Le débat fraternel continue : Les dons spirituels sont-ils pour aujourd’hui ?

Débat Small Web viewJe suis en discussion avec un frère concernant les dons spirituels et comment Dieu nous parle aujourd’hui. Il est « cessationniste », c’est-à-dire qu’il croit que les dons ont cessé de fonctionner quand le Nouveau Testament a été achevé. J’ai répondu à son premier article que vous pouvez lire ici. Si vous suivez déjà notre discussion, vous pouvez lire la suite de nos interactions ici. Vous verrez deux approches assez différentes de deux frères qui sont bien engagés à l’autorité des Écritures.

 

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Réponse : Le don de prophétie est-il pour aujourd’hui ?

Je viens de poster la réponse suivante à l’article « Le don de prophétie aujourd’hui » sur le site réformé évangélique Réflexions chaunypsiennes. Selon l’article, ceux qui pensent que le don de prophétie est toujours disponible aujourd’hui adoptent une position « un peu schizophrène ». Vous pouvez lire son article en cliquant ici. Voici ma réponse (qui est aussi publié sur le site mentionné).

Nous affirmons l’autorité finale des Écritures.

Je vous remercie pour un article intéressant et bien recherché. En tant que pentecôtiste, j’aimerais bien répondre, s’il vous plaît. Le pentecôtiste reconnaît bien que le Nouveau Testament est aussi inspiré que l’Ancien Testament. Paul était conscient du fait qu’il écrivait la Parole de Dieu (1 Thessaloniciens 4:8) et Pierre reconnaissait les écrits de Paul comme « Écritures » (2 Pierre 3:15-16). Pourtant, le pentecôtiste fait une distinction entre la parole dite et la Parole écrite. Tout ce qui se dit doit s’accorder avec ce qui est écrit. Le divin processus de l’inspiration s’appliquait surtout à la rédaction des Écritures : « Toute écriture est inspirée de Dieu… » (2 Timothée 3:16-17). Si les hommes ont été « poussés » par le Saint-Esprit (2 Pierre 1:21), le terme « inspiration » s’applique aux Écritures de sorte que toute parole écrite est la Parole de Dieu grâce à (1) l’élévation de la compréhension de l’auteur humain, (2) la surveillance par le Saint-Esprit du processus pour que les Écritures soient partout et entièrement inspirées (inspiration plénière) et (3) la suggestion de termes pour que le vocabulaire choisi communique avec précision la pensée de Dieu (inspiration verbale), (sans parler de la préparation de l’homme pour cette tâche). Ainsi, la Parole de Dieu écrite est la mesure de toute prophétie ultérieure tout comme à travers l’histoire du peuple de Dieu, toute prophétie devait s’accordait avec tout ce qui avait été prophétisé ou révélé antérieurement.

C’est pour cette raison que Paul dit que toute prophétie qui est donnée dans l’assemblée doit être jugée (1 Corinthiens 14:29). Paul parle de prophétie et en même temps de la nécessité de la juger. Encore il dit d’examiner les prophéties et de retenir ce qui est bon : « N’éteignez pas l’Esprit ; ne méprisez pas les prophéties ; mais examinez toutes choses, retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5:19-21).

Le don de prophétie de 1 Corinthiens 12 et 14 ne sert pas à donner de nouvelles doctrines.

En tant que pentecôtiste traditionnel, je dis un grand AMEN que la Bible est « complète, efficace, suffisante, inerrante, infaillible et faisant autorité ». C’est exactement ce que nous enseignons. Mais il faut comprendre que le but de la prophétie, en contraste avec les Écritures données par l’inspiration verbale et plénière, n’est pas de donner de nouvelles révélations. On ne s’attend pas à ce qu’il y ait de nouveaux enseignements. Paul dit : « Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console » (1 Corinthiens 14:3). Édification, exhortation et consolation ; pas de nouveaux enseignements. Comme les Écritures sont adéquates (2 Timothée 3:15-17), nous ne devons pas nous attendre à de nouvelles doctrines.

Concernant la prophétie dans le Nouveau Testament, nous lisons que certains frères « (Poussés) par l’Esprit, ils disaient à Paul de ne pas monter à Jérusalem » (Actes 21:4). Quant à Paul, il a compris que « de ville en ville, le Saint-Esprit atteste et me dit que des liens et des tribulations m’attendent » (Actes 20:23), et non pas qu’il ne devait pas monter à Jérusalem. Après la prophétie d’Agabus, « nous et ceux de l’endroit, nous avons supplié Paul de ne pas monter à Jérusalem. Alors Paul répondit : Qu’avez-vous à pleurer et à me briser le cœur ? Car moi, je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. Comme il ne se laissait pas persuader, nous n’avons plus insisté et nous avons dit : Que la volonté du Seigneur se fasse ! (Actes 21:12-14). Nous notons que cette sorte de prophétie n’avait rien affaire avec une nouvelle doctrine et qu’elle était sujette à de diverses interprétations : les uns disaient que Paul ne devait pas monter à Jérusalem ; Paul a bien compris qu’il serait lié à Jérusalem. Dieu ne disait pas à Paul de ne pas monter à Jérusalem ; il le préparait pour ce que l’attendait.

On ne peut pas argumenter pour une cessation des dons spirituels sur la base de 1 Corinthiens 13.

Avec mes respects, votre argument concernant la cessation des dons spirituels, basé sur 1 Corinthiens 13:8-13, est plutôt forcé. Si, comme vous le dites, nous voyons Christ maintenant « face-à-face » grâce au Saint-Esprit (et je suis d’accord que le Saint-Esprit demeure en tout chrétien né de nouveau, Romains 8:9), Paul n’aurait pas pu faire le contraste entre « aujourd’hui » et « alors » parce que l’Esprit avait déjà été donné quand Paul écrivait ces paroles. En plus, ce contraste continue dans la phrase suivante : « aujourd’hui je connais partiellement, mais alors, je connaîtrai comme j’ai été connu » (1 Corinthiens 13:12). Pouvons-nous affirmer que nous connaissons Christ comme nous avons été connus ? Cette parole que nous connaissons partiellement, était-elle seulement pour les chrétiens du premier siècle ? Sommes-nous vraiment arrivés à la perfection ?

Que penser des prophéties vagues ?

Vous avez raison de dire que les prophéties que l’on entend parfois dans les milieux pentecôtistes et charismatiques « ne sont que de vagues exhortations sans contenu spécifique et que l’on [ne] peut [pas] donc juger vrai ou faux ». Quand j’entends quelqu’un ne prophétiser que Dieu nous aime, je tire la conclusion que ce « message » était sur le cœur de la personne, mais qu’elle n’a pas été « poussée » par l’Esprit de Dieu. Les pasteurs sont trop souvent laxistes à cet égard. Paul dit « que les autres jugent » (1 Corinthiens 14:29). C’est rare d’entendre un pasteur dire aux brebis si une prophétie était ou n’était pas de Dieu. Et trop souvent, comme le pasteur ne dit rien, les brebis acceptent la prophétie comme un message de Dieu. Les bergers sont appelés à protéger les brebis, mais trop souvent ils abandonnent leur poste.

Au sujet de ces « vagues exhortations », il y a quand même une certaine tension dans les Écritures entre la foi et la révélation. La révélation de Dieu n’enlève pas la nécessité de marcher par la foi et de lui faire confiance. Par exemple, dans les Actes 16:6-10, Paul marche pendant des semaines sans savoir d’une manière précise la volonté de Dieu : Quand Dieu nous parle, ce n’est pas pour nous épargner l’effort de discerner, d’évaluer et de marcher par la foi. « Empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils tentèrent d’aller en Bithynie ; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas » (Actes 16:6-7). Arrivé à Troas, Paul a une vision : « un Macédonien debout le suppliait en disant : Passe en Macédoine, viens à notre secours ! » (Actes 16:9). Pourtant, Dieu n’a pas dit d’aller en Macédoine. Mais Luc nous dit que c’est la conclusion qu’ils ont tirée de la vision : « nous avons aussitôt cherché à nous rendre en Macédoine, concluant que Dieu nous appelait à y annoncer l’Évangile » (Actes 16:10). La parole prophétique n’enlève pas la nécessité de réfléchir. Nous marchons par la foi, nous évaluons les circonstances, et nous sommes à l’écoute pour bien discerner la direction de Dieu, mais quand il parle, il nous reste toujours d’évaluer et de tirer une conclusion. C’est une des raisons pourquoi les prophéties directives ne sont pas bibliques : elles enlèvent l’élément du discernement, du jugement et la nécessité de marcher par la foi.

Le Dieu de la Bible est le Dieu d’aujourd’hui et le message de la Bible est le message pour aujourd’hui.

Ce qui me semble plus problématique dans votre article, c’est que le Dieu de la Bible n’est plus disponible pour son peuple. Le Dieu qui a parlé à Adam, Abraham, Isaac, Jacob, David, Pierre, Philippe, Paul et à tous les autres, est maintenant déiste et muet. Il m’a donné la Bible pour que je sache ce qu’il était et ce qu’il a fait dans le passé, et bien sûr – et pour ce point, je suis d’accord – pour que je vive selon sa parole, mais concernant mes choix de métier, de mariage, de ville, etc., il m’abandonne. Il n’a pas de plan spécifique pour ma vie. Il n’est pas important avec qui je me marie pourvu que cette personne soit chrétienne. C’est à moi de décider grosso modo comment je vais passer mes jours sur cette terre. Cette vision de la vie ne me plaît pas du tout parce qu’elle n’est pas biblique. Voilà le problème de cette interprétation. Je dois vivre selon la Bible mais je ne peux pas m’attendre à vivre comme les gens de la Bible qui ont marché avec Dieu. Je dois croire en Dieu, mais je ne peux pas le connaître ici-bas. Désolé, mais ce n’est pas une vision biblique. Jésus dit : « Mes brebis me connaissent… mes brebis entendent ma voix » (Jean 10:14, 27).

Avec tous mes respects, selon votre vision des choses, tout est bien ordonné, il n’y a pas de désordre, tout est à sa place. C’est beaucoup plus facile de supprimer ce qui peut dérailler que de ranger les choses qui se dérangent de temps en temps. Mais la Parole de Dieu n’est-elle pas pour nous aujourd’hui ? « N’éteignez pas l’Esprit ; ne méprisez pas les prophéties ; mais examinez toutes choses, retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5:19-21). Cette parole n’est-elle pas pour nous ? Quelle sorte d’herméneutique se termine par supprimer la Parole de Dieu ? Nous lisons dans 1 Corinthiens 14, que l’auditeur de la prophétie « est convaincu par tous, il est jugé par tous ; les secrets de son cœur sont dévoilés. Alors, tombant sur la face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est réellement au milieu de vous » (1 Corinthiens 14:24-25). N’en avons-nous pas toujours besoin aujourd’hui ?

Je suis bien d’accord avec vous qu’il y a des choses à corriger dans les églises pentecôtistes et charismatiques. Concernant les prophéties, John Bevere a écrit un livre excellent : Ainsi parle l’Éternel ? Il y a des pasteurs pentecôtistes qui cherchent à corriger les excès afin que Dieu soit glorifié. S’il y a des problèmes, corrigeons-les, mais ne jetons pas le bébé avec l’eau de bain. Que le Seigneur nous aide. Et qu’il vous bénisse abondamment, mon frère.

Mise à jour : Les liens du premier paragraphe ont été mis à jour le 11 octobre 2012.

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Ressources spirituelles pour pasteurs et leaders chrétiens

Ressources spirituelles Medium Web viewJ’ai la grande joie de vous annoncer que le magazine Ressources spirituelles est désormais disponible sur Internet. Ce magazine, composé d’articles choisis et traduits de Enrichment Journal, une publication des Assemblées de Dieu des États-Unis, est destiné aux pasteurs et aux leaders chrétiens. Il y a quelques années, j’ai abonné tous les pasteurs de la Polynésie française à ce magazine excellent. Aujourd’hui, mon ami et collègue, Gerald Branum, qui est coordinateur de Ressources spirituelles, m’a fait savoir que tous les numéros sont désormais disponibles sur Internet en PDF.

Jusqu’à présent, il y a 13 numéros de 30 à 40 pages avec des articles par des pasteurs comme Rick Warren, Tommy Barnett, Billy Graham, John Maxwell, David Yonggi Cho et encore beaucoup d’autres.

Chaque numéro a un thème particulier :

Pourtant, il y a toujours d’autres articles intéressants sur, par exemple, des prédicateurs dans l’histoire de l’église, des études de mot ou la cure d’âme. Par exemple, dans le dernier numéro sur le thème « Équiper les croyants en vue du service », on peut trouver les articles suivants :

  • « Transformer l’auditoire en une armée » par Rick Warren
  • « Équiper les croyants : six éléments essentiels » par Don R. Simmons
  • « Pour que grandisse l’Église » par Barry J. Meguiar
  • « Être rempli de l’Esprit — 1ère partie : Herméneutique, promesses de l’Ancien Testament, et terminologie alternative » par Anthony Palma
  • « Les sentiments cachés du coeur » par Richard Dobbins
  • « La prière change tout » par Donald R. Spradling
  • « Parlons de l’islam » par Sobhi Malek
  • « Charles Finney : un évangéliste controversé » par William P. Farley

Vous pouvez trouver le site de Ressources spirituelles en cliquant ici ou en vous pouvez aller directement à un numéro en cliquant un thème ci-dessus. Je recommande vivement cette ressource pour tout pasteur et tout chrétien aussi. Je vous souhaite bonne lecture !

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Une église en maintenance ou une église en mission ?

Votre église est-elle une église en maintenance ou une église en mission ? J’ai trouvé cette description en anglais sur plusieurs sites comme celui de l’évêque William H. Willimon, mais il semble être retiré du livre Good News People par Harold Percy. J’aime bien le contraste entre « maintenance » et « mission ». L’efficacité ne dépend pas seulement du pasteur, mais de tous les membres du corps de Christ qui ont aussi reçu un ministère qu’ils doivent mettre en pratique par l’onction du Saint-Esprit.

  1. Pour mesurer son efficacité, l’église en maintenance pose la question : « Combien de visites le pasteur fait-il ? » L’église en mission demande : « Combien y a-t-il de disciples qui sont en train d’être formés ? »
  2. En considérant la possibilité d’un changement quelconque, l’église en maintenance dit : « Si ce changement s’avère troublant à des membres, nous ne le ferrons pas. » L’église en mission dit : « Si ce changement peut nous aider à toucher quelqu’un du dehors, nous prendrons le risque et le ferrons. »
  3. En pensant à un changement, la majorité des membres dans l’église en maintenance se demandent : « Comment cela me concernera-t-il ? » La majorité des membres d’une église en mission demandent : « Ce changement augmentera-t-il notre capacité de toucher ceux du dehors ? »
  4. En pensant à sa vision pour le ministère, l’église en maintenance dit : « Nous devons être fidèles au passé. » L’église en mission dit : « Nous devons être fidèles au futur. »
  5. Le pasteur d’une église en maintenance dit au nouveau venu : « J’aimerais vous présenter à quelques-uns de nos membres. » Dans l’église en mission, les membres disent : « Nous aimerions vous présenter à notre pasteur. » [Les membres prennent l’initiative d’accueillir le nouveau venu.]
  6. Confronté par un souci pastoral légitime, le pasteur de l’église en maintenance se pose la question : « Comment puis-je combler ce besoin ? » Le pasteur de l’église en mission demande : « Comment peut-on combler ce besoin ? »L’église en mission comprend qu’elle ne peut pas emmener tout le monde avec elle. [Le pasteur voit l’ensemble des ministères de l’église.]
  7. L’église en maintenance chercher à éviter tout conflit à tout prix (mais ne réussit que rarement). L’église en mission comprend que le conflit fait partie du prix du progrès, et elle est prête à payer le prix. Elle comprend qu’elle ne peut pas emmener tout le monde avec elle. Cela lui cause du chagrin mais ne l’empêche pas de faire ce qu’il faut faire.
  8. Le style de leadership dans l’église en maintenance est surtout managérial, où les leaders cherchent à maintenir l’ordre et font en sorte que tout fonctionne parfaitement. Le style de leadership de l’église en mission est surtout transformationnel, où les leaders lancent une vision de ce qui peut être réalisé et s’écartent de ce qui est habituel et attendu pour transformer la vision en réalité.
  9. L’église en maintenance s’occupe de l’église, ses organisations et structure, ses statuts et ses comités. L’église en mission s’occupe de la culture en cherchant à comprendre la perspective des gens du dehors et ce qui les motive. Elle cherche à déterminer leurs besoins et leurs points d’accès pour l’évangile.
  10. En considérant la croissance, l’église en maintenance pose la question : « Combien de luthériens [ou pentecôtistes, etc.] habitent pas plus de 20 minutes de cette église ? » L’église en mission pose la question : « Combien de gens non pratiquants habitent pas plus de 20 minutes de cette église ? »
  11. L’église en maintenance regarde la communauté et demande : « Comment pouvons-nous persuader ces gens de soutenir notre église ? » L’église en mission demande : « Comment cette église peut-elle soutenir ces gens ?« 
  12. L’église en maintenance pense aux moyens de sauvegarder ses membres. L’église en mission pense aux moyens de toucher le monde.

 

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Le facteur est de retour !

FacteurPour ceux qui sont abonnés par mail, nous avons eu un problème technique, mais comme vous le constatez, ça marche de nouveau ! Le facteur est de retour ! Vous risquez d’avoir manqué les articles que voici :

Je vous remercie de votre compréhension.

L’Église : pyramide, autobus ou corps ?

Pyramid-Bus Medium Web view

Quel est votre modèle de l’Eglise ? Une pyramide avec le pasteur au sommet ? Un autobus dont le pasteur est chauffeur ? Dans son excellent commentaire La lettre aux Éphésiens : Vers une nouvelle société, le pasteur John Stott fait l’analogie suivante :

À quel modèle l’Église doit-elle se conformer ? Le modèle traditionnel est celui d’une Église en forme de pyramide au sommet de laquelle est perché précairement le pasteur, comme un petit pape dans son Église, trônant au-dessus des laïcs. Cette image n’est absolument pas biblique, car le Nouveau Testament ne conçoit pas un pasteur unique dominant sur un troupeau docile, mais une pluralité de responsables et une participation de tous au ministère. Le modèle de l’autobus, dans lequel le pasteur fait office de chauffeur et dirige tout pendant que les membres somnolent paisiblement à l’arrière, n’est pas davantage biblique. Le modèle biblique du corps est très différent de la pyramide et de l’autobus. L’Église est le corps de Christ dont chaque membre a une fonction propre. La métaphore du corps peut certes s’accommoder du pastorat distinct (en tant que fonction – très importante, d’ailleurs – parmi d’autres), mais elle ne laisse aucune place ni à une hiérarchie, ni à cette espèce de cléricalisme autoritaire qui concentre tous les ministères entre les mains d’un seul homme et interdit au peuple de Dieu l’exercice légitime de son propre ministère.

Il y a quelques années, aux États-Unis, j’ai découvert une belle illustration du ministère exercé par tous les membres d’une Église. C’était une Église presbytérienne qui avait subi l’influence du mouvement charismatique. Sur la page de couverture du bulletin paroissial hebdomadaire figurait le nom du recteur, suivi de ceux de son associé et de son assistant. Sur la ligne suivante je lus, surpris : « Ministres : la congrégation tout entière. » Étonnant, mais indiscutablement biblique !

Que le Seigneur nous aide à nous débarrasser des modèles et des méthodes de ce monde et à embrasser le modèle qu’il nous a donné.

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Joyeuses Pâques

Je souhaite à vous tous de joyeuses Pâques. Christ est ressuscité ! Je partage avec vous un message sur « La plus grande preuve de la résurrection » que vous pouvez trouver ici ou en fichier PDF ici. Que Dieu vous bénisse !

La médecine et la guérison divine

Corneal erosion eyes 226x320Je garde dans ma Bible une note du Docteur Rudolf Mayer, spécialiste FMH en ophtalmologie à Lausanne, Suisse. Je suis allé le voir en 1983, suite à plusieurs mois de souffrance intense dans l’œil droit. La douleur était intermittente mais aiguë. D’un coup, la douleur me saisirait et les larmes couleraient sur mon visage. Le docteur Mayer a écrit pour moi cette note : « D’érosion récidivante de la cornée ». Il m’a dit qu’il n’y avait pas de remède et que je devrais apprendre à vivre avec la douleur.

Quelques semaines plus tard, le pasteur de l’Assemblée de Dieu de Lausanne a demandé à tous ce qui avait besoin d’une guérison de se lever à leur place. Je me sentais concerné, alors je me suis levé. Le pasteur a prié simplement pour nous tous ensemble, là où nous étions tous à notre place. Je n’ai rien senti, mais en ce moment le Seigneur m’a guéri. Cela fait 24 ans que je ne souffre plus de cette maladie. Nous remercions le Seigneur de ce qu’il nous guérit.

En affirmant notre foi dans un Seigneur qui nous guérit, les Assemblées de Dieu ne dénigrent pas l’emploi de moyens naturels pour la guérison de nos corps. L’enseignant Wayne Grudem affirme que Dieu peut très bien se servir des substances qu’il a créées puisqu’il a lui-même dit que tout était « très bon » (Genèse 1:31). Il peut se servir des médicaments qui ont été fabriqués de sa création et il peut se servir de l’habileté des médecins. « A l’Éternel la terre et ce qui la remplit » (Psaumes 24:1). Grudem remarque que là où la médecine pourrait nous sauver la vie, nous risquons de mettre Dieu à l’épreuve dans le mauvais sens si nous refusons cette aide (cf. Luc 4:12 BFC, « L’Écriture déclare : Ne mets pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »). Quand il y a un escalier pour descendre du sommet du temple, sauter avec l’espérance que Dieu fera un miracle, c’est mettre Dieu à l’épreuve. Refuser l’aide médicale qui est disponible tout en insistant que Dieu fasse un miracle est très semblable.

Grudem nous avertit que c’est une erreur de mettre notre foi dans les médecins au lieu de la mettre en Dieu comme le roi Asa « ne rechercha pas l’Éternel, mais consulta les médecins » (2 Chroniques 16:12). « Mais si la médecine est employée en relation avec la prière, nous pouvons nous attendre à que Dieu bénisse et qu’il multiplie souvent l’efficacité de la médecine » (Systematic Theology, Paul 1064-1065).

La Bible indique que Dieu se sert de moyens naturels pour nous guérir. Ésaïe a ordonné qu’un paquet de figues soit appliqué sur l’ulcère d’Ézéchias, ce qui lui a sauvé la vie (2 Rois 20:7). Paul a dit à Timothée : « Cesse de boire uniquement de l’eau, mais fais usage d’un peu de vin, à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions » (1 Timothée 5:23). Il est clair que Timothée avait des problèmes intestinaux et de « fréquentes indispositions ». Comme dit J. Rodman Williams : « Paul n’a pas dit : ‘Je prie pour ta guérison’ ou ‘Si tu as assez de foi, Dieu te guérira’ ou ‘Ne confesse pas que tu es malade de peur de rester malade.’ Non, puisque le vin – produit naturel de la création de Dieu et de la production humaine – était adéquat, il n’y avait pas besoin de chercher une guérison surnaturelle » (Renewal Theology, v. 2, p. 373).

Jésus n’a jamais condamné les médecins. Au contraire, il a dit : « Ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades » (Luc 5:31). Il approuva l’aide médicale lorsqu’il raconta la parabole d’un Samaritain qui « s’approcha et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin » (Luc 10:34). Quand Jésus ressuscita la fille du chef de la synagogue, il ordonna qu’on lui donne à manger (Marc 5:43).

Larry et Alice Parker étaient membres de l’Assemblée de Dieu de Barstow, Californie. Leur fils, Wesley, avait 11 ans. Les médecins ont découvert qu’il était diabétique quand il n’avait que 6 ans. Il suivait un traitement de insulinothérapie. Arrive dans leur église un évangéliste qui proclame la guérison de Wesley. Toute l’église se met à la prière et les parents arrêtent « par la foi » l’insulinothérapie. Quand la santé de Wesley se dégrade, les parents croient que Satan met leur foi à l’épreuve. Quand le garçon a des hallucinations, quelqu’un déclare que c’est un démon. Quand, enfin, Wesley meurt, des amis disent qu’ils ne savaient pas qu’il était tellement malade. Les parents, eux, s’accrochent à l’histoire de Lazare en proclamant que Dieu a choisi Wesley pour un miracle plus grand que la guérison : une résurrection. Résurrection qui n’a jamais eu lieu. Larry Parker écrivit leur histoire en 1980 dans le livre We Let Our Son Die (« Nous laissâmes mourir notre fils »). Les Parker croient toujours en Dieu et n’hésitent plus à se servir de la médecine. Quand on casse un os, il est normal de voir un médecin. Quand un médecin peut nous rendre service dont nous avons besoin, c’est une folie de le refuser. Refuser l’aide médicale à un enfant est criminel comme les Parker ont découvert.

Dieu peut très bien guérir n’importe quelle maladie, mais nous ne pouvons pas le forcer de le faire. La foi dira : « …le Dieu que nous servons, est capable de nous sauver ; …Et à supposer qu’il ne le fasse pas » nous le servirons quand même (cf. Daniel 3:17-18 BFC).

Finalement, concernant les médecins, Jésus a bien dit aux dix lépreux : « Allez vous montrer aux sacrificateurs » (Luc 17:14). Vérifiez bien avec ceux qui sont bien informés si vous avez été guéri. Si vous avez une condition médicale qui mérite leur soin, ne refusez pas leur aide au nom de la foi. Ils sont peut-être au service de Dieu pour votre bien (cf. Romains 13:4).

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Le don de prophétie : quelques mythes

Notre vision de la prophétie est très souvent tronquée, limitée. Sans être exhaustif, je partage quelques mythes concernant la prophétie et une perspective biblique sur le sujet.

Mythe 1 : La prophétie concerne toujours le futur.

Il est vrai que les prophètes ont prédit certains événements, mais l’essence de leur message était un appel à la repentance en vue du jugement à venir. L’apôtre Paul dit : « Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console » (1 Corinthiens 14:3). Pas un mot concernant la prédiction d’événements futurs.

Encore « Mais si tous prophétisent, et qu’il survienne quelque non-croyant ou un simple auditeur, il est convaincu par tous, il est jugé par tous ; les secrets de son cœur sont dévoilés. Alors, tombant sur la face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est réellement au milieu de vous » (1 Corinthiens 14:24-25). C’est exactement ce que Jésus avait dit concernant le ministère du Saint-Esprit : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement » (Jean 16:8). Le ministère de prophétie est surtout de nous rendre sensibles de notre péché, de la justice de Dieu et du jugement à venir. Nous voyons cet accent dans le ministère de l’apôtre Paul quand Félix était saisi de conviction : « Mais, comme Paul discourait sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir, Félix, saisi de crainte, lui dit : Pour le moment, tu peux t’en aller ; quand j’en trouverai le temps, je te rappellerai » (Actes 24:25). La prédication de Paul était prophétique parce qu’elle exhortait Félix à se repentir.

Mythe 2 : La prophétie n’est donnée que par des gens remplis du Saint-Esprit.

Le Seigneur peut bien se servir de non croyants pour nous parler. S’agit-il de la prophétie ? Parfois. Considérez ce que dit Jean au sujet de quelqu’un qui cherchait à faire mourir Jésus :

« L’un d’eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit : Vous n’y entendez rien ; vous ne vous rendez pas compte qu’il est avantageux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas. Or, il ne dit pas cela de lui-même mais, étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation » (Jean 11:49-51).

Normalement, les gens qui exercent des dons spirituels dans l’église auront été baptisés dans le Saint-Esprit. Cela n’empêche pas quand même le Saint-Esprit de se servir de non croyants ou d’un âne (Nombres 22:28) pour nous adresser la parole de manière prophétique.

Mythe 3 : La prophétie se manifeste à un moment réservé pour les dons spirituels le dimanche matin.

Nous pensons reconnaître ce qui prophétique par la formule que l’on emploie (« Ainsi parle l’Éternel ») ou par la tonalité élevée ou par le caractère de la voix, mais le Seigneur nous adresse très souvent des paroles « prophétiques » de manières inaperçues. En effet, l’apôtre Pierre dit que les Écritures sont prophétiques (2 Pierre 1:19-20). Chaque fois que les Écritures sont lues et expliquées, nous entendons « la parole prophétique » (2 Pierre 1:19).

Pasteur John LindellCette semaine j’ai reçu dans ma boîte postale un nouveau numéro de Enrichment, une revue pour les pasteurs des Assemblées de Dieu. Un article sur la prédication par exposition a attiré mon attention. C’est, en effet, une interview avec deux pasteurs, parmi eux, John Lindell qui est devenu pasteur de James River Assembly of God en 1991 quand il n’y avait que 75 adeptes dans l’église. Aujourd’hui, environ 6.000 (six mille) adeptes se réunissent chaque dimanche à l’assemblée de James River à Ozark, Missouri. Un des facteurs de la croissance de cette église est l’accent sur la prédication par exposition. Pasteur Lindell prêche la Bible verset par verset ; les gens viennent par milliers pour entendre l’exposition des Écritures.

Concernant la prédication prophétique , Pasteur Lindell a dit ceci :

Le sommet de la prédication est atteint le moment où vous vous quittez vous-même, dans le sens que vous laissez à côté vos notes et vous savez que ce n’est plus vous qui parlez dans votre propre intelligence autant que le Seigneur qui parle à travers vous. Le sommet de la prédication se trouve dans ce moment d’inspiration. C’est une des raisons pourquoi je crois que l’emploi le plus important du don de la prophétie dans l’église est dans le pupitre , et non quelqu’un qui s’élève dans les bancs pour dire, « Ainsi parle l’Éternel », mais quelqu’un qui chaque semaine est debout dans le pupitre et qui dispense avec droiture la Parole de Dieu. Dans ce moment, ou à plusieurs moments dans le message, cet éclair d’inspiration quand l’Esprit vient sur le prédicateur et le porte avec les auditeurs au-delà de ce que le prédicateur pourrait faire dans sa propre capacité, c’est cela le sommet de la prédication.

Un prédicateur ne devrait pas chercher à faciliter ce moment ; c’est une action spontanée et authentique de Saint-Esprit. La conscience de soi empêche la liberté de l’Esprit. Quand un prédicateur est absorbé dans la tâche, c’est-à-dire prêcher le message de tout son cœur et de toute son âme, cela conduit à un oubli de soi qui crée une occasion pour Dieu de se servir du prédicateur dans une manière spéciale et surnaturelle. Tandis que beaucoup de prédicateurs se sont réjouis de ces moments quand l’Esprit a inspiré leur prédication, ces actions de Dieu peuvent avoir lieu sans que nous nous en rendions compte . À ce moment, c’est peut-être moins un miracle de parler et plus un miracle d’entendement. Ou bien, c’est un miracle de parler dont nous ne sommes pas au courant ou capables d’apprécier à cause d’une variété de circonstances.

Il y avait des moments dans la préparation de mes sermons que j’ai senti l’action de l’Esprit et j’ai cru que le sermon serait utilisé par Dieu d’une manière prophétique. Je dirais, quand même, que ces expériences sont plutôt l’exception à la règle. La plupart de mon expérience avec la prédication prophétique a eu lieu pendant le culte ; c’était inattendu . En général, c’est une surprise – du néant Dieu souffla et créa quelque chose.

Bien souvent, des gens me demandent : « Avez-vous un grand sermon aujourd’hui ? En avez-vous un bon feeling ? » Souvent je n’ai pas d’impression particulièrement positive concernant le sermon, et j’ai découvert que quand j’en ai une impression positive, j’ai devrais m’inquiéter. Il y a, donc, un mystère, et je crois que cela fait partie de l’aventure de la prédication. Vous ne savez pas ce que Dieu fera avec un sermon. C’est une question de prier : « Seigneur, permets que cette semence semée pleine de faiblesse soit ressuscitée pleine de force », et puis d’observer comment Dieu le fera. Observer ce que Dieu fera et avec vous et avec les auditeurs est une des grandes bénédictions et aventures de la prédication.[1]

[1] »Expositional Preaching – Connection With Today’s Postmodern Listener. Interview with John Lindell and Chris Lewis: Part One », Enrichment , Winter 2007, p. 155-156.

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Nouveau site « Berger de Tahiti » met l’accent sur la Polynésie française

Berger de Tahiti Large Web view
J’ai la joie de vous annoncer le lancement d’un nouveau blog : “Berger de Tahiti” (bergerdetahiti.wordpress.com). Ce blog mettra l’accent sur l’église en Polynésie française, particulièrement sur les Assemblées de Dieu de la Polynésie française. Les articles à ce propos qui ont été publié sur ce blog-ci, coeurdeberger.wordpress.com, seront transférés sur le nouveau site “Berger de Tahiti”.

Le blog “Coeur de berger” continuera à mettre l’accent sur la vie de l’église, tandis que le blog “Berger de Tahiti” mettra l’accent sur l’église en Polynésie française, surtout sur les Assemblées de Dieu.

À ne pas oublier, mon premier site www.coeurdeberger.org contient des études bibliques, des messages, des messages audio et des enseignements sur la vie et le ministère du berger.

En résumé, voici les trois sites :

  1. www.coeurdeberger.org – études, messages, messages audio, plus enseignements divers, sur la vie de berger.
  2. coeurdeberger.wordpress.com – réflexions sur la vie de l’église.
  3. bergerdetahiti.wordpress.com – réflexions sur la vie de l’église en Polynésie française.

Bonne lecture !