La Rédemption d’un Roi : Comment le repentir d’un grand-père a façonné une nation

À seize ans, Josias défia l’héritage maléfique de son père pour rechercher le Dieu de son ancêtre David, purifiant Juda de l’idolâtrie. Mais qu’est-ce qui a déclenché cette transformation radicale chez un jeune roi ? Le cœur repentant de son grand-père Manassé, autrefois idolâtre notoire, a-t-il pu laisser une empreinte durable sur le jeune Josias durant ses années de formation ?

Son père, Amon, avait été un roi méchant, faisant « ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, comme avait fait Manassé, son père » (2 Chroniques 33:22). Les serviteurs d’Amon conspirèrent contre lui et le mirent à mort, mais le peuple du pays les frappa et proclama Josias, le fils d’Amon, âgé de huit ans, roi à sa place (2 Chroniques 33:24–25).

2 Chronicles 34:1–2 (SER) — Josias avait huit ans lorsqu’il devint roi et il régna trente et un ans à Jérusalem. Il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel et marcha dans les voies de David, son père. Il ne s’en écarta ni à droite ni à gauche.

Qu’est-ce qui différenciait Josias de son père ? Amon avait sacrifié aux Ashéra et aux idoles que Manassé, son grand-père, avait fabriquées. « … Amôn, se rendit encore plus coupable » (2 Chroniques 33:22–23). ​​Pourquoi Josias n’a-t-il pas suivi les traces de son père Amon ? Peut-être a-t-il vu le jugement de Dieu sur son père par sa mort violente après n’avoir régné sur Juda que pendant deux ans.

Mais son grand-père Manassé a peut-être été une autre influence importante dans sa vie. Josias n’avait que six ans à la mort de son grand-père Manassé. Se pourrait-il que Manassé ait exercé une influence plus positive sur son petit-fils qu’Amon sur son propre fils ? À première vue, cette question peut sembler paradoxale : Manassé « égara le peuple de Juda et les habitants de Jérusalem, de sorte qu’ils firent encore plus de mal que les nations que l’Eternel avait détruites au profit des Israélites » (2 Chroniques 33:9, BDS). Les premiers versets de 2 Chroniques 33 détaillent ses méfaits :

  • Il a reconstruit les hauts lieux que son père Ézéchias avait démolis.
  • Il a érigé des autels aux Baals.
  • Il a dressé des poteaux sacrés à la déesse Ashéra.
  • Il s’est prosterné devant toute l’armée des cieux et l’a servie.
  • Il a construit des autels dans la maison de l’Éternel, dont l’Éternel avait dit : « Mon nom sera à Jérusalem pour toujours.»
  • Il a construit des autels pour toute l’armée des cieux dans les deux parvis de la maison de l’Éternel.
  • Il a brûlé ses fils en offrande dans la vallée de Ben-Hinnom.
  • Il a eu recours à la divination, aux présages et à la sorcellerie, et a eu recours aux médiums et aux nécromanciens.
  • Il plaça l’image sculptée de l’idole qu’il avait fabriquée dans la maison de Dieu.

En résumé, « Il fit de plus en plus ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, afin de l’irriter » (2 Chroniques 33:6).

Comment Manassé aurait-il pu exercer une influence positive sur son petit-fils Josias ? Le contraste était frappant entre Manassé et Josias.

2 Chronicles 34:3 (SER) — Pendant huit années de son règne, comme il [Josias] était encore jeune, il se mit à rechercher le Dieu de David, son père ; et la douzième année, il se mit à purifier Juda et Jérusalem des haut lieux, des poteaux d’Achéra, des statues et des idoles de métal fondu.

La méchanceté de Manassé ne marqua pas la fin de son histoire. Dieu fit venir le jugement sur Manassé et le peuple de Juda. Les chefs de l’armée du roi d’Assyrie vinrent, capturèrent Manassé avec des crochets et le lièrent avec des chaînes de bronze pour l’emmener à Babylone.

Mais ce ne fut pas la fin de l’histoire non plus.

2 Chronicles 33:12–13 (SER) — Lorsqu’il fut dans la détresse, il implora l’Éternel, son Dieu, et s’humilia profondément devant le Dieu de ses pères. Il lui adressa ses prières ; et (l’Éternel) l’exauça : il écouta sa supplication et le fit revenir à Jérusalem dans son royaume. Ainsi Manassé reconnut que c’est l’Éternel qui est Dieu.

Manassé retourna à Jérusalem et procéda à de nombreuses réformes sociales. Il rebâtit la ville de Jérusalem et fortifia tout le territoire de Juda. Il ôta les dieux étrangers, les idoles et leurs autels, et restaura l’autel de l’Éternel. Il ordonna au peuple de servir l’Éternel, le Dieu d’Israël (2 Chroniques 33:14–20).

Nous savons que Josias avait environ six ans lorsque son grand-père Manassé mourut (2 Chroniques 33:20–21, 25 ; 34:1). Durant ces six années de formation, Josias vit la repentance de son grand-père.

Josias « fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel »

Il tient peut-être de son grand-père l’histoire de sa captivité, de ses supplications auprès du Seigneur pour obtenir sa miséricorde et de sa délivrance. La puissance de son témoignage et les changements qu’il a apportés en Juda ont dû avoir un profond impact sur le jeune Josias. « Il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel » (2 Chroniques 34:2).

Quelles que soient les ombres de votre passé, le pardon de Dieu offre un nouveau départ (Psaume 130:4). Comme Manassé, dont la repentance a façonné son héritage, il n’est jamais trop tard pour devenir un modèle de foi pour vos petits-enfants.

Votre influence pourrait avoir un effet d’entraînement, donnant à vos petits-enfants le pouvoir de changer le monde pour la gloire de Dieu.

En partageant votre histoire, en vivant selon les valeurs divines et en investissant dans leur cœur, quel que soit leur âge, vous pouvez réécrire l’histoire de votre famille. Votre influence pourrait avoir un effet d’entraînement, donnant à vos petits-enfants le pouvoir de changer le monde pour la gloire de Dieu. Commencez dès aujourd’hui : un seul instant d’amour empreint de foi peut résonner à travers les générations.

Mohler : 6b. La prédication de la grande histoire de la Bible (2e partie)

« Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous… ? » (Luc 24:32).

He is not silent Je partage des notes du livre par Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : prêcher dans un monde postmoderne”).
 

Pour les autres articles sur ce livre “He Is Not Silent”, cliquer ici.

Dr Mohler parle dans la première partie de ce chapitre du métarécit que nous trouvons dans les Écritures, cette perspective qui englobe nos histoires individuelles et leur donne signification. Quand nous dévoilons à travers la prédication par exposition cette grande histoire de ce que fait Dieu dans l’univers, nous donnons aux auditeurs des points de repère et les orientons non seulement à la place du texte dans le grand plan des Écritures mais encore plus, nous les orientons à leur place dans le plan de Dieu. La présentation par Christ de ce que disaient les Écritures au sujet du Christ a embrasé le cœur des deux disciples :

« Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous lorsqu’il… nous expliquait les Écritures ? » (Luc 24:32).

Tout texte
—non seulement ceux que nous connaissons bien—crie du Seigneur Jésus-Christ.

Dans la deuxième partie de ce chapitre, Mohler explique que la Bible n’est pas « un compendium de nouvelles, mais un grand métarécit qui comprend la vie et l’œuvre de Dieu pour la rédemption du monde ». Notre prédication doit être déterminée par le texte—nous expliquons le texte et sa pertinence pour les auditeurs—mais notre responsabilité ne s’arrête pas là. Nous devons orienter les auditeurs à la place du texte dans les Écritures. C’est pourquoi il convient de prêcher des livres entiers en série. De cette manière nous prêcherons « tout le conseil de Dieu » (Actes 20:27) sans négliger des textes que nous éviterions autrement. L’enseignement et la méthode de Jésus démontrent que « Tout texte—non seulement ceux que nous connaissons bien—crie du Seigneur Jésus-Christ. » En « commençant par Moïse et par tous les prophètes, [Jésus] leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait » (Luc 24:27).

Mohler parle de quatre grands mouvements dans la structure de la Bible et dans le plan de Dieu—création, chute, rédemption et consommation—qui indiquent notre besoin de Jésus-Christ.

Le premier mouvement : Création

Il existe deux explications pour l’origine de l’univers : soit l’univers est le résultat de causes naturelles, matérialistes et évolutionnistes, et que tout existe par hasard ; soit l’univers est le résultat intentionnel de la Première cause non causée : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » (Genèse 1:1). Soit nous ne sommes qu’une sorte d’accident biologique, soit nous sommes les seuls êtres vivants qui avons été créés à l’image de Dieu devant qui nous devrons rendre compte. Cette interprétation biblique donne signification à tout aspect de la vie et a de l’impact sur notre manière de nous comporter dans ce monde. Notre réponse à cette question touche tout aspect de la vie : « de la sexualité, à l’inviolabilité de la vie, à la signification de notre travail, à la signification de la vie même ». Notre tâche comme prédicateurs est de transmettre aux auditeurs une vision de la réalité qui les oriente en tant que créatures au Créateur.

Le deuxième mouvement : Chute

La création n’explique pas toute la réalité. Nous ne pouvons comprendre notre condition actuelle sans référence à la chute d’homme dans Genèse 3. Nous ne sommes plus dans le jardin d’Éden. Notre péché a tout changé. Nous ne sommes pas des êtres moralement bons ou même neutres :

La chute explique pourquoi nous sommes qui nous sommes, pourquoi nous faisons ce que nous faisons, pourquoi nous cachons ce que nous cachons. Elle explique pourquoi la société humaine est ce qu’elle est, pourquoi les divertissements sont tels qu’ils le sont, pourquoi nos époux sont tels qu’ils le sont. Elle explique pourquoi nos enfants n’ont pas besoin que l’on leur apprend à pécher, et pourquoi nous fermons nos portes à clé. Elle explique pourquoi nous ne sommes jamais satisfaits, jamais contents, jamais vraiment en paix.

Encore plus important, la chute explique pourquoi nous sommes spirituellement morts, et pourquoi nous le méritons : la condamnation et le jugement éternel sont la seule réponse juste d’un Dieu saint à la réalité de ce que nous sommes et de ce que nous avons fait.

Le troisième mouvement : Rédemption

Si ce n’était pour ce troisième mouvement, nous pourrions dire avec les épicuriens : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » Mais Dieu a fait pour nous ce que nous ne pouvions faire pour nous-mêmes : il a agi pour nous sauver de notre péché. En nous rachetant, il se glorifie, démontre sa sainteté et révèle qu’il est plus que notre Créateur : il est aussi notre Rédempteur. « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5:21 SER). En Christ, Dieu a accompli un reversement cosmologique qui dépasse notre imagination.

Si nos gens imaginent que l’évangile est une petite histoire qui nous permet de nous lier d’amitié avec Jésus pour marcher seul à seul avec lui dans un jardin, s’ils ne comprennent pas quelle est la grandeur de leur salut du péché, nous les dépouillons de l’évangile.

Chaque fois que nous prêchons, nous devons créer une dissonance dans l’esprit de nos auditeurs. Nous devons déclarer notre misère, notre péché et notre impuissance, et nous devons avouer franchement que nous ne pouvons pas résoudre le problème. Alors nous proclamons l’évangile. Nous démontrons à nos gens comment Dieu lui-même a fait ce que nous étions totalement incapables de faire. Nous leur disons que le problème du péché n’était résolu que quand le Fils de Dieu sans péché mourut sur la croix comme substitut pour son peuple.

Le quatrième mouvement : Consommation

La consommation dépassera la gloire de la création. Il ne s’agit pas d’un simple rétablissement de la création mais la création d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre (Apocalypse 21:1).

Dans le jardin d’Éden, Adam et Ève connaissaient certainement beaucoup de chants qu’ils pouvaient chanter à la gloire de Dieu comme Créateur, mais ils ne savaient pas chanter « Digne est l’agneau ! » [Apocalypse 5:9-12] Nous sommes plus privilégiés que l’étaient Adam et Ève dans le jardin. Nous pourrons chanter : « Digne est l’agneau qui a été immolé ! »

Raconter l’histoire entière

Bien des chrétiens meurent de faim spirituelle parce qu’ils ne connaissent pas le grand métarécit de la Bible. Ils ne connaissent que beaucoup de petites histoires bibliques sans comprendre leur rapport ou leur rapport avec ce que Dieu est en train de faire. Chaque fois que nous prêchons, nous devons aider nos auditeurs à voir la place du texte que nous prêchons dans le grand plan de Dieu ainsi que leur place dans le texte et dans le plan de Dieu. Nous devrions être passionnés de dévoiler la grande histoire de l’évangile pour que les gens se disent : « Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous lorsqu’il nous expliquait les Écritures ? »

Un témoignage

J’avais 13 ou 14 ans quand le pasteur de notre église, qui était aussi mon grand-père, a fait une étude biblique un mercredi soir sur le métarécit de la Bible. En une heure il a présenté l’histoire de toute la Bible, de la création à la consommation en survolant la Bible entière. Pour la première fois de ma vie, je comprenais le rapport entre toutes les histoires bibliques et leur part dans le grand plan de Dieu. C’était pour moi un point tournant dans ma compréhension de la Bible et de ce que Dieu faisait. Cela fait 40 ans, mais je me souviens bien de cette soirée quand j’ai saisi la cohérence des histoires diverses et leur place dans l’intégralité du plan de Dieu. C’est ce que nous devrions faire en partie chaque fois que nous prêchons la Parole de Dieu pour ainsi embraser le cœur des disciples.

Pour les autres articles sur ce livre “He Is Not Silent”, cliquer ici.

Mohler : 6b. La prédication de la grande histoire de la Bible (2e partie)

« Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous… ? » (Luc 24:32).

He is not silent Je partage des notes du livre par Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : prêcher dans un monde postmoderne”).
 

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Dr Mohler parle dans la première partie de ce chapitre du métarécit que nous trouvons dans les Écritures, cette perspective qui englobe nos histoires individuelles et leur donne signification. Quand nous dévoilons à travers la prédication par exposition cette grande histoire de ce que fait Dieu dans l’univers, nous donnons aux auditeurs des points de repère et les orientons non seulement à la place du texte dans le grand plan des Écritures mais encore plus, nous les orientons à leur place dans le plan de Dieu. La présentation par Christ de ce que disaient les Écritures au sujet du Christ a embrasé le cœur des deux disciples :

« Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous lorsqu’il… nous expliquait les Écritures ? » (Luc 24:32).

Tout texte
—non seulement ceux que nous connaissons bien—crie du Seigneur Jésus-Christ.

Dans la deuxième partie de ce chapitre, Mohler explique que la Bible n’est pas « un compendium de nouvelles, mais un grand métarécit qui comprend la vie et l’œuvre de Dieu pour la rédemption du monde ». Notre prédication doit être déterminée par le texte—nous expliquons le texte et sa pertinence pour les auditeurs—mais notre responsabilité ne s’arrête pas là. Nous devons orienter les auditeurs à la place du texte dans les Écritures. C’est pourquoi il convient de prêcher des livres entiers en série. De cette manière nous prêcherons « tout le conseil de Dieu » (Actes 20:27) sans négliger des textes que nous éviterions autrement. L’enseignement et la méthode de Jésus démontrent que « Tout texte—non seulement ceux que nous connaissons bien—crie du Seigneur Jésus-Christ. » En « commençant par Moïse et par tous les prophètes, [Jésus] leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait » (Luc 24:27).

Mohler parle de quatre grands mouvements dans la structure de la Bible et dans le plan de Dieu—création, chute, rédemption et consommation—qui indiquent notre besoin de Jésus-Christ.

Le premier mouvement : Création

Il existe deux explications pour l’origine de l’univers : soit l’univers est le résultat de causes naturelles, matérialistes et évolutionnistes, et que tout existe par hasard ; soit l’univers est le résultat intentionnel de la Première cause non causée : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » (Genèse 1:1). Soit nous ne sommes qu’une sorte d’accident biologique, soit nous sommes les seuls êtres vivants qui avons été créés à l’image de Dieu devant qui nous devrons rendre compte. Cette interprétation biblique donne signification à tout aspect de la vie et a de l’impact sur notre manière de nous comporter dans ce monde. Notre réponse à cette question touche tout aspect de la vie : « de la sexualité, à l’inviolabilité de la vie, à la signification de notre travail, à la signification de la vie même ». Notre tâche comme prédicateurs est de transmettre aux auditeurs une vision de la réalité qui les oriente en tant que créatures au Créateur.

Le deuxième mouvement : Chute

La création n’explique pas toute la réalité. Nous ne pouvons comprendre notre condition actuelle sans référence à la chute d’homme dans Genèse 3. Nous ne sommes plus dans le jardin d’Éden. Notre péché a tout changé. Nous ne sommes pas des êtres moralement bons ou même neutres :

La chute explique pourquoi nous sommes qui nous sommes, pourquoi nous faisons ce que nous faisons, pourquoi nous cachons ce que nous cachons. Elle explique pourquoi la société humaine est ce qu’elle est, pourquoi les divertissements sont tels qu’ils le sont, pourquoi nos époux sont tels qu’ils le sont. Elle explique pourquoi nos enfants n’ont pas besoin que l’on leur apprend à pécher, et pourquoi nous fermons nos portes à clé. Elle explique pourquoi nous ne sommes jamais satisfaits, jamais contents, jamais vraiment en paix.

Encore plus important, la chute explique pourquoi nous sommes spirituellement morts, et pourquoi nous le méritons : la condamnation et le jugement éternel sont la seule réponse juste d’un Dieu saint à la réalité de ce que nous sommes et de ce que nous avons fait.

Le troisième mouvement : Rédemption

Si ce n’était pour ce troisième mouvement, nous pourrions dire avec les épicuriens : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » Mais Dieu a fait pour nous ce que nous ne pouvions faire pour nous-mêmes : il a agi pour nous sauver de notre péché. En nous rachetant, il se glorifie, démontre sa sainteté et révèle qu’il est plus que notre Créateur : il est aussi notre Rédempteur. « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5:21 SER). En Christ, Dieu a accompli un reversement cosmologique qui dépasse notre imagination.

Si nos gens imaginent que l’évangile est une petite histoire qui nous permet de nous lier d’amitié avec Jésus pour marcher seul à seul avec lui dans un jardin, s’ils ne comprennent pas quelle est la grandeur de leur salut du péché, nous les dépouillons de l’évangile.

Chaque fois que nous prêchons, nous devons créer une dissonance dans l’esprit de nos auditeurs. Nous devons déclarer notre misère, notre péché et notre impuissance, et nous devons avouer franchement que nous ne pouvons pas résoudre le problème. Alors nous proclamons l’évangile. Nous démontrons à nos gens comment Dieu lui-même a fait ce que nous étions totalement incapables de faire. Nous leur disons que le problème du péché n’était résolu que quand le Fils de Dieu sans
péché mourut sur la croix comme substitut pour son peuple.

Le quatrième mouvement : Consommation

La consommation dépassera la gloire de la création. Il ne s’agit pas d’un simple rétablissement de la création mais la création d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre (Apocalypse 21:1).

Dans le jardin d’Éden, Adam et Ève connaissaient certainement beaucoup de chants qu’ils pouvaient chanter à la gloire de Dieu comme Créateur, mais ils ne savaient pas chanter « Digne est l’agneau ! » [Apocalypse 5:9-12] Nous sommes plus privilégiés que l’étaient Adam et Ève dans le jardin. Nous pourrons chanter : « Digne est l’agneau qui a été immolé ! »

Raconter l’histoire entière

Bien des chrétiens meurent de faim spirituelle parce qu’ils ne connaissent pas le grand métarécit de la Bible. Ils ne connaissent que beaucoup de petites histoires bibliques sans comprendre leur rapport ou leur rapport avec ce que Dieu est en train de faire. Chaque fois que nous prêchons, nous devons aider nos auditeurs à voir la place du texte que nous prêchons dans le grand plan de Dieu ainsi que leur place dans le texte et dans le plan de Dieu. Nous devrions être passionnés de dévoiler la grande histoire de l’évangile pour que les gens se disent : « Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous lorsqu’il nous expliquait les Écritures ? »

Un témoignage

J’avais 13 ou 14 ans quand le pasteur de notre église, qui était aussi mon grand-père, a fait une étude biblique un mercredi soir sur le métarécit de la Bible. En une heure il a présenté l’histoire de toute la Bible, de la création à la consommation en survolant la Bible entière. Pour la première fois de ma vie, je comprenais le rapport entre toutes les histoires bibliques et leur part dans le grand plan de Dieu. C’était pour moi un point tournant dans ma compréhension de la Bible et de ce que Dieu faisait. Cela fait 40 ans, mais je me souviens bien de cette soirée quand j’ai saisi la cohérence des histoires diverses et leur place dans l’intégralité du plan de Dieu. C’est ce que nous devrions faire en partie chaque fois que nous prêchons la Parole de Dieu pour ainsi embraser le cœur des disciples.

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Christ est-il mort pour racheter la culture ?

« Vous savez en effet que ce n’est point par des choses périssables—argent ou or—que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre, héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1:18–19).

De nos jours on parle assez souvent du concept de « racheter la culture » ou du « rachat de la culture ». Bien que ces expressions n’aient pas une longue histoire dans la littérature missiologi que, le concept de racheter la culture n’est pas nouveau. A travers l’histoire de l’Église, les chrétiens qui répandaient l’évangile ont toujours été confrontés avec ce problème : Qu’est-ce que nous pouvons assimiler, et que devons-nous rejeter ?

Une approche a été de tout assimiler—c’est ce qu’on appelle le syncrétisme. On a adopté les coutumes, les idées, les fêtes, les rites, etc., en essayant de les christianiser. Le problème est que les nouveaux convertis n’étaient convertis de rien. Ils avaient toujours les mêmes pensées concernant la vie, concernant Dieu. On leur a dit que le dieu suprême de leur religion était en réalité le Dieu chrétien. Mais puisqu’ils connaissaient déjà ce dieu, le dieu que les chrétiens revendiquaient aussi, il ne leur était pas nécessaire de changer leurs idées concernant Dieu.

Par exemple, dans le pays de Togo en Afrique où nous avons passé six ans, les chrétiens em ploient le nom Mawu pour Dieu. Mais si l’on étudie le vaudou, la religion principale de cette région, on décou vre que Mawu est parfois un dieu, parfois une déesse, et parfois les deux en même temps ! Donc, Mawu n’est pas le Dieu de la Bible ! Quand les chrétiens invo quent le nom de Mawu, ils ont des pen sées qui ne correspondent pas au Père de notre Seig neur Jésus-Christ. Nous devons faire très attention en adoptant d’une culture des idées qui ne sont pas révélées dans la Bible.

La Bible parle clairement de notre problème : « Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie » (Ésaïe 53:6). « Telle voie paraît droite devant un homme, mais à la fin, c’est la voie de la mort » (Proverbes 14:12 ; 16:25). Jésus a parlé d’un homme qui a bâti sa maison sur le sable, mais quand les torrents sont venus, la maison est tombée et sa ruine a été grande. Un autre homme a bâti sa maison sur le roc et elle a pu résister aux torrents. Jésus a dit que l’homme qui met en pratique la parole de Dieu est comme l’homme qui a bâti sa maison sur le roc. Soyons certains de baser nos pratiques sur la parole de Dieu.

Une seconde approche était de s’extraire du monde. Encore à travers l’histoire de l’Église des individus ont essayé de s’écarter du monde. Des ermites se sont retirés de tout contact avec le monde. Plus souvent des hommes ou de femmes ont cherché à bâtir leur propre société dans soit un monastère, soit un couvent. Parfois des hommes et des femmes ont tenté ensemble de commencer une nouvelle société tout à fait retirée du monde.

Paul a dit aux Corinthiens qu’ils devaient se retirer de certaines gens, mais pas des gens de ce monde. Ils devaient plutôt s’écarter des gens qui s’appellent chrétiens mais qui ne mettent pas en pratique la parole. Au sujet des non-croyants, nous ne sommes pas appelés à sortir du monde. Comment pourrions-nous gagner des âmes si nous quittions le monde ? (Voir 1 Corinthiens 5:9–13.) Jésus a dit que nous sommes le sel et la lumière du monde—bien différents de ce monde, mais toujours présents dans le monde.

Nous trouvons ce problème épineux du rapport entre le peuple de Dieu et la culture d’un bout à l’autre de la Bible. Le peuple que Dieu avait appelé pour lui-même était tou jours environné de gens de cultures différentes. Qu’est-ce que Dieu attendait de son peuple ?

Dans les Actes chapitre 15, Église naissante a dû traiter de cette question : Com ment l’évangile change-t-il la culture ? Qu’est-ce qui est imposé par l’évangile, et qu’est-ce qu’un chrétien doit abandon ner ? Dans le verset un, il y avait des chrétiens à Antioche qui di saient que la circoncision était néces saire pour le salut. Paul et Barnabas ont eu un vif débat avec eux. C’est bien de savoir que nous ne sommes pas les premiers à faire face à de tels problèmes. C’est encore mieux de savoir que Dieu ne nous a pas laissés sans instruction parce que la Bible nous montre le chemin à suivre. Paul et Barnabas ont décidé de se rendre à Jérusalem pour parler avec les apôtres et les anciens à propos de cette ques tion. Néan moins, là aussi, des convertis du parti des Pharisiens ont insisté que la circoncision était nécessaire au salut. Nous lisons qu’il y avait encore « une vive discussion » (15:7). Pour tant, on a conclu qu’il ne fallait pas imposer la circoncision sur les non-juifs qui se convertis saient. Il n’était pas nécessaire d’observer la loi de Moïse que Dieu avait révélée. On a décidé de ne pas « imposer d’autre charge que ce qui était nécessaire » (15:5, 10, 19, 28).

Nonobstant, cela ne veut pas dire que la vie des païens qui se convertissaient ne chan geait pas. Le verset 20 nous dit que si les apôtres n’ont pas imposé de pratiques nouvelles, ils ont quand même obligé que les nouveaux convertis abandonnent des pratiques qui avaient fait partie de leur vie et de leur cul ture (vv. 20, 28–29). En tant que chrétiens, quoi que ce soit notre culture, il y a des choses que nous devons tous abandonner.

Revenons à cette question de racheter la culture. Qu’est-ce que la culture ? La culture est l’ensemble des éléments d’un peuple—leur histoire, leur langue, leurs valeurs, et leur perspective du monde et de la réalité—qui lui donnent son sens d’identité. Nous pouvons parler des cultures fran çaise, tahitienne, américaine, africaine, chinoise, etc. Il existe également des sous cultures. Par exemple, aux Etats-Unis on peut parler de la culture du Sud, de la culture hispanique ou de la culture afro- américaine. En Afrique nous connais sions des Bétés, des Boaulés, des Abidjis, des Ashantis, des Ewés, etc. Vous avez entendu parler des Houtus et des Toutsis. Dans notre école en Afrique il y avait des étudiants de 15 pays différents, et chaque culture était différente. En Belgique nous avions des étudiants de quelque 25 pays différents : Belges, Français, Allemands, Portugais, Italiens, Autri chi ens, Finlan dais, Norvégiens, etc., etc ! Chaque groupe était distinct et identi fi able !

Il y a beaucoup de valeurs qui sont tenues par un peuple et qui l’identifient et le relient. Chaque culture a des éléments qui sont neutres—ni mauvais, ni bons. La langue, par exemple, est un élément sans lequel un peuple n’existerait pas. La géographie aussi contri bue à la culture. Si l’on habite une île au milieu de l’océan, on aura une culture—une perspec tive et des valeurs—bien différente que si l’on habitait le désert Sahara ou la Scandi navie. Nous lisons que Dieu lui-même a déterminé les bornes de toutes les nations humaines (Actes 17:26). Les races, les langues, les nations—ce sont des éléments de la culture que Dieu a déterminés, et qu’il préservera. Dans l’Apocalypse nous lisons que le ciel sera peuplé de gens de toute nation, de toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues (7:9). De temps en temps on se demande quelle langue on parlera au ciel : les chrétiens français pensent que nous parle rons le français, les chrétiens tahitiens pensent que nous parlerons le tahitien, etc. Et ils ont tous raison ! La grande foule était composée de gens de toute langue. S’agit-il de racheter les langues ? Non, car Dieu qui a créé toutes les langues à Babel, les préservera au ciel.

D’autres éléments qui distinguent un peuple ne sont pas aussi louables. Les Crétois étaient connus comme « men teurs, méchantes bêtes, ventres paresseux » (Tite 1:12). Un peuple qui partage une histoire en commun est très souvent en rébellion contre Dieu à cause de leur histoire. Ils ont accepté les pratiques de leurs parents, leur religion, leurs croyances, et ils se sont ligués contre Dieu (voir Psaume 2:1–3).

Christ est-il mort pour racheter la culture ?

On pourrait parler de beaucoup de choses—des rites, des pratiques, des cérémonies, des croyan ces, tellement de choses qui ont caractérisé chaque culture du monde entier. Peut-on les racheter ? Sommes-nous appelés à racheter ces éléments ? Christ est-il mort pour racheter la culture ?

L’EMPLOI DES TERMES « RACHETER » ET « REDEMPTION » DANS LA BIBLE

A travers la Bible le verbe racheter et le nom rédemption sont employés quelque 150 fois. Il s’agit de payer un prix pour relâcher ou acheter une personne (Genèse 48:16 ; Exode 13:15 ; 21:8, 30), une nation (Exode 6:6 ; 15:13 ; 2 Samuel 7:23), un animal (Exode 34:20 ; Lévitique 27:13), un terrain (Lévitique 25:24 ; 27:19), une maison (Lévitique 25:32), ou la dîme (Lévitique 27:31). Dans le Nouveau Testament, la rédemption est centrée en Jésus-Christ qui a racheté l’Église de son propre sang (Actes 20:28). Il est le Bon Berger qui a donné sa vie pour ses brebis (Jean 10:11). C’est par lui que nous avons la rédemption (Éphésiens 1:7). Le corps du croyant a aussi été racheté et appartient à Dieu (Romains 8:23 ; 1 Corinthiens 6:19–20).

Puisque les termes racheter et rédemption sont des termes bibliques, quelques-uns ont pensé que le rachat de la culture est un concept biblique. Il ne l’est pas. Malgré tant de références à la rédemp tion, la Bible ne parle jamais de racheter la culture. Jésus-Christ n’est pas venu dans le monde racheter la culture ; il est venu racheter l’humanité. Est-il sage de bâtir une doctrine, une pratique, une vie, ou une église sur le sable ?

LA PERSPECTIVE BIBLIQUE SUR LES ELEMENTS CULTURELS

Pour apprécier la perspective biblique nous devons comprendre que la Bible emploie un terme spécifique pour la culture en opposition à Dieu : le monde. Les conventions et les coutumes de ce monde—la culture—font très souvent partie de cet aspect de la struc ture sociale qui s’oppose aux enfants de Dieu. Avec la communication de nos jours, le renverse ment de Babel, et une planète qui devient de plus en plus petite, les cultures de ce monde se liguent contre la connaissance de Dieu. Le psalmiste l’a exprimé ainsi : « Pourquoi les nations s’agitent-elles, et les peuples ont-ils de vaines pensées ? Les rois de la terre se dressent et les princes se liguent ensemble contre l’Éternel et contre son messie [en disant]: Brisons leurs liens, et rejetons loin de nous leur chaînes » (Psaume 2:1–3)

L’apôtre Jean vise clairement le problème dans ses écrits. Il nous dit que « le monde entier est au pouvoir du Malin » (1 Jean 5:19). Il nous avertit concernant la culture de ce monde : « N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le mon de, l’amour du Père n’est pas en lui ;car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie, ne vient pas du Père, mais vient du monde. Et le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternelle ment » (1 Jean 2:15–17). Encore dans chapitre 4, il lance un autre avertisse ment : « Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, (pour savoir) s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde …Eux, ils sont du monde ; c’est pourquoileurs paroles viennent du monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous reconnaissons l’Esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur » (4:1, 5–6). Jean s’attend à ce que le croyant ne soit pas pris par les pièges culturels du monde : « …tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde, et voici la victoire qui triomphe du monde : notre foi. Qui est celui qui triomphe du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (5:4–5).

Paul dit aux Galates que Jésus-Christ « s’est donné lui-même pour nos péchés,afin de nous arra cher au présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père » (1:4). Au lieu de se glorifier de la culture, Paul a déclaré, « Quant à moi, certes non ! je ne me glori fie rai de rien d’autre que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde ! » (Galates 6:14). Les Thessaloniciens se sont convertis à Dieu en se détournant des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai (1 Thessalo ni ciens 1:9).

En effet, la différence entre la culture de ce monde et celle du chrétien est si frappante que notre citoyenneté n’est plus de ce monde ; c’est dans les cieux (Philippiens 3:20). Main te nant nous rendons grâces à Dieu qui nous « a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière. Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son filsbien-aimé » (Colossiens 1:12–13).

On entend que Dieu a donné à chaque peuple sa culture. Mais l’évidence biblique va à l’encontre de cette idée. Dieu a ordonné aux Israélites d’anéantir toute trace des sept na tions qui avaient habité la terre promise (Deutéronome 7:1–5). Leurs coutumes étaient abominables devant Dieu : « Car ce sont là toutes les horreurs qu’ont commises les hom mes du pays, qui y ont été avant vous… Vous obser verez mon ordre, et vous ne pratiquerez aucun des horribles principes qui se prati quaient avant vous ; vous ne vous en souillerez pas. Je suis l’Éternel, votre Dieu » (Lévitique 18:27,30). Clairement, il n’y avait rien dans ces cultures à racheter ; tout a été voué à l’interdit (Deutéro nome 7:2 ; 12:2 ; 20:17 ; 1 Sa muel 15:3, 9, 18).

LES INNOVATIONS DANS LE CULTE À DIEU

Nous devons donc faire très attention avant d’importer des nouveautés dans l’adoration de Dieu. Il n’est pas nécessaire de lire loin dans la Bible avant de trouver que Dieu accepte certaines formes d’adoration tout en rejetant d’autres formes : Dieu accepte ce qu’il a prescrit ; il rejette ce qu’il n’a pas prescrit. Dans le quatrième chapitre de Genèse, Caïn, qui était cultivateur, « apporta des fruits du sol comme offrande à l’Éternel » (4:3). Il a sans doute apporté ses meilleurs fruits, mais Dieu avait déjà prescrit la sorte d’offrande qui lui était agréable en habillant les parents de Caïn d’une peau d’animal (3:21). Abel, frère de Caïn, avait bien accepté ce principe divin et « apporta des premiers-nés de son petit bétail avec leur graisse » (4:4). Peut-être Dieu accepterait-il une innovation puisque Caïn apportait son meilleur. Non, Dieu n’accepterait que le sacrifice qui était un type du sacrifice qu’il ferait lui-même sur la croix. Donc, « L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn ni sur son offrande » (4:4–5). Caïn « fut très irrité, et son visage fut abattu » (4:5).

Il n’est pas à nous de faire des innovations dans l’adoration de Dieu.

Dieu lui-même a adressé une parole à Caïn en lui demandant de dominer sur le péché au lieu d’être sa victime (4:6–7). Caïn ne s’est pas mis en règle avec la forme d’adoration que Dieu avait prescrite ; son innovation l’a emporté loin de Dieu et dans sa colère il a tué son frère. Il finit en sortant « de la présence de l’Éternel » (4:16). Aujourd’hui, bien des gens suivent l’exemple de Caïn : ils introduisent des éléments que Dieu n’a pas prescrits. Le Nouveau Testament considère cette innovation comme une mauvaise œuvre (1 Jean 3:12) et nous avertit de ne pas suivre « la voie de Caïn » (Jude 11).

Dans Lévitique 8, Dieu avait révélé la nature de l’adoration qui lui était agréable, mais dans chapitre 10 les fils d’Aaron ont apporté « devant l’Éternel du feu étran ger, ce qu’il ne leur avait pas ordonné. Alors le feu sortit de devant l’Éternel et les consuma : ils moururent devant l’Éternel » (10:1–2). Il n’est pas à nous de faire des innova tions dans l’adoration de Dieu.

On a demandé pourquoi la danse hula ne serait pas agréable à Dieu, comme si les Polynésiens avaient un monopole sur des danses. Nous sommes tous descendants d’Adam. Il faut comprendre que toute culture a des danses qui sont abominables devant le Seigneur : les Africains, les Américains, les Français, et même les Tahitiens.

En tant que jeune chrétien, j’ai toujours refusé de participer aux danses de l’école, même le bal des étudiants à la fin des études. Je savais bien que c’était une ruse du diable pour m’enduire dans le péché. La convoitise de la chair dont Jean a parlé régnait à ces danses.

On essaie parfois de justifier la danse hula en faisant appel à David qui a dansé devant le Seigneur de toute sa force. Une forme de danse n’en justifie pas une autre. La danse de David n’avait pas de rapport avec la danse hula.

Qu’est-ce qu’il y a de mauvais dans la danse hula ? L’histoire révélerait vraisemblable ment que dans le passé cette danse était associée avec l’adoration de faux dieux (le réveil actuel d’un grand nom bre de cultures anciennes dans le monde entier fait partie du mouve ment religieux du Nouvel Age). Pour cette raison seule Dieu n’accepterait pas la danse hula mais la considérerait comme une pratique horrible (Lévi tique 18:30). A plusieurs reprises la Bible nous donne des avertissements concernant la « viande » sacrifiée aux idoles : nous ne devons pas la manger ! (1 Corinthiens 10:20–24 ; Apocalypse 2:14, 20).

En plus, la danse hula est érotique, désignée à attirer les regards sur les hanches des dan seuses et non pas sur Dieu, autrement dit, désignée à stimuler la convoitise de la chair (1 Jean 2:15–17). Les danseuses se regardent elles-mêmes, et parfois l’une l’autre ; elles ne regardent pas au Seigneur. Ba laam ne pouvait pas maudire le peuple d’Israël, mais il a pu l’entraîner dans la fornication par des fem mes séduisantes. La forme et les mouvements de la danse sont conçus pour attirer l’attention au corps et non pas à Dieu. Job a dit, « J’avais fait un pacte avec mes yeux ; Comment aurais-je pu fixer mon attention sur une vierge ? » (31:1).

La danse de David était bien différente. David n’avait pas étudié sa danse ; elle était spontanée. Notez qu’il sautait et dansait (2 Samuel 6:16, LS). Il n’a pas dansé pour être vu des hommes ; il a dansé devant le Seigneur. Cette danse a été motivée par la joie qu’il avait de voir l’arche de Dieu revenir à la cité de David ; il célébrait devant le Seigneur (1 Chroniques 15:29 ; 2 Samuel 6:21). C’était aussi un acte d’humilité (2 Samuel 6:22).

David n’était pas la seule personne de la Bible à danser (Exode 15:20 ; Psaume 30:11–12 ; 149:3 ; 150:4 ; Ecclésiastes 3:4 ; Jérémie 31:3–4 ; Luc 15:25). La danse de louange n’a pas de rap port avec les danses érotiques de ce monde ; elle se fait en esprit et vérité (Jean 4:23–24). Le chrétien peut très bien danser devant le Seigneur quand son coeur déborde de joie. Quand cela arrive, les témoins ne restent pas spectateurs ; ils glorifient Dieu ensemble.

QUE DOIT ÊTRE L’ATTITUDE CHRETIENNE ENVERS LA CULTURE ?

Nous avons déjà vu que notre citoyenneté n’est pas de ce monde, ni de notre culture ; elle est du ciel.

Vivons ce que nous sommes : un peuple racheté !

Pierre dit que nous ne sommes pas comme les autres : « Vous, par contre, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté [pas une culture !], afin d’annoncer les vertus de celui que vous a appelés [pas les vertus de notre culture !] des ténèbres [en sommaire, c’est que toute culture nos offre—des ténèbres] à son admirable lumière ; vous qui, autrefois, n’étiez pas un peuple et qui, maintenant, êtes le peuple de Dieu [une nouvelle culture !]… » (1 Pierre 2:9–10).

Dans 1 Corinthiens 9:19–23 Paul savait s’adapter à la culture sans faire de compromis, mais dans le chapitre suivant il nous avertit que les Israélites, qui ont été délivrés de l’Égypte et qui avaient telle ment de privilèges spirituels, n’étaient pas agréables à Dieu parce qu’ils se sont impliqués dans certains aspects de la culture qui n’étaient pas acceptables à Dieu (1 Corinthiens 10:1–12)

Encore Paul s’adresse au sujet : « Ne formez pas avec les incroyants un attelage disparate. Car quelle association y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou quelle commu nion entre la lumière et les ténèbres ? Et quel accord entre Christ et Bélial ? Quelle part le croyant a-t-il avec le non-croyant ? Quel contrat d’alliance entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu a dit : …C’est pour quoi : Sortez du milieu d’eux ; Et séparez-vous, dit le Seigneur ; Ne touchez pas à ce qui est impur,Et moi, je vous ac cueillerai » (2 Corinthiens 6:14–18).

Une voix de l’Apocalypse nous appelle, « Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin de ne point participer à ses péchés et de ne pas recevoir (votre part) de ses plaies » (18:4).

Encore dans 1 Corinthiens 6, « …tout n’est pas utile… je ne me laisserai pas asser vir par quoi que ce soit… le corps n’est pas pour l’inconduite… Fuyez l’inconduite… Ne savez-vous pas ceci : votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu, et vous n’êtes pas à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (6:12–20).

« C’est pour la liberté que Christ nous a libérés. Demeurez donc fermes, et ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. Frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte pour (vivre selon) la chair, mais par amour, soyez serviteurs les uns des autres » (Galates 5:1, 13).

Christ est-il venu racheter la culture ? Voici ce que dit l’Apôtre Pierre : « Vous savez en effet que ce n’est point par des choses périssables—argent ou or—que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre, héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1:18–19). La Parole de Dieu dit que ce n’est pas la culture qui est rachetée ; au contraire, nous avons été rachetés de notre culture, ce que la Bible décrit comme « la vaine manière de vivre, héritée de vos pères ».

Il est clair que le langage de racheter la culture n’est pas biblique. Jésus ne s’est pas donner pour racheter la culture ; il s’est donné pour nous racheter. Il « s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher au présent siècle mauvais, selon la volonté de notre de Dieu et Père, à qui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen ! » (Galates 1:4–5).

Que doit être alors notre position vis-à-vis de la culture ? Nous devons être transformés par le renouvellement de notre intelligence (Romains 12:1–2) pour devenir des agents de transformation—sel et lumière—dans ce monde pourri et ténébreux (Matthieu 5:13–16). Je conclus avec Éphésiens 5:8, « Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière. »