Mohler : 5. Un intendant de mystères – première partie : L’autorité du prédicateur

He is not silent

Je partage des notes du livre par Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : prêcher dans un monde postmoderne”).

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Première partie : L’AUTORITÉ DU PRÉDICATEUR

Avant tout autre chose, Paul se voit comme serviteur de la Parole de Dieu. Il comprend qu’il est sur la terre pour prêcher la Parole et pour proclamer Jésus-Christ, même s’il en souffre comme résultat :

Maintenant, je me réjouis des souffrances que j’endure pour vous. Car, en ma personne, je complète, pour le bien de son corps—qui est l’Eglise—ce qui manque aux détresses que connaît le Christ. 25 C’est de cette Eglise que je suis devenu le serviteur, selon la responsabilité que Dieu m’a confiée à votre égard. Il m’a chargé d’annoncer sa Parole dans toute sa plénitude (Colossiens 1:24-25, Semeur).

L’autorité de Paul se voit dans le fait que Dieu l’a “chargé d’annoncer sa Parole dans toutes sa plénitude”. Son autorité n’est pas la sienne ; elle lui est confiée pour accomplir la tâche de prêcher la Parole de Dieu.

Il existe trois formes de fausse autorité.

  1. L’autorité professionnelle vient des diplômes et des références, mais la prédication de la Parole de Dieu n’est pas une profession mais un appel que donne Dieu dans sa grâce. On ne peut le mériter.
  2. L’autorité positionnelle vient de sa position dans l’église. Personne ne devrait suivre le pasteur tout simplement parce qu’il est “Le Pasteur” ; le pasteur de devrait pas s’attendre à ce que son église le suive tout bonnement parce qu’il porte le titre de pasteur. Il devrait marcher selon les voies de Dieu et s’attendre à ce que l’on le suive parce qu’il suit les Écritures. Paul et Silas n’ont pas insisté que les Béréens acceptent leur message sans hésitation purement sur la base de leur autorité en tant qu’apôtres. Les Béréens étaient considérés comme plus nobles parce qu’ils ont tout vérifié par la Parole de Dieu (Actes 17:10-11).
  3. L’autorité personnelle est également une fausse autorité. Malheureusement l’église souffre sous la direction de certains pasteurs charismatiques qui se présentent comme des autorités qui n’ont à rendre compte à personne. Paul exécrait cette sorte d’autorité personnelle : “Mais si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème !” (Galates 1:8 SER).

L’autorité du prédicateur ne se trouve ni dans sa profession, ni dans sa position, ni dans sa position. Elle ne se trouve que dans la Parole de Dieu.”

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Mohler : 4. La prédication par exposition – deuxième partie : ses marques

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Nous continuons la deuxième partie de ce quatrième chapitre qui expose les caractéristiques ou les marques de la prédication par exposition authentique.

La prédication par exposition qui est authentique porte certaines marques :

  1. La prédication par exposition porte une autorité.
  2. Elle produit une révérence.
  3. Elle a un rôle central.

1.  La prédication par exposition est caractérisée par autorité, ce qui est problématique pour l’homme moderne ou postmoderne qui cherche à se débarrasser de toute autorité.

La culture du Siècle des lumières qui donna naissance à la modernité était subversive à toute forme d’autorité, bien qu’il fallait quelque siècles pour que la rébellion contre l’autorité se répande partout dans la société. Dans la culture postmoderne de l’Ouest, toute forme d’autorité est attaquée, et le sentiment d’autonomie personnelle est fondamental aux idéales contemporaines des droits de l’homme et de la liberté. Nous n’acceptons nul roi pour régner sur nous ; nul parent pour nous discipliner ; nul enseignant pour nous instruire ; et nulle vérité pour nous astreindre.

Si nous vivons dans une culture qui résiste à toute autorité, comment pouvons-nous prêcher avec autorité ? Nous pouvons prêcher avec autorité au milieu d’une culture antiautoritaire parce que notre autorité ne dérive pas de la culture mais de Dieu qui nous a donné sa Parole qui porte l’autorité suprême. Toute prédication par exposition porte l’autorité de Dieu parce que c’est la Parole de Dieu que nous annonçons.

Peut-être aurait-on voulu que Mohler développe plus profondément le défi d’annoncer une parole faisant autorité dans une culture qui rejette toute autorité, mais en réalité, la postmodernité ne change rien. Le message des prophètes a souvent été rejeté. Nous ne modifions pas le message pour plaire aux destinataires. Le message n’est pas le nôtre et nous ne sommes pas autorisés à l’altérer.

Mohler souligne l’importance de l’appel. Nous ne sommes pas des auto-appelés et tout appel doit être reconnu et affirmé par l’église. L’office du pasteur-enseignant est un des dons de Dieu à l’église.

L’autorité du prédicateur est enracinée dans cet appel divin à prêcher, et l’église doit respecter l’office de prédication, mais en fin de compte, l’autorité ultime pour la prédication est l’autorité de la Bible en tant que la Parole de Dieu.

Bref, la prédication par exposition porte autorité parce qu’elle expose la Parole de Dieu qui fait autorité.

2. La prédication par exposition authentique crée un sentiment de révérence parmi le peuple de Dieu. Les croyants comprennent que c’est au travers de la prédication qu’ils entendent la Parole de Christ et qu’ils s’approchent de Christ. La congrégation ne dépassera pas le prédicateur dans sa révérence pour la Parole de Dieu.

Calvin a dit concernant l’objectif de la prédication :

Nous nous assemblons au nom du Seigneur. Ce n’est pas pour entendre de chants joyeux, pour être nourri du vent, c’est-à-dire de la curiosité vaine et stérile, mais pour recevoir une nourriture spirituelle.

Luther a expliqué que les auditeurs entendaient la voix du prédicateur mais les paroles de Dieu.

3. La prédication par exposition doit être au centre de l’adoration chrétienne.

L’adoration n’est pas quelque chose que nous faisons comme préliminaire à la prédication.

En fin de compte, l’église sera jugée par son Seigneur, non pour la qualité de sa musique mais pour la fidélité de sa prédication.

C’est l’acte au travers duquel le people de Dieu dirige toute leur attention pour entendre parler à son peuple le seul Dieu vrai et vivant. L’adoration la plus belle a lieu quand le people de Dieu entendent sa Parole, aime sa Parole et obéissent à sa Parole.

En fin de compte, l’église sera jugée par son Seigneur, non pour la qualité de sa musique mais pour la fidélité de sa prédication. Le prédicateur sera jugé pour sa prédication, et la congrégation sera jugée pour son écoute—et pour la prédication qu’elle a demandée.

 

Voilà les trois marques de la prédication par exposition :

  • son autorité en tant que la Parole de Dieu,
  • la révérence qu’elle engendre chez les auditeurs croyants et
  • son rôle central dans l’adoration de l’église.

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Mohler : 4. La prédication par exposition – première partie : sa définition

Sa définition

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Mohler commence ce chapitre avec une définition de la prédication par exposition.

La prédication par exposition est ce mode de prédication chrétienne qui assume comme objectif central la présentation et l’application du texte de la Bible. Tout autre intérêt ou question est subordonnée à la tâche centrale de présenter le texte biblique. En tant que la Parole de Dieu, le texte des Écritures a le droit d’établir et le contenu et la structure du sermon. L’exposition authentique a lieu quand le prédicateur fait ressortir la signification et le message du texte biblique et démontre clairement comment la Parole de Dieu établit l’identité et la vision globale de l’église comme le peuple de Dieu.

La prédication par exposition et la Parole de Dieu

1.   La prédication par exposition est ce mode de prédication chrétienne qui assume comme objectif central la présentation et l’application du texte de la Bible.

Cette partie de la définition indique que le prédicateur commence non pas avec le problème ou la question humaine mais avec le texte et du texte il cherche à mettre en valeur sa valeur pour la vie des croyants. Ainsi, la prédication par exposition est liée à l’exégèse sérieuse du texte. Puisque plusieurs prédicateurs dépendent de l’inspiration du moment et ne comprennent pas le sérieux de leur travail, je cite :

Si le prédicateur est à expliquer le texte, il doit d’abord étudier le texte et consacrer des heures d’étude et de recherche nécessaires pour le comprendre. Le pasteur doit investir la plus grande portion de son énergie et de son engagement intellectuel (sans parler de son temps) à la tâche de “dispense[r] avec droiture la parole de la vérité” (2 Timothée 2:15). Il n’existe pas de raccourcis à l’exposition authentique. L’expositeur n’est pas un explorateur qui revient pour raconter des histoires de son voyage mais un guide qui conduit le peuple dans le texte tout en enseignant l’art de l’étude et de l’interprétation biblique tandis qu’il le démontre.

Le prédicateur s’approche du pupitre pour accomplir un objectif central—faire ressortir le message et la signification du texte biblique. Cela exige une investigation historique, un discernement littéraire et l’usage fidèle de l’analogia fidei (“l’analogie de la foi”), c’est-à-dire, l’interprétation des Écritures par les Écritures.

2.   Tout autre intérêt ou question est subordonnée à la tâche centrale de présenter le texte biblique.

Que notre intérêt soit l’évangélisation ou l’édification de l’église, tout cela est accompli quand nous présentons et expliquons le texte biblique.

Si le prédicateur quitte le pupitre sans accomplir cette tâche primaire, peu importe combien les auditeurs ont apprécié le sermon ou combien ils ont été émus, son peuple mourra.

3.   Le texte des Écritures a le droit d’établir et le contenu et la structure du sermon.

Tout simplement, nous ne devons pas imposer sur le texte une structure préconçue. La structure du passage—que ce soit narrative, discours, symbolique, poésie, prophétie—devrait façonner la structure le sermon ainsi que son contenu.

4.  Le prédicateur doit démontrer clairement comment la Parole de Dieu établit l’identité et la vision globale de l’église comme le peuple de Dieu.

La Parole de Dieu a le droit de façonner notre vision globale, notre vision du monde et de qui nous sommes. La Bible nous place sous la seigneurie de Jésus-Christ et place Dieu au centre de notre existence et de toutes choses. Notre prédication devrait refléter la gloire et la souveraineté de Dieu. La prédication devait pousser les auditeurs à prendre une décision d’obéir ou de désobéir à la Parole de Dieu.

La Parole prêchée, appliquée au cœur par le Saint-Esprit, est l’instrument essentiel par lequel Dieu façonne son peuple. Comme nous rappellent les réformateurs, c’est au travers la prédication que Christ est présent parmi son peuple.

Nous continuerons prochainement la deuxième partie de ce chapitre qui expose les caractéristiques ou les marques de la prédication par exposition authentique.

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Mohler : 3. La prédication est une exposition

He is not silent Une théologie de l’exposition

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La prédication de la Parole est centrale, irréductible et non négociable pour l’adoration authentique qui plaît à Dieu.

Dans le premier chapitre de son livre He Is Not Silent (“Il n’est pas silencieux”), Mohler présente l’argument que la prédication est centrale et indispensable pour l’adoration chrétienne. Dans son troisième chapitre, il va plus loin :

Je veux soutenir que la prédication qui est centrale à l’adoration chrétienne est une prédication par exposition. En fait, je crois que la seule forme de prédication chrétienne authentique est la prédication par exposition.

Ensuite il trace la crise dans la prédication et la difficulté de trouver une église évangélique où le texte biblique est exposé et expliqué. Mohler dit que nous confondons la question quand nous parlons de la prédication par exposition comme si c’était une forme de prédication ou même la meilleure forme de prédication.

Soyons clairs. Selon la Bible, l’exposition est la prédication. Et la prédication est une exposition.

Ce qui se passe dans la plupart des pupitres aujourd’hui n’est pas de la prédication bien que le “prédicateur” et peut-être les auditeurs ne soient pas d’accord avec ce jugement.

La prédication n’est pas la tâche de dire quelque chose d’intéressant au sujet de Dieu. Elle n’est pas non plus la présentation d’un discours religieux ou la narration d’une histoire.

La prédication peut être définie en trois verbes : Lire. Expliquer. Répéter.

Qu’est-ce qu’alors la prédication ? Mohler, président du plus grand séminaire du monde, peut définir la prédication en trois verbes : Lire. Expliquer. Répéter.

Ce que nous voulons dire [par le terme “prêcher”], c’est très simplement, lire le texte et l’expliquer — convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et en instruisant directement du texte des Écritures. Si vous ne faites pas cela, vous ne prêchez pas.

Il prend le portrait de la prédication qui se trouve dans Néhémie 8:8,

Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu.

Esdras et les scribes donnaient le sens du texte pour que les auditeurs puissent comprendre la lecture du texte biblique. Il s’agit d’expliquer le texte, de le décomposer et de le clarifier pour les auditeurs.

Essentiellement, c’est ce que veut dire le verbe prêcher. Le cœur et l’âme de la prédication par exposition—de toute prédication qui est vraiment chrétienne—c’est de lire la Parole de Dieu, puis de l’expliquer pour que les gens puissent la comprendre.

Comment développer une passion pour la prédication par exposition

Mohler retire trois points de Deutéronome 4 qui nous aident à développer une théologie de, et une passion pour, la prédication par exposition.

1. Le seul Dieu vrai et vivant est le Dieu qui parle (Deutéronome 4:10, 12, 15).

Les païens voient leurs dieux et leur parle, mais le seul Dieu vrai et vivant n’est jamais vu, pourtant il parle à son peuple.

2. Les quatre questions posées par Moïse indique que le vrai peuple de Dieu sont ceux qui entendent Dieu qui leur parle.

  • Y eut-il jamais si grand événement ? (Deutéronome 4:32)
  • A-t-on jamais entendu chose semblable ? (Deutéronome 4:32)
  • Un Dieu a-t-il jamais essayé de venir prendre pour lui une nation du sein d’une autre nation, au moyen d’épreuves, de signes, de prodiges et de combats, à main forte et à bras étendu, et avec des (interventions) très redoutables, comme tout ce qu’a fait pour vous l’Éternel, votre Dieu, en Égypte sous tes yeux ? (Deutéronome 4:34)
  • Un peuple a-t-il jamais entendu la voix de Dieu parlant du milieu du feu, comme tu l’as entendue, en restant en vie ? (Deutéronome 4:33)

Vous savez que vous êtes un croyant dans le Seigneur Jésus-Christ… parce que vous avez entendu la Parole de Dieu et vous y avez cru.

3. La vie même du peuple de Dieu dépend de l’écoute de sa Parole.

J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance, pour aimer l’Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix et pour t’attacher à lui : c’est lui qui est ta vie et qui prolongera tes jours, pour que tu habites le territoire que l’Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob (Deutéronome 30:19-20).

Je conclus avec quelques citations clés de ce chapitre :

La théologie entière de Deutéronome peut être réduit au fait que Dieu a parlé. Donc, entendre et obéir, c’est la vie, mais refuser d’entendre et désobéir, c’est la mort…

…le problème central dans notre crise de prédication aujourd’hui, c’est que quelque part nous croyons que [la nécessité d’entendre et d’obéir] a changé. Nous ne croyons plus qu’entendre et répondre à la Parole de Dieu est un sujet d’importance cruciale. C’est la seule raison plausible que je puisse offrir pour expliquer pourquoi la prédication par exposition est en déclin, voire absente, dans tant de pupitres. Avant le déclin de la prédication par exposition, il y avait un abandon de la conviction que la Parole de Dieu est une question de vie ou de mort (54).

La prédication est donc toujours une question de vie ou de mort. La vie même du peuple dans nos églises dépend du ministère de la Parole ; ainsi notre prédication devrait être rien de moins—et rien d’autre—que l’exposition de la Bible. Rien d’autre ne peut suffire (63).

En fin de compte, notre appel en tant que prédicateurs est en réalité très simple. Nous étudions, nous nous tenons debout devant le peuple, nous lisons le texte, et nous l’expliquons. Nous convainquons, nous reprenons, nous exhortons, nous encourageons et nous enseignons—et puis ne refaisons tout cela encore et encore et encore (64).

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Mohler : 2. Le motif pour prêcher

He is not silentNotre Dieu trinitaire

Je partage des notes du livre par Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : prêcher dans un monde postmoderne”).

Le point de départ dans notre prédication est ce commandement : “Prêche la Parole !” (2 Timothée 4:2). Cet impératif pose le fondement de la théologie de la prédication et son motif : Nous prêchons parce que Dieu l’a commandé. “Dieu a parlé et il nous a ordonnés de parler pour lui.” Dans la prédication le prédicateur ose parler de Dieu et pour Dieu. “Pour cette raison, une théologie de la prédication devrait prendre une forme trinitaire, reflétant la nature même du Dieu qui se révèle. Ainsi, elle rend témoignage au Dieu qui parle, au Fils qui sauve et à l’Esprit qui illumine.”

Le Dieu qui parle

La prédication n’est pas spéculative ; elle commence et se termine avec ce que Dieu dit de lui-même. Elle “ne consiste pas de la spéculation mais de La vraie prédication chrétienne est une exposition et une explication de la Bible.l’exposition”. Le prédicateur expose ce que Dieu dit de lui-même dans la Parole de Dieu. “Toute prédication chrétienne est biblique.” C’est-à-dire que la vraie prédication chrétienne est une exposition et une explication de la Bible. “Ceux qui prêchent d’une autre source d’autorité ou d’un autre texte quoiqu’ils parlent avec beaucoup d’effet et d’une manière très attirante, ils prêchent ‘un autre évangile’ et ils sont trahis par leurs paroles.”

Soyons honnêtes : L’acte de prêcher sentirait d’une arrogance complète et ambitieuse si ce n’était pour le fait que c’est Dieu lui-même qui nous a donné cette tâche. À la lumière de ce fait, la prédication n’est pas du tout un acte d’arrogance mais un d’humilité. La vraie prédication n’est jamais une démonstration du génie ou de l’intellect du prédicateur mais une exposition de la sagesse et de la puissance de Dieu.

Cette sorte d’humilité dans la prédication n’est possible que lorsque le prédicateur est soumis au texte de l’Écriture. Finalement, c’est simplement une question d’autorité. Soit le prédicateur soit le texte détermine ce qui est dit. En tant que prédicateurs de la Parole de Dieu, nous n’osons pas confondre notre propre autorité avec celle du texte. Agir ainsi serait un acte d’arrogance complète. Nous sommes appelés non seulement à prêcher mais à prêcher la Parole.

Le Fils qui sauve

Le Dieu qui se révèle a parlé suprêmement et définitivement par son Fils.

Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu nous a parlé par le Fils en ces jours qui sont les derniers. Il l’a établi héritier de toutes choses, et c’est par lui qu’il a fait les mondes (Hébreux 1:1-2).

Toute prédication chrétienne est christologique ou christocentrique : centré sur la personne de Christ. “Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons…” (2 Corinthiens 4:5 SER). Une théologie de la prédication devrait inclure et une théologie de la croix et une théologie de la gloire. Pourtant, nous nous rendons compte que ce que nous prêchons sera caractérisé de la folie (1 Corinthiens 1:18). Cette accusation est intrinsèque à la tâche et le prédicateur devrait être prêt à la supporter. Comme l’explique l’apôtre Paul : "Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi ne soit pas (fondée) sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu.” (1 Corinthiens 2:4-5 SER).

Prêcher l’évangile du Fils qui sauve, c’est rejeter toute notion que c’est la technique de communication et de persuasion humaine qui détermine l’efficacité homilétique. Comme dit franchement James Denney : “Personne ne peut donner l’impression à la fois qu’il est lui-même agile et que Christ est puissant pour sauver. Notre cible dans la prédication est d’être fidèles à l’évangile de Jésus-Christ. L’effet de cet évangile sur les cœurs humains, nous le laissons entre les mains de Dieu et de son Saint-Esprit.

L’Esprit qui illumine

Mohler dit que notre génération est caractérisée par une négligence de l’œuvre du Saint-Esprit. “L’absence d’une dépendance consciente de l’Esprit Saint est un signe que le prédicateur ne comprend pas sa tâche et son appel.” L’absence d’une dépendance consciente de l’Esprit Saint est un signe que le prédicateur ne comprend pas sa tâche et son appel.”J’ajouterais que dans certains milieux, il existe un accent sur l’œuvre de l’Esprit aux dépens de la Parole comme si l’Esprit agissait indépendamment de la Parole qu’il a lui-même inspirée. Comme il dit plus tard dans ce chapitre, l’Esprit ne travaille que par la Parole.

Mohler explique que nous sommes des ministres externes de la Parole tandis que l’Esprit est le ministre interne de la Parole. Selon Martin Luther, nous devons prêcher la Parole d’une manière fidèle pour qu’elle puisse entrer les oreilles des auditeurs, mais le Saint-Esprit seul puisse transmettre la Parole de l’oreille au cœur humain. Nous prêchons à haute voix la Parole. Pendant cet acte de prédication, l’Esprit illumine aujourd’hui la Parole qu’il a inspirée jadis.

Le motif, l’objectif et la gloire de la prédication

Le motif de la prédication n’est autre que la révélation que Dieu nous a adressée dans les Écritures. L’objectif de la prédication n’est ni moins ni plus que la fidélité à cet appel. La gloire de la prédication est que Dieu a promis de se servir de prédicateurs et de la prédication pour accomplir son objectif et pour se glorifier lui-même.

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Mohler : 1. La prédication comme adoration

He is not silent Le cœur de l’adoration chrétienne

Je partage quelques notes de l’excellent livre en anglais par R. Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : Prêcher dans un monde postmoderne”).

Dans les églises évangéliques, le modèle principal de l’adoration est défini de plus en plus par la musique avec des innovations comme l’art dramatique ou des vidéos. La prédication joue de plus en plus un rôle secondaire.

Le pasteur A. W. Tozer dit que l’on maximise le divertissement et minimise l’instruction.

Il est presque impossible d’attirer des gens dans une réunion où la seule attraction est Dieu. On ne peut que tirer la conclusion que ceux qui se disent les enfants de Dieu s’ennuient de lui…

Quand on soulève des objections contre le veau en fonte dont on se sert pour attirer des gens, la réponse est que nous les gagnons ! Mais à quoi les gagnons-nous ? À une vie de disciple ? À la croix ? Au reniement de soi-même ? À une séparation d’avec le monde ? À la crucifixion de la chair ? À une vie sainte ? À une noblesse de caractère ? À un mépris des trésors de ce monde ? À la discipline de soi-même ? À l’amour de Dieu ? À un engagement total à Christ ? Bien entendu, la réponse à toutes ces questions est non.

Le pasteur Kent Hughes parle des spectateurs silencieux qui notent la qualité du spectacle. Le prédicateur se sent obligé de prêcher aux besoins ressentis, l’agenda de l’homme et non pas celui de Dieu. Le résultat est un égocentrisme tragique.

Dans cette ambiance, certaines personnes nous disent que l’adoration est comme un véhicule qui nous transporte là où Dieu veut que nous soyons. Que ce soit une Mercedes Benz, une moto ou un vélo, cela n’a pas d’importance. Toute forme d’adoration est agréable à Dieu.

“Dieu est-il un laisser-faire déité qui se fiche de comment son peuple l’adorent, tout content que quelques-uns quelque part l’adorent de quelque manière que ce soit ?” Le Lévitique 10:1-3 démontre clairement que Dieu ordonne que son peuple l’adore d’une manière correcte.

Mohler donne ensuite quatre rubriques concernant l’adoration authentique.

1. L’adoration authentique commence avec une vraie vision du Dieu vivant.

Dans Ésaïe 6:1-10, le prophète avait une vision du Seigneur assis sur un trône très élevé. Sa gloire remplissait le temple. Des séraphins se servaient chacun de leurs six ailes pour voler et pour se couvrir la face et les pieds devant le Dieu Très-Haut. Ils criaient l’un à l’autre et disaient : Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire !Dans la plupart des églises évangéliques, le Dieu de la Bible ne serait jamais connu de par notre adoration.

Le même modèle d’adoration se répète dans l’Apocalypse 4:8-11, "Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d’yeux tout autour et au-dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant qui était, qui est et qui vient !"

“Cette sainteté de Dieu le distingue et le sépare de sa création. Il est ce que nous ne le sommes pas. Nous somme finis ; il est infini.” Il est tout à fait autre.

La question importante est celle-ci : Notre adoration communique-t-elle la sainteté de Dieu ? Un observateur pourrait-il discerner quelque chose du caractère de Dieu au travers de notre adoration ? Dans la plupart des églises évangéliques, le Dieu de la Bible ne serait jamais connu de par notre adoration.

Nous cherchons de nos jours à présenter un Dieu plus commode. Nous ne voulons pas un Dieu qui fait peur. Nous oublions volontairement ce que dit Hébreux 10:31, “Il est terrible de tomber dans les mains du Dieu vivant !” (Hébreux 10:31 SER).

2. L’adoration authentique conduit à la confession du péché.

La réponse d’Ésaïe à la vision de Dieu était, "Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées" (Ésaïe 6:5).

Ésaïe comprend qu’il est perdu parce qu’il a eu une vision de la sainteté de Dieu. Si nous ne sommes pas confrontés de notre péché personnel en tant qu’individus, c’est que nous n’avons pas vu Dieu et nous ne l’avons pas adoré. Psaume 51:1-4 nous donne le modèle de la vraie confession :

O Dieu ! fais-moi grâce selon ta bienveillance, Selon ta grande compassion, efface mes crimes ; Lave-moi complètement de ma faute, Et purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes crimes, Et mon péché est constamment devant moi. J’ai péché contre toi, contre toi seul, Et j’ai fait le mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement.

3. L’adoration authentique conduit à la proclamation de l’évangile.

Dans Ésaïe 6:6-7, nous avons une démonstration de la rédemption :

Mais l’un des séraphins vola vers moi, (tenant) à la main une braise qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes. Il en toucha ma bouche et dit : Ceci a touché tes lèvres ; ta faute est enlevée, et ton péché est expié.

Cette scène anticipe l’œuvre de Christ sur la croix. La vraie adoration proclame l’évangile, la bonne nouvelle de ce que Dieu a fait en Jésus-Christ. Elle est centrée dans la croix.

4. L’adoration authentique exige une réponse.

En vue de ce que Dieu a fait, l’adoration authentique exige une réponse. Ésaïe dit : “ J’entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je Et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi” (Ésaïe 6:8 SER).

Quelqu’un a dit que notre manière d’adorer n’a pas d’importance. Ce qui importe est qui nous adorons. Pourtant, qui nous adorons détermine comment nous devons adorer.

La prédication est composante centrale de l’adoration chrétienne. C’est principalement à travers la prédication de l’Écriture que nous pouvons avoir une vision du Dieu vivant. Martin Luther a composé des hymnes mais il était convaincu que le cœur de l’adoration biblique était la prédication de la Parole de Dieu.

Cette centralité de la prédication se voient dans les deux testaments des Écritures. Paul dit à Timothée : “Je t’adjure, devant Dieu et devant le Christ-Jésus qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son avènement et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et en instruisant” (2 Timothée 4:1-2 SER). Dans l’Ancien Testament, nous lisons qu’Esdras et ses collègues “lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu” (Néhémie 8:8 SER). La réponse des auditeurs démontre une soif pour la Parole de Dieu qui nous reprend : “…et tout le peuple répondit, en levant les mains : Amen ! amen ! Ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, la face contre terre” (Néhémie 8:6 SER). Esdras n’avait pas organisé un événement. Il n’a pas fait un spectacle. D’une manière simple et soignée, il a proclamé la Parole de Dieu.

Dans beaucoup trop d’églises la Bible est presque silencieuse… L’anémie de l’église est le résultat de l’absence de la vraie prédication par exposition.Dans beaucoup trop d’églises la Bible est presque silencieuse. D’autres choses ont pris la première place dans un monde qui cherche le divertissement. Le prédicateur se contente de donner un petit message d’encouragement ou d’exhortation plutôt que de prêcher tout le conseil de Dieu. L’anémie de l’église est le résultat de l’absence de la vraie prédication par exposition. Si nous voulons donner aux gens une vraie vision de Dieu, leur montrer leur propre état de pécheur, leur proclamer l’évangile de Jésus-Christ et les encourager à obéir à cet évangile, nous nous donnerons à la prédication de la Parole. C’est notre tâche et notre appel : confronter les auditeurs avec la Parole de Dieu qui est vivante et efficace, et prier que le Saint-Esprit ouvre les yeux, convainque du péché et touche le cœur.

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Mohler : Préface – L’état de la prédication aujourd’hui

Project1Pour Noël, mon épouse m’a offert un livre sur la prédiction par R. Albert Mohler, président du plus grand séminaire au monde, “The Southern Baptist Theological Seminary”. He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : La prédication dans un monde postmoderne”), est un appel à tout pasteur à être fidèle au texte biblique en prêchant uniquement des messages d’exposition, ce qui seul puisse sauver l’église.

Dans sa préface, il constate deux tendances : (1) une nouvelle génération de jeunes prédicateurs qui sont engagés à prêcher par exposition, et (2) une expérimentation délibérée par beaucoup de pasteurs qui abandonnent le texte biblique pour adopter des méthodes moins offensives.

Selon Mohler, la prédication contemporaine souffre de plusieurs causes :

  1. La prédication contemporaine souffre d’une perte de confiance dans la Parole de Dieu. Nous sommes bombardés chaque jour de mots en toute forme concevable (en chansons, transmis, imprimés, parlés). En plus, les images remplacent les paroles. Malgré tout cela, Mohler fait la déclaration audacieuse que la déclaration fidèle de la Parole de Dieu, prononcée au travers de la voix du prédicateur, est encore plus puissante que toute image ou tout morceau de musique.
     
  2. La prédication contemporaine souffre d’une infatuation avec la technologie. Bien des prédicateurs sont séduits par la technologie et cherchent à se servir des images graphiques et des filmes pour manipuler l’émotion. C’est exactement ce que nous ne devons pas faire. Dieu nous a fait savoir dans les Dix Commandements qu’il a choisi d’être entendu et non pas vu.
     
  3. La prédication contemporaine souffre de l’embarras devant le texte biblique. Trop de pasteurs sont embarrassés par le texte biblique. Au lieu de prêcher tout le plan de Dieu (Actes 20:27), ils mettent l’accent sur les passages qui sont plus agréables, moins provocateurs à l’esprit moderne en oubliant que “Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile” (2 Timothée 3:16). 
     La prédication devient une série d’exposés décousus sur des textes décousus.
  4. La prédication contemporaine souffre d’une absence de contenu biblique. Elle reflète trop l’esprit de l’âge qui sacrifie la “Grande histoire”  (“meta-narrative”) pour des tranches de vie. La prédication devient “une série d’exposés décousus sur des textes décousus”. 
     
  5. La prédication contemporaine souffre d’un accent sur les besoins ressentis. En cherchant à répondre aux besoins aperçus des auditeurs, bien des pasteurs évangéliques ont abandonné le texte biblique sans s’en rendre compte. Le pécheur lui-même ne connaît pas son besoin le plus urgent. Il a besoin d’entendre l’évangile pour apprendre ce dont il a besoin. 
     
  6. La prédication contemporaine souffre d’une absence de l’évangile. Les apôtres on toujours mis l’accent sur la mort, l’enterrement et la résurrection de Jésus-Christ. Une prédication qui évite de prêcher la croix n’est pas une prédication chrétienne.

En fin de compte, le prédicateur chrétien doit tout simplement confronter ses auditeurs avec la Parole de Dieu. Cette confrontation sera parfois gênée, provocatrice et difficile. Après tout, c’est la Parole qui nous transperce comme une épée. Le prédicateur évangélique doit toujours chercher à libérer l’épée, sans la cacher ni émousser sa lame.

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La faille de l’évangélisation rapide

« Si vous voulez voir des résultats rapides, la prédication de la Parole n’est pas forcément la meilleure formule. Si vous cherchez des résultats en termes de statistiques, chiffres et réponses visibles, il se peut qu’il y ait d’autres méthodes, d’autres programmes et d’autres moyens qui produisent plus rapidement. La question est de savoir s’ils produisent des chrétiens. » – Albert Mohler, Président, The Southern Baptist Theological Seminary, Louisville, Kentucky.

« Vingt mille personnes ont accepté Jésus ! » s’est-elle extasiée. La jeune femme me parlait d’un effort d’évangélisation qui a eu lieu dans un pays du Pacifique. Impliquée dans un ministère qui a participé à l’effort, elle me parlait avec beaucoup d’enthousiasme des ministères des danses polynésiennes et du smurf qui ont produit ces résultats extraordinaires. Un tel témoignage nous rappelle les paroles solennelles de Jean 2:23-25,

Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, à la vue des miracles qu’il faisait, mais Jésus ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rende témoignage de quelqu’un; il savait de lui-même ce qui était dans l’homme.

La question de mandat
Le pasteur américain A. W. Tozer a dit dans son livre That Incredible Christian (Ce chrétien incroyable), publié en 1964, qu’il n’était pas surprenant que le pays qui avait donné au monde le café instantané lui donne également le christianisme instantané. Le mandat qu’a donné Christ aux disciples… n’est pas achevé quand nous avons chanté un chant, dansé une danse ou même prié une prière.Nous parlons de décisions pour Christ ou d’accepter Christ comme si notre mandat était d’amener des gens à une décision ou de les conduire dans une prière. C’est trop souvent le « quick fix » qui manque de profondeur et qui rend plus difficile l’accomplissement de l’objectif parce qu’il sert d’inoculation contre la transformation qu’a mandatée Christ. Le mandat qu’a donné Christ aux disciples était de faire d’autrui ce qu’ils étaient eux-mêmes : des disciples. Ce n’était pas quelque chose d’instantané. Jésus nous a ordonné de « faire des disciples » (Matthieu 28:18-20). La tâche de « leur enseigner à obéir à tout ce que je vous ai commandé » fait partie de cette formation de disciple, car « tout disciple accompli sera comme son maître » (Luc 6:40). L’objectif n’est donc pas achevé quand nous avons chanté un chant, dansé une danse ou même prié une prière.

La question de méthode et de message
Le mandat détermine la méthode. Si notre objectif est d’attirer le plus grand nombre, la présentation d’un spectacle serait peut-être idéale. Pourtant, nous ne devrions pas oublier ce que nous disent les spécialistes de la communication : « La méthode est le message. » Une méthode inconvenable peut bien obscurcir le message que nous voulons transmettre et nous faire rater notre mandat de faire des disciples. En regardant nos spectacles, la réponse de bien des spectateurs est tout simplement : « Cool ! » Quel contraste avec l’œuvre du Saint-Esprit ! Jésus a dit que le Saint-Esprit convaincrait « le monde de péché, de justice et de jugement » (Jean 16:8). Cette conviction de péché s’exprime par « la tristesse selon Dieu [qui] produit une repentance (qui mène) au salut » (2 Corinthiens 7:10), une expérience que trop de « chrétiens » n’ont malheureusement pas faite.

Le péril des méthodes mal adaptées
Paul refusait de se servir de méthodes mal adaptées à l’évangile. Les Corinthiens, à 69 km d’Athènes, étaient fiers de leur héritage, de leurs philosophes (par exemple, Aristote, Platon et Socrate), de leur « sagesse », de leur art oratoire… autrement dit, tout ce qui constituait leur culture. Bien d’entre eux méprisaient la présentation de Paul et auraient préféré qu’il soit plus éloquent, plus adapté à leur contexte. De sa part, Paul leur répond : « Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu » (1 Corinthiens 2:1). Il a refusé de se servir de « la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas rendue vaine » (1 Corinthiens 1:17). Il dit, en effet, que s’il s’était servi de l’éloquence qu’attendaient les Corinthiens, la croix de Christ aurait été rendue vaine. « Les Juifs demandent des miracles, et les Grecs cherchent la sagesse » dit-il (1:22). Il aurait pu être plus sympathique à leurs sensibilités culturelles. Il aurait pu modifier son approche pour être plus « seeker friendly », mais en pleine connaissance de cause il déclare : « nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1:23).

On cite souvent 1 Corinthiens 9:22 pour justifier toute approche : «Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns. » Dans le contexte de ce chapitre 9, Paul dit qu’il n’a pas usé de ses droits d’apôtre parce qu’il ne voulait pas que ses droits deviennent un empêchement au progrès de l’évangile. Au contraire, il s’est « rendu serviteur de tous afin de gagner le plus grand nombre » (9:19). Il était comme Juif avec les Juifs, comme sous la loi avec ceux qui sont sous la loi, comme sans loi avec ceux qui sont sans loi et faible avec les faibles afin de les gagner. Pourtant, l’identification n’était pas totale car il a ajouté qu’il n’était ni sous la loi ni sans la loi car il était sous la loi de Christ (9:20-22). Donc, dans son désir d’identifier avec ceux qu’il voulait gagner, Paul devait respecter certaines limites pour que l’évangile ne soit pas compromis. Nous serions en erreur d’interpréter ce passage de façon qui contredise ce qu’il avait déjà dit dans le chapitre 2 :

Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. …ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi ne soit pas (fondée) sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu (1 Corinthiens 2:1-5)

La dernière phrase, « afin que votre foi ne soit pas (fondée) sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu », indique que la méthode porte des conséquences. Combien de nos « convertis » ont fait une confession de foi fondée sur notre sagesse, nos méthodes, nos danses, etc., plutôt que sur la puissance de Dieu ? C’est pourquoi Paul nous donne l’avertissement solennel : « Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, comme un sage architecte, j’ai posé le fondement et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus… car le Jour la (l’œuvre) fera connaître, parce qu’elle se révélera dans le feu, et le feu éprouvera de quelle nature est l’oeuvre de chacun » (1 Corinthiens 3:10, 13).

Dans ces derniers jours quand la vraie mission de l’église est trop souvent perdue de vue parmi toute une panoplie de méthodes qui obscurcissent le message de l’évangile, nous devons être clairs concernant notre mandat de faire des disciples, le message de la croix et la méthode de communiquer de l’évangile. Paul nous l’annonce sans ambages : « Car Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas rendue vaine… Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication » (1 Corinthiens 1:17, 21).

Le mandat de faire des disciples ne peut pas être rempli sans la prédication fidèle, régulière et systématique de la Parole de Dieu.

Nous ne nous faisons pas d’illusions, comme si un seul prêche pouvait faire des disciples, mais le mandat de faire des disciples ne peut pas être rempli sans la prédication fidèle, régulière et systématique de la Parole de Dieu. Paul nous montre le chemin : « prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et en instruisant » (2 Timothée 4:2). Comme dit le pasteur Mohler, d’autres méthodes peuvent attirer des foules, mais la question est de savoir si elles produisent des chrétiens.

Réveil et le message de l’évangile

Le livre des Actes est en quelque sorte une histoire de réveils, ou bien la progression d’une église vivante et en pleine expansion. Les apôtres ont été souvent persécutés, chassés de ville en ville et même lapidés, mais normalement ils ont pu implanter une église de personnes qui avaient été transformées par la puissance de Dieu qui est l’évangile de Christ (Romains 1:16). Le ministère de Philippe dans une ville de Samarie en est un bon exemple.

« Les foules, d’un commun accord, s’attachaient à ce que disait Philippe, en apprenant et voyant les miracles qu’il faisait. 7 Car des esprits impurs sortaient de beaucoup de démoniaques, en criant d’une voix forte, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris. 8 Et il y eut une grande joie dans cette ville » (Actes 8:6-8).

À quoi les gens s’attachaient-ils ? « À ce que disait Philippe » (8:6). Que disait-il ? Le verset précédent nous le dit : « Philippe, descendu dans une ville de la Samarie, y prêcha le Christ » (Actes 8:5). Quelques versets plus loin nous lisons qu’il « leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ » (Actes 8:12). Et encore, « (les habitants de) la Samarie avaient reçu la parole de Dieu » (Actes 8:14). Il n’a pas prêché le réveil, mais sa prédication de Christ a amené un réveil. La prédication de Christ a produit le « réveil ».

L’apôtre Pierre n’a pas prêché le réveil chez Corneille. Comme Philippe, Pierre prêchait le Christ :

« Et Jésus nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester qu’il a été lui-même désigné par Dieu comme juge des vivants et des morts. 43 Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. 44 Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole » (Actes 10:42-44).

Pierre prêchait que Jésus avait ordonné que nous prêchions que Dieu l’avait désigné comme juge, et que c’est par lui que nous recevons le pardon des péchés. Il n’a pas prêché le réveil ; il a prêché l’évangile de Jésus-Christ, et en prêchant l’évangile, le Saint-Esprit est descendu.

En suivant les pistes de l’apôtre Paul dans le livre des Actes, nous constatons qu’il n’a jamais cessé de prêcher Jésus-Christ. Il résume son message dans 1 Corinthiens 2:2, « Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2:2).

Encore, Paul n’a pas prêché le réveil. L’évangile n’est pas un message de réveil mais le message de Jésus-Christ. Nous ne cherchons pas le réveil, ni des manifestations, ni des signes, mais Jésus-Christ lui-même. Donc, nous ne prêchons pas le réveil, mais « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

Paul n’a pas prêché non plus ses expériences, ses guérisons et ses exorcismes. Il est possible et dangereux de prêcher de manière à ce les gens s’attachent à nous et non pas à Christ. Paul avertit les Éphésiens dans les Actes 20:29-30, « Je sais que… du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30). Nous ne devons pas entraîner les disciples après nous, mais après Christ. Paul dit clairement : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5).

Dans notre désir de voir un réveil, nous ne devons pas nous tromper de moyens. Il nous serait facile de manipuler les gens. La préparation psychologique n’est pas une préparation spirituelle. Parler incessamment du réveil n’est pas prêcher Christ. La soif d’un réveil n’équivaut pas la soif de Dieu. La demande de signes, dit Jésus, vient d’une « génération mauvaise et adultère » (Matthieu 12:39). Le message de l’évangile n’en est pas un de réveil mais de la croix : « Si quelqu’un veut venir après moi, dit Jésus, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive » (Luc 9:23).

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Le chemin du réveil

Dans son étude sur les réveils, la description par Richard M. Riss (aux pages 3 à 6) a provoqué pour moi plusieurs questions. Étant donné qu’il y a des conditions pour expérimenter la bénédiction de Dieu, nous devons nous demander si nous sommes réellement en en route pour un réveil. Considérons les traits de réveils que donne M. Riss et quelques questions qu’ils provoquent :

1. Dans un réveil, les gens développent un enthousiasme intense pour le christianisme. Ils sont si préoccupés des choses de Dieu qu’ils ne désirent pas parler d’autres choses. Il y a un fort sentiment d’amour, de joie, de paix et de la présence de Dieu tel que les gens ne veulent pas quitter les réunions. C’est le ciel sur terre.

  • Question : Sommes-nous préoccupés des choses de Dieu ? « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » (Colossiens 3:1). Dieu a-t-il réellement la première place dans notre pensée ?

2. Dans un réveil, la prédication, l’enseignement et la musique pénètrent d’une manière extraordinaire les cœurs des auditeurs qui ont bien soif de la Parole de Dieu.

  • Question : Les auditeurs de la prédication de Pierre « eurent le coeur vivement touché » (Actes 2:37). Notre prédication, notre enseignement et le message de notre musique sont-ils tellement saturés de la Parole et de l’Esprit de Dieu qu’ils pénètrent les cœurs des auditeurs ?

3. Un réveil est caractérisé par un accent fort sur la Bible et son enseignement, surtout sur les souffrances, la croix, le sang, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

  • Question : Paul a dit : « Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2:2). Et encore, « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5). Prêchons-nous nous-mêmes ou Christ-Jésus ?

4. Un réveil est caractérisé par une forte conviction du péché, conviction de la justice et du jugement à venir (Jean 16:8). Bien des gens sont saisis d’une révélation de la gloire de Dieu, d’un sentiment de leur méchanceté et de leur état désespéré devant Dieu, et d’une crainte bouleversante de Dieu et de son jugement. Ils se rendent compte qu’ils méritent la mort et la rétribution divine, et ils implorent la miséricorde de Dieu.

  • Question : Paul prêchait « sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir » de façon que le gouverneur Félix était « saisi de crainte » (Actes 24:25). Prêchons-nous ces thèmes de conséquence éternelle de manière que les gens soient secoués de leur indifférence ?

5. Dans un réveil, des individus sont libérés de l’esclavage du péché, des habitudes et des attitudes mauvaises. Les préjugés sont brisés, les foyers brisés sont guéris et il y a un fort sentiment d’unité entre les croyants.

  • Question : La Bible dit que la grâce « nous enseigne à renoncer à l’impiété, aux désirs de ce monde, et à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste et pieuse » (Tite 2:12). « Maintenant, libérés du péché et esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sanctification et pour fin la vie éternelle » (Romains 6:22). Notre prédication produit-elle de tels résultats ?

6. Dans ces circonstances, des multitudes de pécheurs sont convertis tandis que les chrétiens entrent plus profondément dans la plénitude de la foi. Les rétrogrades reviennent au Seigneur. Il y a même des pasteurs qui sont sauvés en reconnaissant qu’ils ne savaient rien de la puissance de Dieu avant de le rencontrer dans ces circonstances.

  • Question : Est-ce notre désir profond de connaître Christ (Philippiens 3:10) ? De progresser toujours dans l’œuvre du Seigneur (1 Corinthiens 15:58) ? Nous efforçons-nous d’ajouter à notre foi et d’affermir notre vocation et notre élection (2 Pierre 1:5-11) ?

7. Quand l’Église est réveillée, il y a une onction puissante de l’Esprit de Dieu et parfois des guérisons et d’autres miracles.

  • Question : Pour l’exercice de notre ministère, dépendons-nous de nos talents, de notre savoir-faire et de notre éducation, c’est-à-dire la chair (Philippiens 3:4) ou de la force que Dieu nous donne (1 Pierre 4:11), cette l’onction précieuse du Saint-Esprit (Éphésiens 6:19) ?

8. Dans un réveil, un esprit de sacrifice est présent. Des gens passent des nuits entières à chercher la face de Dieu et à prier pour ceux qui sont perdus, ce qui donne naissance à des actions missionnaires pour faire des disciples des nations.

  • Question : Sommes-nous prêts à nous dépenser nous-mêmes pour les âmes d’autrui (2 Corinthiens 12:15), à prier, à jeûner et à souffrir pour ceux qui sont sans Dieu, sans Christ et sans espérance dans le monde (Éphésiens 2:12 ; 2 Corinthiens 11:22-30) ? Le faisons-nous ?

Dieu veut bénir et il veut nous réveiller, mais il est temps pour chacun de nous d’obéir à son commandement de nous réveiller nous-mêmes : « C’est pourquoi il est dit : Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et le Christ resplendira sur toi » (Ephésiens 5:14).

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