulement à prêcher mais à prêcher la Parole.

Le Fils qui sauve

Le Dieu qui se révèle a parlé suprêmement et définitivement par son Fils.

Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu nous a parlé par le Fils en ces jours qui sont les derniers. Il l’a établi héritier de toutes choses, et c’est par lui qu’il a fait les mondes (Hébreux 1:1-2).

Toute prédication chrétienne est christologique ou christocentrique : centré sur la personne de Christ. “Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons…” (2 Corinthiens 4:5 SER). Une théologie de la prédication devrait inclure et une théologie de la croix et une théologie de la gloire. Pourtant, nous nous rendons compte que ce que nous prêchons sera caractérisé de la folie (1 Corinthiens 1:18). Cette accusation est intrinsèque à la tâche et le prédicateur devrait être prêt à la supporter. Comme l’explique l’apôtre Paul : "Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi ne soit pas (fondée) sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu.” (1 Corinthiens 2:4-5 SER).

Prêcher l’évangile du Fils qui sauve, c’est rejeter toute notion que c’est la technique de communication et de persuasion humaine qui détermine l’efficacité homilétique. Comme dit franchement James Denney : “Personne ne peut donner l’impression à la fois qu’il est lui-même agile et que Christ est puissant pour sauver. Notre cible dans la prédication est d’être fidèles à l’évangile de Jésus-Christ. L’effet de cet évangile sur les cœurs humains, nous le laissons entre les mains de Dieu et de son Saint-Esprit.

L’Esprit qui illumine

Mohler dit que notre génération est caractérisée par une négligence de l’œuvre du Saint-Esprit. “L’absence d’une dépendance consciente de l’Esprit Saint est un signe que le prédicateur ne comprend pas sa tâche et son appel.” L’absence d’une dépendance consciente de l’Esprit Saint est un signe que le prédicateur ne comprend pas sa tâche et son appel.”J’ajouterais que dans certains milieux, il existe un accent sur l’œuvre de l’Esprit aux dépens de la Parole comme si l’Esprit agissait indépendamment de la Parole qu’il a lui-même inspirée. Comme il dit plus tard dans ce chapitre, l’Esprit ne travaille que par la Parole.

Mohler explique que nous sommes des ministres externes de la Parole tandis que l’Esprit est le ministre interne de la Parole. Selon Martin Luther, nous devons prêcher la Parole d’une manière fidèle pour qu’elle puisse entrer les oreilles des auditeurs, mais le Saint-Esprit seul puisse transmettre la Parole de l’oreille au cœur humain. Nous prêchons à haute voix la Parole. Pendant cet acte de prédication, l’Esprit illumine aujourd’hui la Parole qu’il a inspirée jadis.

Le motif, l’objectif et la gloire de la prédication

Le motif de la prédication n’est autre que la révélation que Dieu nous a adressée dans les Écritures. L’objectif de la prédication n’est ni moins ni plus que la fidélité à cet appel. La gloire de la prédication est que Dieu a promis de se servir de prédicateurs et de la prédication pour accomplir son objectif et pour se glorifier lui-même.

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Mohler : 1. La prédication comme adoration

He is not silent Le cœur de l’adoration chrétienne

Je partage quelques notes de l’excellent livre en anglais par R. Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : Prêcher dans un monde postmoderne”).

Dans les églises évangéliques, le modèle principal de l’adoration est défini de plus en plus par la musique avec des innovations comme l’art dramatique ou des vidéos. La prédication joue de plus en plus un rôle secondaire.

Le pasteur A. W. Tozer dit que l’on maximise le divertissement et minimise l’instruction.

Il est presque impossible d’attirer des gens dans une réunion où la seule attraction est Dieu. On ne peut que tirer la conclusion que ceux qui se disent les enfants de Dieu s’ennuient de lui…

Quand on soulève des objections contre le veau en fonte dont on se sert pour attirer des gens, la réponse est que nous les gagnons ! Mais à quoi les gagnons-nous ? À une vie de disciple ? À la croix ? Au reniement de soi-même ? À une séparation d’avec le monde ? À la crucifixion de la chair ? À une vie sainte ? À une noblesse de caractère ? À un mépris des trésors de ce monde ? À la discipline de soi-même ? À l’amour de Dieu ? À un engagement total à Christ ? Bien entendu, la réponse à toutes ces questions est non.

Le pasteur Kent Hughes parle des spectateurs silencieux qui notent la qualité du spectacle. Le prédicateur se sent obligé de prêcher aux besoins ressentis, l’agenda de l’homme et non pas celui de Dieu. Le résultat est un égocentrisme tragique.

Dans cette ambiance, certaines personnes nous disent que l’adoration est comme un véhicule qui nous transporte là où Dieu veut que nous soyons. Que ce soit une Mercedes Benz, une moto ou un vélo, cela n’a pas d’importance. Toute forme d’adoration est agréable à Dieu.

“Dieu est-il un laisser-faire déité qui se fiche de comment son peuple l’adorent, tout content que quelques-uns quelque part l’adorent de quelque manière que ce soit ?” Le Lévitique 10:1-3 démontre clairement que Dieu ordonne que son peuple l’adore d’une manière correcte.

Mohler donne ensuite quatre rubriques concernant l’adoration authentique.

1. L’adoration authentique commence avec une vraie vision du Dieu vivant.

Dans Ésaïe 6:1-10, le prophète avait une vision du Seigneur assis sur un trône très élevé. Sa gloire remplissait le temple. Des séraphins se servaient chacun de leurs six ailes pour voler et pour se couvrir la face et les pieds devant le Dieu Très-Haut. Ils criaient l’un à l’autre et disaient : Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire !Dans la plupart des églises évangéliques, le Dieu de la Bible ne serait jamais connu de par notre adoration.

Le même modèle d’adoration se répète dans l’Apocalypse 4:8-11, "Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d’yeux tout autour et au-dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant qui était, qui est et qui vient !"

“Cette sainteté de Dieu le distingue et le sépare de sa création. Il est ce que nous ne le sommes pas. Nous somme finis ; il est infini.” Il est tout à fait autre.

La question importante est celle-ci : Notre adoration communique-t-elle la sainteté de Dieu ? Un observateur pourrait-il discerner quelque chose du caractère de Dieu au travers de notre adoration ? Dans la plupart des églises évangéliques, le Dieu de la Bible ne serait jamais connu de par notre adoration.

Nous cherchons de nos jours à présenter un Dieu plus commode. Nous ne voulons pas un Dieu qui fait peur. Nous oublions volontairement ce que dit Hébreux 10:31, “Il est terrible de tomber dans les mains du Dieu vivant !” (Hébreux 10:31 SER).

2. L’adoration authentique conduit à la confession du péché.

La réponse d’Ésaïe à la vision de Dieu était, "Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées" (Ésaïe 6:5).

Ésaïe comprend qu’il est perdu parce qu’il a eu une vision de la sainteté de Dieu. Si nous ne sommes pas confrontés de notre péché personnel en tant qu’individus, c’est que nous n’avons pas vu Dieu et nous ne l’avons pas adoré. Psaume 51:1-4 nous donne le modèle de la vraie confession :

O Dieu ! fais-moi grâce selon ta bienveillance, Selon ta grande compassion, efface mes crimes ; Lave-moi complètement de ma faute, Et purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes crimes, Et mon péché est constamment devant moi. J’ai péché contre toi, contre toi seul, Et j’ai fait le mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement.

3. L’adoration authentique conduit à la proclamation de l’évangile.

Dans Ésaïe 6:6-7, nous avons une démonstration de la rédemption :

Mais l’un des séraphins vola vers moi, (tenant) à la main une braise qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes. Il en toucha ma bouche et dit : Ceci a touché tes lèvres ; ta faute est enlevée, et ton péché est expié.

Cette scène anticipe l’œuvre de Christ sur la croix. La vraie adoration proclame l’évangile, la bonne nouvelle de ce que Dieu a fait en Jésus-Christ. Elle est centrée dans la croix.

4. L’adoration authentique exige une réponse.

En vue de ce que Dieu a fait, l’adoration authentique exige une réponse. Ésaïe dit : “ J’entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je Et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi” (Ésaïe 6:8 SER).

Quelqu’un a dit que notre manière d’adorer n’a pas d’importance. Ce qui importe est qui nous adorons. Pourtant, qui nous adorons détermine comment nous devons adorer.

La prédication est composante centrale de l’adoration chrétienne. C’est principalement à travers la prédication de l’Écriture que nous pouvons avoir une vision du Dieu vivant. Martin Luther a composé des hymnes mais il était convaincu que le cœur de l’adoration biblique était la prédication de la Parole de Dieu.

Cette centralité de la prédication se voient dans les deux testaments des Écritures. Paul dit à Timothée : “Je t’adjure, devant Dieu et devant le Christ-Jésus qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son avènement et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et en instruisant” (2 Timothée 4:1-2 SER). Dans l’Ancien Testament, nous lisons qu’Esdras et ses collègues “lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu” (Néhémie 8:8 SER). La réponse des auditeurs démontre une soif pour la Parole de Dieu qui nous reprend : “…et tout le peuple répondit, en levant les mains : Amen ! amen ! Ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, la face contre terre” (Néhémie 8:6 SER). Esdras n’avait pas organisé un événement. Il n’a pas fait un spectacle. D’une manière simple et soignée, il a proclamé la Parole de Dieu.

Dans beaucoup trop d’églises la Bible est presque silencieuse… L’anémie de l’église est le résultat de l’absence de la vraie prédication par exposition.Dans beaucoup trop d’églises la Bible est presque silencieuse. D’autres choses ont pris la première place dans un monde qui cherche le divertissement. Le prédicateur se contente de donner un petit message d’encouragement ou d’exhortation plutôt que de prêcher tout le conseil de Dieu. L’anémie de l’église est le résultat de l’absence de la vraie prédication par exposition. Si nous voulons donner aux gens une vraie vision de Dieu, leur montrer leur propre état de pécheur, leur proclamer l’évangile de Jésus-Christ et les encourager à obéir à cet évangile, nous nous donnerons à la prédication de la Parole. C’est notre tâche et notre appel : confronter les auditeurs avec la Parole de Dieu qui est vivante et efficace, et prier que le Saint-Esprit ouvre les yeux, convainque du péché et touche le cœur.

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Mohler : Préface – L’état de la prédication aujourd’hui

Project1Pour Noël, mon épouse m’a offert un livre sur la prédiction par R. Albert Mohler, président du plus grand séminaire au monde, “The Southern Baptist Theological Seminary”. He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : La prédication dans un monde postmoderne”), est un appel à tout pasteur à être fidèle au texte biblique en prêchant uniquement des messages d’exposition, ce qui seul puisse sauver l’église.

Dans sa préface, il constate deux tendances : (1) une nouvelle génération de jeunes prédicateurs qui sont engagés à prêcher par exposition, et (2) une expérimentation délibérée par beaucoup de pasteurs qui abandonnent le texte biblique pour adopter des méthodes moins offensives.

Selon Mohler, la prédication contemporaine souffre de plusieurs causes :

  1. La prédication contemporaine souffre d’une perte de confiance dans la Parole de Dieu. Nous sommes bombardés chaque jour de mots en toute forme concevable (en chansons, transmis, imprimés, parlés). En plus, les images remplacent les paroles. Malgré tout cela, Mohler fait la déclaration audacieuse que la déclaration fidèle de la Parole de Dieu, prononcée au travers de la voix du prédicateur, est encore plus puissante que toute image ou tout morceau de musique.
     
  2. La prédication contemporaine souffre d’une infatuation avec la technologie. Bien des prédicateurs sont séduits par la technologie et cherchent à se servir des images graphiques et des filmes pour manipuler l’émotion. C’est exactement ce que nous ne devons pas faire. Dieu nous a fait savoir dans les Dix Commandements qu’il a choisi d’être entendu et non pas vu.
     
  3. La prédication contemporaine souffre de l’embarras devant le texte biblique. Trop de pasteurs sont embarrassés par le texte biblique. Au lieu de prêcher tout le plan de Dieu (Actes 20:27), ils mettent l’accent sur les passages qui sont plus agréables, moins provocateurs à l’esprit moderne en oubliant que “Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile” (2 Timothée 3:16). 
     La prédication devient une série d’exposés décousus sur des textes décousus.
  4. La prédication contemporaine souffre d’une absence de contenu biblique. Elle reflète trop l’esprit de l’âge qui sacrifie la “Grande histoire”  (“meta-narrative”) pour des tranches de vie. La prédication devient “une série d’exposés décousus sur des textes décousus”. 
     
  5. La prédication contemporaine souffre d’un accent sur les besoins ressentis. En cherchant à répondre aux besoins aperçus des auditeurs, bien des pasteurs évangéliques ont abandonné le texte biblique sans s’en rendre compte. Le pécheur lui-même ne connaît pas son besoin le plus urgent. Il a besoin d’entendre l’évangile pour apprendre ce dont il a besoin. 
     
  6. La prédication contemporaine souffre d’une absence de l’évangile. Les apôtres on toujours mis l’accent sur la mort, l’enterrement et la résurrection de Jésus-Christ. Une prédication qui évite de prêcher la croix n’est pas une prédication chrétienne.

En fin de compte, le prédicateur chrétien doit tout simplement confronter ses auditeurs avec la Parole de Dieu. Cette confrontation sera parfois gênée, provocatrice et difficile. Après tout, c’est la Parole qui nous transperce comme une épée. Le prédicateur évangélique doit toujours chercher à libérer l’épée, sans la cacher ni émousser sa lame.

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La mortification du péché : (5) essentielle pour notre épanouissement spirituel

Overcoming Sin and Temptation by John Owen

Articles précédents :

Dans le quatrième chapitre de son livre Overcoming Sin and Temptation (« Surmonter le péché et la tentation »), John Owen donne son troisième principe :

La vigueur et le confort
de notre vie spirituelle
dépendent dans une large mesure
de la mortification du péché en nous.

Autrement dit, notre épanouissement spirituelle dépend en grande partie de notre responsabilité de faire mourir le péché en nous :

…si, par l’Esprit, vous faites mourir les actes mauvais que vous accomplissez dans votre corps, vous vivrez (Romains 8:13).

1. Pourtant, la mortification du péché ne produit pas forcément la vie, la vigueur et le confort. C’est à nous de nous servir des moyens que Dieu nous a accordés pour obtenir ces grâces ; leur allocation est la prérogative de Dieu.

2. L’adoption dans la famille de Dieu et la justification par la foi — et non pas la mortification — sont les causes immédiates de la vie, de la vigueur et du confort. Pourtant…

3. Dans notre relation normale avec Dieu, la vigueur et le bien-être de notre vie spirituelle dépendent dans une grande partie de notre part dans la mortification du péché. La mortification est la condition essentielle.

Owen considère les effets du péché :

  • Le péché affaiblit l’âme et la prive de sa vigueur.

    Il n’y a rien d’intact dans ma chair à cause de ton courroux, Point de paix dans mes os à cause de mon péché… Je suis sans force, tout à fait brisé ; Je gémis à cause du trouble de mon cœur (Psaumes 38:3, 8).

  • Le péché assombrit l’âme et la prive de son confort et de sa paix.

    Car des maux sans nombre m’environnent ; Mes fautes me poursuivent, Et je ne puis en supporter la vue ; Elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête, Et mon courage m’abandonne (Psaumes 40:12/13).

  • Le péché désaccorde et désencadre l’âme en enchevêtrant ses affections.

    Car ce que j’accomplis, je ne le comprends pas. Ce que je veux, je ne le pratique pas, mais ce que je hais, voilà ce que je fais (Romains 7:15).

  • Le péché détourne le cœur d’une communion ardente avec Dieu, rend désirable son objet en expulsant l’amour de Dieu.

     
    N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui (1 Jean 2:15).

    Si quelqu’un possède les biens du monde, qu’il voie son frère dans le besoin et qu’il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeurera-t-il en lui ? (1 Jean 3:17 SER).

  • Le péché remplit le cœur de stratagèmes pour que l’on se mette en souci de la chair pour en satisfaire les convoitises. C’est pourquoi nous devons renverser les raisonnements qui s’élèvent contre la connaissance de Dieu et amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ (2 Corinthiens 10:4-5).
     
  • Le péché nous empêche de faire ce que nous devrions faire.

    Ce que je veux, je ne le pratique pas (Romains 7:15).

    Tous ces effets du péché empêchent la vigueur et l’épanouissement de notre communion avec Dieu, notre vie spirituelle.

    La mortification est le moyen d’émondage par lequel, en déracinant les convoitises et les affections qui empêchent la croissance en grâce, nous puissions porter du fruit. La mortification est l’opposition vigoureuse de l’âme contre le moi et la preuve de notre sincérité devant Dieu.

  • Catégories : péché, sanctification, tentation, Saint-Esprit, John Owen, études

La mortification du péché : (4) Le rôle du Saint-Esprit

Articles précédents :

Overcoming Sin and Temptation by John Owen Je continue ma lecture de Overcoming Sin and Temptation (« Surmonter le péché et la tentation ») par John Owen.

Dans le chapitre 3, Owen donne son deuxième principe : Le Saint-Esprit est la grande cause souveraine de la mortification du péché : « Si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Romains 8:13). Le Saint-Esprit seul est suffisant pour l’œuvre de faire mourir les actions du corps de péché… Tout autre remède est en vain. C’est « par l’Esprit » parce que le Saint-Esprit seul est suffisant pour cette œuvre de faire mourir les actions du corps de péché. Tout autre remède – ordres, pénitences et vœux prescrits par l’Église catholique, par exemple – est en vain.Owen étale plusieurs raisons pour lesquelles tout autre remède est vain :

  1. Bien de ces remèdes n’ont jamais été désignés par Dieu pour accomplir la mortification de la chair. « C’est en vain qu’ils me rendent un culte En enseignant des doctrines (Qui ne sont que) préceptes humains » (Matthieu 15:9).
  2. Les moyens désignés par Dieu comme la prière, le jeune, la veille et la méditation ne sont pas mis en pratique.

Pourquoi la mortification est une œuvre de l’Esprit Saint.

1. Il a promis de faire cette œuvre.

“Je leur donnerai un même cœur Et je mettrai en vous un esprit nouveau ; J’ôterai de leur chair le cœur de pierre Et je leur donnerai un cœur de chair, » (Ezékiel 11:19).

“Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ezékiel 36:26).

2. Tous les dons sont communiqués par le Saint-Esprit :

“Moi, je suis le cep ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15:5).

“Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez » (Actes 2:33).

Comment le Saint-Esprit fait-il mourir le péché ?
  1. Une vie remplie du Saint-Esprit ne laisse pas grande place pour les œuvres de la chair.Il fait abonder nos cœurs en grâce et en fruit qui sont contraires à la chair. L’apôtre Paul contraste les œuvres de la chair avec le fruit de l’Esprit : « Les œuvres de la chair sont… Mais le fruit de l’Esprit est… » (Galates 5:19-22). Si notre vie est remplie du fruit de l’Esprit, il ne reste pas grande place pour les œuvres de la chair car « Les désirs de l’Esprit sont contraires à ceux de la chair » (Galates 5:17). « Ceux qui sont au Christ-Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs » (v. 24). De quelle manière ? Ils vivent et marchent « par l’Esprit » (v. 25). Nous sommes renouvelés par le Saint-Esprit (Tite 3:5). Il nous fait grandir, nous épanouir et abonder dans les grâces qui sont contraire aux œuvres de la chair.
  2. Le Saint-Esprit affaiblit, détruit et enlève la racine et l’habitude du péché. Cf. Ésaïe 4:4.

Il applique la croix de Christ au cœur du pécheur par la foi et nous fait entrer dans « la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort » (Philippiens 3:10).

Si l’Esprit Saint seul est la grande cause souveraine pour la mortification du péché, pourquoi sommes-nous exhortés à le faire mourir ?

  1. Nous devons faire mourir le péché parce que toutes les grâces et toutes les œuvres bonnes en nous viennent de lui. Il « opère en nous » (Philippiens 2:13). Il est l’« Esprit de grâce et de supplication » (Romains 8:26 ; Zacharie 12:10).
  2. Sa manière d’accomplir la mortification du péché en nous n’exclut pas notre obéissance. Le Saint-Esprit préserve notre liberté et notre arbitre libre. Il œuvre sur notre compréhension, notre volonté, notre conscience et nos affections d’une manière qui ne les domine pas. Il œuvre en nous et avec nous, pas contre nous ou sans nous.

Les leçons les plus importantes pour moi :

  1. J’ai besoin de comprendre la puissance du péché qui demeure en moi et la puissance infiniment plus grande de l’Esprit Saint.
  2. Le péché enlève de notre esprit toute pensée de Dieu, paralyse la volonté, « produit » la paresse, entraîne le mauvais emploi de notre temps et nous rend stériles plutôt que fructueux pour le Seigneur.
  3. Nous faisons mourir le péché en semant à la justice, en nous réveillant à Dieu, en croissant dans la grâce et la connaissance du Seigneur et en portant encore plus de fruit. Ce que vous nourrissez grandit ; ce que vous affamez meurt. Les deux moyens sont à employer, quand nous semons à l’Esprit, la chair est affaiblie.
  4. La grâce décline ; nous devons semer à l’Esprit chaque jour.

Passage supplémentaire à méditer :

« Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ : Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur ! Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu. Par elles les promesses les plus précieuses et les plus grandes nous ont été données, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise ; à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété la fraternité, à la fraternité l’amour. En effet, si ces choses existent en vous et s’y multiplient, elles ne vous laisseront pas sans activité ni sans fruit pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ ; mais celui qui ne les possède pas est un aveugle, il a les yeux fermés, il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés. C’est pourquoi frères, efforcez-vous d’autant plus d’affermir votre vocation et votre élection : en le faisant, vous ne broncherez jamais. C’est ainsi que vous sera largement accordée l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (2 Pierre 1:1-11).

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(3) Raisons pourquoi nous devons tuer le péché en nous

Les meilleurs des croyants, bien que libérés de la condamnation (Romains 8:1), devraient quand même travailler chaque jour à faire mourir le péché qui habite en eux. Dans Colossiens 3:5, Paul dit : « Faites donc mourir votre nature terrestre : l’inconduite, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et la cupidité qui est une idolâtrie. » À qui parle-t-il ? À ceux qui sont morts avec Christ (3:3), qui sont ressuscités avec Christ (3:1) et qui paraîtront avec Christ dans sa gloire (3:4).

Faites-vous mourir le péché en vous ?
Est-ce votre travail quotidien ?
Travaillez-y tandis que vous vivez.
N’abandonnez pas un seul jour ce travail.
Soyez toujours en train de tuer le péché
ou le péché sera en train de vous tuer (p. 50)

Le fait que nous soyons morts et ressuscités avec Christ ne nous enlève pas la responsabilité de nous occuper de ce travail. Le Père émonde tout sarment afin qu’il porte encore plus de fruit (Jean 15:2). Paul nous dit que c’était son habitude : « Au contraire, je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur, après avoir prêché aux autres, d’être moi-même disqualifié » (1 Corinthiens 9:27).

Raisons pourquoi nous devons tuer le péché.

1. Comme le péché habite toujours en nous, nous devons toujours le faire mourir. Nous n’avons pas encore atteint la perfection (Philippiens 3:12). Nous ne pouvons dire que nous n’avons pas de péché (1 Jean 1:8). Nous devons rejeter « le péché qui nous enveloppe si facilement » (Hébreux 12:1) et nous purifier « de toute souillure de la chair et de l’esprit » (2 Corinthiens 7:1).

2. Le péché qui habite en nous est toujours actif. Le péché est à l’œuvre même quand il semble être le plus calme. Il se révolte contre la loi de l’intelligence (Romains 7:23). « La chair a des désirs contraires à l’Esprit (Galates 5:17). La convoitise cherche toujours à tenter, à concevoir et à enfanter le péché (Jacques 1:14-15). Le péché cherche (1) à nous incliner vers le mal, (2) à nous empêcher de faire le bien ou (3) à perturber notre communion avec Dieu.

3. Le péché qui habite en nous produira des péchés (des actes de péché) qui détruiront notre âme si nous ne le faisons mourir. « Or, les œuvres de la chair sont évidentes, c’est-à-dire inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, magie, hostilités, discorde, jalousie, fureurs, rivalités, divisions, partis-pris, envie, ivrognerie, orgies, et choses semblables. Je vous préviens comme je l’ai déjà fait : ceux qui se livrent à de telles pratiques n’hériteront pas du royaume de Dieu » (Galates 5:19-21).

4. Le péché qui habite en nous doit être opposé par l’Esprit et par la nouvelle nature. Dieu nous a donné son Esprit et une nouvelle nature pour opposer le péché et la convoitise. « La chair a des désirs contraires à l’Esprit » (Galates 5:17a). Que faire, alors ? « L’Esprit en a de contraires à la chair » (Galates 5:17b). « Je dis donc : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point les désirs de la chair » (Galates 5:16). Nous participons « à la nature divine en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise » (2 Pierre 1:4).

5. Le péché qui habit en nous doit être opposé parce que dans l’absence de ce travail, la grâce dépérit, la convoitise prend le dessus, le caractère du cœur s’empire, s’endurcit par la séduction du péché (Hébreux 3:13).

6. Le péché qui habit en nous doit être opposé parce qu’il est notre devoir de développer « jusqu’à son terme la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Corinthiens 7:1). Nous devons grandir chaque jour (1 Pierre 2:2 ; 2 Pierre 3:18) et se renouveler de jour en jour (2 Corinthiens 4:16).

Owen résume ce chapitre 2 avec ce premier principe général : malgré l’œuvre de Christ sur la croix par laquelle le pouvoir du péché est brisé, le péché demeure de façon qu’il incombe à chaque croyant de le faire mourir aussi longtemps qu’il vit dans ce corps de chair.

La "mortification" du péché chez les croyants (2)

Qu’est-ce que la « mortification » du péché ? C’est l’action de faire mourir les actions du « corps de péché » (Romains 6:6).

« Si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Romains 8:13).

Le terme « mortification » a certaines nuances non bibliques dans l’emploi courant en français. Le Petit Robert donne comme définition : « Privation, souffrance qu’on s’impose dans l’intention de racheter ses péchés, de se préserver de la tentation. Mortification de sa chair, de sa volonté. Faire qqch. par mortification. » Cette définition reflète la doctrine catholique, mais elle n’est pas tout à fait biblique. Il n’est pas simplement une question de se priver, de se faire souffrir, mais d’être rassasié de la justice : « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés ! » (Matthieu 5:6). Il n’est pas question de racheter ses péchés ; Christ nous a rachetés et nous a pardonné nos péchés. Nous parlons de « mortification » parce qu’elle est l’action de faire mourir par l’Esprit de Dieu les actions de la chair.

« Ceux qui sont au Christ-Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs » (Galates 5:24).

« nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché » (Romains 6:6).

Nous devons faire distinction entre les péchés (au pluriel) et le péché (au singulier). Le péché (au singulier) est comme la racine de l’arbre tandis que les péchés (au pluriel) sont le fruit de la racine du péché dans nos vies. Notez l’emploi au singulier dans ces versets :

« nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est quitte du péché » (Romains 6:6-7).

« Ainsi vous-mêmes, considérez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Christ-Jésus. Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché, comme armes pour l’injustice; mais livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme des vivants revenus de la mort, et (offrez) à Dieu vos membres, comme armes pour la justice. Le péché ne dominera pas sur vous, car vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce » (Romains 6:11-14).

« Mais grâce à Dieu, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de coeur à la règle de doctrine qui vous a été transmise. Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice » (Romains 6:17-18).

« Car, lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l’égard de la justice. Quels fruits portiez-vous alors? Des fruits dont vous avez honte maintenant, car leur fin, c’est la mort. Mais maintenant, libérés du péché et esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sanctification et pour fin la vie éternelle. Car le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Christ-Jésus notre Seigneur » (Romains 6:20-23).

Dans chacun de ces versets, le péché est le principe ou le pouvoir en nous qui produit des aspirations, des attitudes et des actes individuels que Paul appelle ailleurs les « œuvres de la chair » :

« Or, les oeuvres de la chair sont évidentes, c’est-à-dire inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, magie, hostilités, discorde, jalousie, fureurs, rivalités, divisions, partis-pris, envie, ivrognerie, orgies, et choses semblables. Je vous préviens comme je l’ai déjà fait: ceux qui se livrent à de telles pratiques n’hériteront pas du royaume de Dieu » (Galates 5:19-21).

Qu’est-ce que donc la mortification ? Bibliquement parlant, la mortification est l’action de faire mourir le péché en nous (1) en le privant de ce qui le fortifie et (2) en cultivant la justice. Notez cette double action dans Tite 2:11-14.

« La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne…

NÉGATIVEMENT

POSITIVEMENT

à renoncer à l’impiété, aux désirs de ce monde, et à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste et pieuse, en attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ-Jésus. Il s’est donné lui-même pour nous,
afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les oeuvres bonnes. »

Comme dit John Owen, il n’est pas question de simplement vider notre coupe de l’injustice mais de la remplir de la justice pour que l’injustice n’y ait plus de place.

C’est pour cette raison que les disciplines chrétiennes sont tellement importantes dans la vie d’un disciple de Jésus-Christ. Elles nous aident à procurer la grâce de Dieu pour une vie abondante et victorieuse.

La mortification du péché : Introduction (1)

Overcoming Sin and Temptation by John Owen Je lis en anglais La mortification du péché par John Owen (1616 à 1683). En le lisant, je ne m’étonne pas de ce que ce livre est toujours publié et chéri de nos jours. À vrai dire, la plupart des livres de nos jours sont très superficiels. Le pasteur John Owen se sert des Écritures pour sonder les profondeurs du coeur de l’homme.

Dans cette édition de 2006, l’anglais a été mis à jour ce qui facilite la lecture. Je n’écris pas d’article, mais je partage quelques notes que je prends de ce livre.

L’humilité est essentielle pour la croissance spirituelle. Cette humilité comprend une certaine compréhension de la nature de Dieu dans toute sa grandeur et dans sa sainteté ainsi qu’une compréhension de qui nous sommes dans toute notre faiblesse et du péché qui habite en nous. Pour remporter la victoire sur le péché, nous devons d’abord comprendre que le péché habite en nous (p. 26). Paul le déclare deux fois en quelques versets :

“Si ce que je ne veux pas, je le fais, je déclare, d’accord avec la loi, qu’elle est bonne. Maintenant, ce n’est plus moi qui accomplis cela, mais le péché qui habite en moi. Car je le sais : ce qui est bon n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair. Car je suis à même de vouloir, mais non pas d’accomplir le bien. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas. Si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui l’accomplis, mais le péché qui habite en moi” (Romains 7:16-20).

Le péché en moi me fait faire ce que je ne veux pas faire et m’empêche de faire ce que je veux faire. Owen dit que le péché éloigne la pensée de Dieu, détourne le cœur, pervertit les désires, paralyse la volonté et empêche la croissance spirituelle. Nous avons des désires contradictoires parce que le péché est en nous. Si l’on ne s’occupe pas du péché, il sera comme une braise qui réduira en cendres toute la maison (p. 27).

Dans la guerre contre le péché, il ne suffit pas d’agir d’une manière négative en cherchant simplement à éviter le péché. Il n’est pas suffisant de vider notre coupe des tentations ; nous devons la remplir de Christ pour qu’il n’y ait pas de place pour le péché. Résister le péché n’est pas l’affaiblissement des affections mais l’éveil des passions pour Dieu lui-même. D’une manière positive, nous devons nous affectionner à la beauté et à la gloire de Dieu, à la seigneurie de Jésus-Christ et à la merveille de l’évangile (p. 28). La sanctification est bien plus que l’absence du péché ; c’est la présence de l’amour et de l’obéissance. C’est plus que la fuite de la convoitise ; c’est un respect et un amour authentique et convenable (p. 34).

Satan cherche à nous agresser selon notre tempérament ou notre personnalité (p. 30). Les tentations repondent à nos inclinaisons :

“Mais chacun est tenté, parce que sa propre convoitise l’attire et le séduit” (Jacques 1:14).

La tentation est un grave danger parce que nous la trouvons très attirante et séduisante. C’est pour cette raison que nous devons Si vous n’êtes pas en train de tuer le péché, le péché est en train de vous tuer.faire mourir le péché en nous. Notre fidélité dans le passé ne nous protège pas contre des dangers actuels (p. 30). La grâce décroît (p. 14) ; comme la manne dans le désert, nous devons donc procurer de la grâce chaque jour. Nous devons « entretenir » notre relation avec Dieu. Cet amour pour Dieu est une arme puissante contre le péché.

Personne n’est exempt de la nécessité de combattre contre le péché. Si vous n’êtes pas en train de tuer le péché, le péché est en train de vous tuer.

Quand on doit s’attendre à un réveil.

Le bruit court en Polynésie française depuis un certain temps concernant un réveil qui devrait avoir lieu cette année. Dans son Les réveils religieux par Charles G. Finneylivre classique Les Réveils religieux, l’évangéliste américain Charles G. Finney donne un discours au sujet de « Quand on doit s’attendre à un réveil ». Il traite de ce sujet sous trois rubriques. D’abord, il parle de quand nous devons sentir le besoin d’un réveil. Malheureusement, chacun de ses sept points nous touche. Ensuite, il souligne l’importance d’un réveil dans de telles circonstances. Finalement, il parle de quand on peut attendre un réveil. En vue des conditions qu’il donne, il n’est pas certain que nous soyons au seuil d’un réveil. Le besoin est là et la promesse est toujours là :

Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie et recherche ma face, s’il revient de ses mauvaises voies, moi, je l’écouterai des cieux, je lui pardonnerai son péché et je guérirai son pays. (2 Chroniques 7:14 SER)

Voici quelques extraits du discours de Finney qu’il traite en considérablement plus de détail et qui pourraient nous aider à trouver le bon chemin :

1.  Quand on doit sentir le besoin d’un réveil religieux.

  1. S’il y a manque d’amour fraternel et de confiance chrétienne parmi ceux qui professent être chrétiens, on doit sentir le besoin d’un réveil religieux.
  2. Il y a grand besoin d’un réveil religieux quand il y a des dissensions, des jalousies et des médisances au milieu de ceux qui professent être chrétiens. De telles choses montrent que les chrétiens sont éloignés de Dieu ; c’est le temps de penser sérieusement à un réveil.
  3. Il y a besoin d’un réveil quand l’esprit de mondanité s’est glissé dans l’Église. Si vous voyez les chrétiens se conformer au monde dans leurs vêtements, dans leur ameublement, dans leurs plaisirs ; si vous les voyez s’adonner à des amusements frivoles, lire des romans et d’autres livres que le monde recherche, il est manifeste que l’Église a rétrogradé et qu’elle est dans un état de déchéance.
  4. Quand des membres de l’Église sont tombés dans des péchés scandaleux, c’est le temps de s’éveiller et de crier à Dieu pour obtenir un réveil.
  5. On doit sentir le besoin d’un réveil, quand il y a dans l’Église un esprit de controverse. L’esprit de piété n’est pas un esprit de controverse.
  6. Il est temps de rechercher un réveil quand les méchants triomphent et se moquent de l’Église.
  7. Il est temps pour les chrétiens de s’émouvoir quand les pécheurs restent dans l’indifférence et la folie.

2.  L’importance d’un réveil dans de telles circonstances.

  1. Un réveil est la seule chose qui puisse enlever la honte qui pèse sur l’Église, et replacer la religion à la hauteur où elle doit être dans l’estime du public.
  2. Un réveil est la seule chose qui puisse rétablir l’amour et la confiance entre les membres de l’Église, et rien d’autre ne doit pouvoir les rétablir.
  3. Un réveil est indispensable pour détourner de l’Église les jugements de Dieu… Nous affirmons que les chrétiens qui ne se réveillent pas sont plus à blâmer que les pécheurs qui ne se convertissent pas, et que, s’ils ne sont pas réveillés, ils peuvent compter que Dieu les visitera de Ses verges.
  4. Il n’y a qu’un réveil qui puisse préserver une Église d’être anéantie. Une Église qui décline ne peut continuer d’exister sans un réveil. Si elle reçoit de nouveaux membres, ils seront pour la plupart dénués de piété.
  5. Seul un réveil empêchera les moyens de grâce de faire du mal aux impies. Sans réveil, les méchants s’endurciront de plus en plus en entendant prêcher l’Évangile et ils auront pour partage une damnation plus horrible que s’ils n’en avaient jamais rien connu.
  6. Un réveil est le seul moyen par lequel une Église puisse être sanctifiée, croître dans la grâce et être préparée pour le ciel.

3.  Quand on peut attendre un réveil.

  1. On peut attendre un réveil quand la Providence de Dieu en donne les indices, et ces indices sont quelquefois si clairs qu’ils tiennent lieu d’une révélation de Sa volonté.
  2. On peut attendre un réveil quand la dépravation des méchants humilie et afflige les chrétiens… la conduite des méchants pousse les chrétiens à la prière ; elle les brise, elle les remplit de tristesse et de compassion, à tel point qu’ils peuvent pleurer jour et nuit, et qu’au lieu de leur faire des reproches, ils intercèdent pour eux avec instance auprès du Seigneur.
  3. On peut attendre un réveil quand les chrétiens ont un esprit de prière en faveur d’un réveil, parce que leur cœur n’est occupé que de cela.
  4. On peut attendre un réveil, quand l’attention des pasteurs est tout particulièrement dirigée sur ce sujet, et quand leurs prédications et leurs efforts ont pour but principal la conversion des pécheurs.
  5. On peut attendre un réveil quand les chrétiens commencent à confesser leurs péchés les uns aux autres. En temps ordinaire, ils ne remplissent ce devoir que d’une manière vague, comme s’ils n’étaient qu’à moitié convaincus.
  6. On peut attendre un réveil quand les chrétiens sont disposés à faire les sacrifices nécessaires pour le développer. Ils doivent sacrifier volontairement pour cela leurs sentiments particuliers, leurs affaires et leurs temps. Les pasteurs doivent dépenser joyeusement leurs forces, et ne faire cas ni de leur santé, ne de leur vie. Ils ne doivent pas craindre d’offenser les non convertis par une prédication claire et fidèle, et même de s’attirer le blâme de plusieurs membres de l’Église, peu enclins à se joindre à l’œuvre.
  7. On peut attendre un réveil quand pasteur et troupeau s’accordent pour demander à Dieu qu’Il l’opère par les instruments qu’Il lui plaira d’employer.
  8. À strictement parler, je devrais dire que lorsque les indices ci-dessus mentionnés sont là, le réveil, dans une certaine mesure, est déjà là aussi.

La parole d’Osée nous convient :

Et vous, semez pour la justice, Moissonnez dans la loyauté, Défrichez-vous un champ nouveau ! Il est temps de chercher l’Éternel, Jusqu’à ce qu’il vienne Et répande pour vous la justice. (Osée 10:12 SER)

L’église en Chine

« Le sang des chrétiens est la semence de l’église » dit Tertullien (c. 160-220 après J.-C.). L’évangile de Jésus-Christ est souvent répandu par les feux de persécution.

« Ceux qui avaient été dispersés à cause de la persécution survenue après (la mort d’) Étienne allèrent jusqu’en Phénicie, à Chypre et à Antioche; ils n’annonçaient la parole à personne d’autre qu’aux Juifs » (Actes 11:19).

Dans son livre Jesus in Beijing, How Christianity is Transforming China and Changing the Global Balance of Power (« Jésus à Beijing : comment le christianisme transforme la Chine et change l’équilibre de forces globales »), David Aikman, ancien chef de bureau à Beijing pour Time Magazine, trace l’expansion du christianisme dans le pays de Chine à part de l’arrivée des missionnaires nestoriens en 635 après J.-C., juste après le commencent de la dynastie Tang, jusqu’à présent. Il parle du prix payé par des missionnaires qui, à travers les siècles et surtout dans le 20e siècle, ont semé la semence de l’évangile pour que foi en Jésus-Christ s’enracine dans le cœur des Chinois. La partie majeure du livre met l’accent sur la croissance de l’église sous le régime des communistes, malgré leurs efforts draconiens de l’étouffer. Les leaders du mouvement ont persévéré en face d’une persécution intense. Le « patriarche » Allen Yuan (Yuan Xiangchen) a passé 22 ans en prison et dans les camps de travaux forcés. « Si vous osez prêche, dit-il, les gens croiront » (p. 58). D’autres pasteurs ont souffert terriblement pour le Seigneur, comme Simon Zhao qui a survécu 45 ans en prison et de torture en Xinjiang sans compromettre son témoignage pour Jésus-Christ (p. 200).

L’église en Chine connaît beaucoup de guérisons miraculeuses. Les chrétiens croient que Dieu exaucera leurs prières s’ils persévèrent. La majorité des églises maisons sont pentecôtistes en théologie : le parler en langues, la guérisons, la prophétie et d’autres dons spirituels caractérisent leurs réunions clandestines.

Des femmes comme Ding Hei ont aussi eu un grand impact sur l’église en Chine (p. 98-108). « Sœur Ding » a été sauvée et baptisée à l’âge de 13 ans. C’était une vieille femme qui l’avait poussée à se repentir en lui disant tout simplement : « Si tu crois en Jésus, tu iras au ciel. Si tu ne le fais pas, tu iras en enfer. » Puisque les Bibles étaient si rares, elle en faisait à la main sa propre copie. On lui demandait d’apporter des messages aux églises maisons dans son village et des les environs. Bientôt elle était connue comme une oratrice dynamique. Persécutée et battue par son père à cause de sa foi, elle a finalement fui sa maison à l’âge de 20 ans, mais elle est devenue une des femmes leaders du mouvement. Elle aussi a été interrogée 123 fois et a passé trois ans dans un camp de travaux forcés, mais 40 jours après son arrivée, elle était responsable de 189 autres prisonnières.  Elle continue à jouer un rôle important dans la croissance de l’église en Chine.

On estime qu’il y a plus de 200 séminaires clandestins pour la formation de pasteurs dans les quatre principaux réseaux d’églises maisons. À Shanghai seul, il y en a près de 100 (p. 128-132).

L’auteur fait des prédictions étonnantes. Il estime qu’il y a environ 80 millions de chrétiens en Chine et que 30 pour cent de la population sera chrétiens par l’année 2050. En plus, il parle de certains politiciens bien placés qui sont chrétiens et il imagine un président chrétien de la Chine d’ici quelques décennies. En plus, les chrétiens de la Chine veulent envoyer 100.000 missionnaires pour faire des disciples de toutes les nations. Bien des chrétiens chinois servent déjà dans plusieurs pays. Par exemple, en 2000, une soixantaine de missionnaires chinois travaillaient déjà au Myanmar. Encore plus merveilleux, c’est que les chrétiens chinois veulent évangéliser les musulmans et sont bien placés pour le faire : ils ne sont pas étrangers à la persécution et ils ne sont pas détestés comme les missionnaires venant de l’Ouest. Les chrétiens chinois ont l’intention de porter l’évangile vers le Moyen-Orient et d’évangéliser la fenêtre dite « 10-40 » dans laquelle se trouvent la plupart des pays musulmans ainsi que les hindous et les bouddhistes.

Les chrétiens de la Chine nous donnent un exemple à imiter : fidélité face à la persécution et zèle pour le Seigneur. Cette force de 80 millions de chrétiens chinois est seulement une partie du tableau que l’on ne voit pas dans son entièreté : si l’église est en déclin en Europe, en Australie, en Nouvelle Zélande, au Canada et aux États-Unis d’Amérique – c’est-à-dire dans l’Ouest – elle est en plein expansion dans l’Est et dans l’hémisphère austral (en Amérique du Sud et en Afrique).

Nous discernons que

  • Le christianisme n’est pas la religion des occidentaux. Le judéo-christianisme n’a pas été bercé l’Ouest mais dans le Moyen-Orient, et cela avec des intentions universelles. Dieu a dit à Abraham : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Genèse 12:3). Jésus nous a ordonné de faire des disciples de toutes les nations (Matthieu 28:19-20). La croissance de l’église en Chine fait partie du plan de Dieu et de Christ qui a été immolé et a racheté pour Dieu, par son sang, « des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation » (Apocalypse 5:9).
  • La persécution contribue souvent à l’expansion de l’église comme cela s’est produit dans l’église naissante quand « ceux donc qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, en annonçant la bonne nouvelle de la parole » (Actes 8:3-4 ; cf. 11:19).
  • Jésus-Christ bâtira son église et que les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle (Matthieu 16:18). Malgré les conditions les plus hostiles à l’église, la graine de l’évangile pousse, parfois d’une manière inaperçue comme elle l’a fait pendant des décennies en Chine, et le Seigneur bâtit son église.
  • Le danger le plus grave pour l’église n’est pas la persécution mais la nonchalance ou l’indifférence qui résultent parfois des conditions plus hospitalières à l’évangile. Il nous convient de partager le fardeau de nos frères et de nos soeurs en Christ dans les régions du monde les plus hostiles, d’apprendre de leur exemple et de les soutenir dans la prière.