Nouveau site "Berger de Tahiti" met l’accent sur la Polynésie française

Berger de Tahiti Large Web view
J’ai la joie de vous annoncer le lancement d’un nouveau blog : “Berger de Tahiti” (bergerdetahiti.wordpress.com). Ce blog mettra l’accent sur l’église en Polynésie française, particulièrement sur les Assemblées de Dieu de la Polynésie française. Les articles à ce propos qui ont été publié sur ce blog-ci, coeurdeberger.wordpress.com, seront transférés sur le nouveau site “Berger de Tahiti”.

Le blog “Coeur de berger” continuera à mettre l’accent sur la vie de l’église, tandis que le blog “Berger de Tahiti” mettra l’accent sur l’église en Polynésie française, surtout sur les Assemblées de Dieu.

À ne pas oublier, mon premier site www.coeurdeberger.org contient des études bibliques, des messages, des messages audio et des enseignements sur la vie et le ministère du berger.

En résumé, voici les trois sites :

  1. www.coeurdeberger.org – études, messages, messages audio, plus enseignements divers, sur la vie de berger.
  2. coeurdeberger.wordpress.com – réflexions sur la vie de l’église.
  3. bergerdetahiti.wordpress.com – réflexions sur la vie de l’église en Polynésie française.

Bonne lecture !

Oops ! Pardon !

Je demande pardon aux abonnés pour les articles qui ont été envoyés de nouveau ; ce n’était pas intentionnel. J’ai appris qu’avec FeedBurner, le logiciel qui envoie les articles, toute correction ou modification provoque une réexpédition de l’article. Je cherche une solution. Merci de votre compréhension.

Ressources au sujet de l’abus spirituel

Book 200x132Nous avons considéré dans les articles ci-dessous plusieurs aspects de l’abus spirituel sans épuiser le sujet :

Je vous donne plusieurs ressources pour approfondir votre recherche.

Articles disponibles sur Internet (il suffit de cliquer sur le titre) :

Livres :

Le site « Make Up Your Mind » (« Faites-vous une opinion ») recommande les livres suivants. Il suffit de cliquer sur le titre pour trouver où vous pouvez les procurer. Vous pouvez également les commander de CLC France

Technorati Tags: , ,

Livre : Le pouvoir subtil de l’abus spirituel

On trouve beaucoup de sites qui font référence au livre Le pouvoir subtil de l’abus spirituel par David Johnson et Jeff Van Vonderen. Publié en anglais en 1991 et en français en 1998 par Éditions Jaspe (Québec), ce livre est reproduit en partie sur plusieurs sites, par exemple : le chapitre 5, « Identifier un système abusif » et le chapitre 6 « Lorsqu il est impossible de partir ».

Un écrivain, avant de citer le chapitre 5, « Identifier le système abusif », a fait le commentaire suivant :

…Dieu veut libérer son peuple qui doit prendre conscience qu’il aura des comptes à rendre à Dieu s’il accepte de se laisser ôter son autorité et ses dons, se mettre sous le joug des Nicolaïtes : Les Pharisiens nouvelle moûture [sic] s’adaptant à l’Église…

Il ne s’agit en aucun cas d’encourager une rébellion face aux autorités établies par Dieu, ou une errance d’une assemblée à une autre, parce que la sienne n’est pas parfaite. Il s’agit de rappeler au peuple de Dieu que d’accepter des jougs qui ne sont pas de Dieu, et une démission face à sa responsabilité de disciple, ce n’est pas de la soumission, c’est de la démission. Je rappelle ce que disait Néhémie : « … Ils raidirent leur nuque et, dans leur rébellion, ils se donnèrent un chef pour retourner à leur esclavage… » (Né 9:17).
Obéir aveuglément à certains chefs religieux, sans chercher à savoir si telle est vraiment la volonté de Dieu pour nous, peut être considéré par Dieu, non comme de l’obéissance, mais comme de la rébellion contre Lui ! Qu’on y réfléchisse !

Voici quelques extraits importants de ce chapitre, « Identifier le système abusif » :

« Plusieurs trouvent le courage de quitter une église abusive, mais ils auront vite fait de se joindre à une autre église du même genre, ou encore ils s’épuiseront à dénoncer cette même dynamique qui dominait le milieu auquel ils venaient à peine d’échapper. Les relations entre les gens qui font partie d’un environnement religieux abusif sont soumises aux dynamiques suivantes:

1. La revendication du pouvoir

La première caractéristique d’un système religieux abusif, c’est l’accent qui est placé sur le pouvoir. Cela veut simplement dire que les dirigeants sont très centrés sur leur propre autorité et qu’ils passent beaucoup de temps à se rappeler à eux-mêmes et aux autres l’importance de leur position. Il leur est nécessaire d’agir ainsi car leur autorité spirituelle n’est pas authentique, ni fondée sur un vrai caractère chrétien ; ce n’est qu’un titre.

Il est évident qu’il y a plusieurs dirigeants dans le corps de Christ à qui Dieu a donné l’autorité de prendre soin du troupeau, et c’est pour cette raison que les gens vont les suivre. Ils conduisent les gens à la liberté. Malheureusement, certains autres sont élus au poste de dirigeant sans démontrer aucune autorité réelle pour libérer les gens. Ils dépensent beaucoup d’énergie à élever leur position d’autorité et à insister pour que les gens s’y soumettent. Le fait qu’ils attachent une telle importance à la soumission à leurs paroles et à leur « autorité » est un indice qu’ils agissent de leur propre chef.

2. Obsédés par les accomplissements religieux

Dans les milieux spirituels abusifs, le pouvoir est placé sur un piédestal et l’autorité a force de loi. C’est la raison pour laquelle ces systèmes sont tellement axés sur les actes religieux de leurs membres. L’obéissance et la soumission y sont des mots importants que l’on y utilise très souvent.

Pour plusieurs raisons, les gens vont parfois exécuter des ordres dans le seul but d’éviter l’humiliation, de gagner l’approbation de quelqu’un ou de garder intact leur statut personnel ou celui de l’église. Ceci n’est pas la vraie obéissance, ni la vraie soumission. C’est plutôt une recherche de conformité. Lorsqu’une action est imposée de l’extérieur plutôt que de jaillir d’un cœur rempli d’amour pour Dieu, il ne peut être question d’obéissance. Ce n’est que de la faiblesse conformiste qui plie devant une pression extérieure.

3. Les règles sous-entendues

Dans les milieux spirituels abusifs, la vie des gens est contrôlée de l’extérieur par le moyen de règles verbales ou sous-entendues. Les églises ou les familles disfonctionnelles sont gouvernées par ces règles sous-entendues : c’est-à-dire qu’on ne les exprime pas ouvertement. C’est pourquoi on ne peut soupçonner leur existence jusqu’à ce qu’on les enfreigne.

Par exemple, personne, dans une réunion d’église, n’oserait affirmer ouvertement : « Vous savez, vous ne devez jamais être en désaccord avec le pasteur ou avec ses sermons et si cela se produisait, vous ne pourriez être dignes de confiance, ni exercer de ministère dans cette église. »

Dans ce cas, la règle sous-entendue est : ne soyez pas en désaccord avec les autorités de l’église et spécialement avec le pasteur sinon votre loyauté sera remise en question. Ces règles doivent demeurer sous-entendues, car si elles étaient examinées à la lumière d’un dialogue intelligent, leur nature illogique, pernicieuse et contraire au christianisme apparaîtrait vite. Ainsi, le silence devient le mur de protection de cette forteresse, couvrant le pasteur et le pouvoir relié à sa position, tout cela sans risque de contestation.

Si toutefois vous exprimiez votre désaccord ouvertement ou en public, le silence serait rompu et vous seriez probablement punis. Vous découvririez alors accidentellement qu’il y avait bel et bien une règle, même si elle est sous-entendue. Lorsque vous découvrez ainsi, par hasard, une règle sous-entendue, vous devez en subir les conséquences : ou bien vous serez par la suite ignorés (négligés, mis de côté, évités) ou vous vous heurterez au mur du légalisme agressif (vous serez questionnés, censurés publiquement, mis à la porte et dans les cas extrêmes vous serez maudits). Les règles sous-entendues ont une puissance incroyable.

Votre vie est peut-être actuellement sous l’effet de certaines d’entre elles.

La règle du silence

La plus puissante de toutes les règles sous-entendues, c’est celle du silence. Elle contient à la base cette pensée : « On ne peut pas exposer le vrai problème car il faudrait ensuite le régler et pour cela, apporter certains changements ; alors il vaut mieux le protéger dernière le mur du silence (la négligence) ou encore au moyen d’assauts (les attaques légalistes). Si vous décidez de parler ouvertement du problème, c’est vous qui devenez le problème. On devra alors vous garder sous silence ou vous éliminer. Ceux qui osent parler ouvertement seront vite repris : « Nous n’avions pas tous ces problèmes jusqu’à ce que vous ouvriez votre bouche. Tout allait bien jusqu’à ce que vous commenciez à vous agiter la langue. » Ou encore, pour avoir une apparence plus spirituelle : « Vous étiez en colère et vous n’avez pas abordé la situation dans une attitude d’amour. Cela prouve que vous n’avez pu traiter la question d’une façon adulte et chrétienne. » La vérité, c’est que lorsque les gens parlent ouvertement des problèmes, ils ne les causent pas, ils les exposent simplement.

Dans les milieux spirituels abusifs, il existe une « soi-disant paix » que le prophète Jérémie a dénoncé dans ces termes : « Les prophètes disent paix, paix, mais il n’y a pas de paix. » Si notre lien d’unité consiste à prétendre que nous sommes d’accord alors que nous ne le sommes pas, il ne nous reste qu’une fausse paix et une fausse unité jalonnée de tensions et de médisances. Ceci est loin de « préserver l’unité de la paix par le lien du Saint-Esprit », ce qui devrait être la marque des églises chrétiennes en bonne santé.

Tout cela pour dire que tous les sujets devraient être ouverts à la discussion. Que nous soyons en accord ou en désaccord sur certains points, le dialogue doit demeurer ouvert si les deux parties le désirent. Nous pourrons toutefois interrompre le débat pour un certain temps si la tension est trop forte. L’important, c’est que les deux prennent ensemble cette décision. Si le vrai lien de l’unité est le Saint-Esprit et l’amour les uns envers les autres, alors il est possible d’être en désaccord sans que notre unité en soit affectée.

La « loi du silence » cherchera toujours à blâmer la personne qui parle ouvertement et la punition qu’on lui inflige aura pour effet d’inciter les autres à demeurer silencieux.

Trop d’églises propagent cette intimidation : « Le problème n’est pas que vos droits ont été violés, mais que vous avez parlé. Si vous n’aviez pas fait une si grosse histoire de tout cela, tout irait bien. » Toute personne qui accepte ce message gardera le silence. Toutefois, le vrai problème, c’est que si les chrétiens dont les droits ont été violés n’en parlent pas, le propagateur de ces abus ne sera jamais tenu responsable de ses mauvais comportements. Et les victimes seront dans l’obligation de garder secrètes la douleur et la colère causées par ces abus. Même si certains dirigeants préfèrent ne jamais être remis en question, le fait demeure que cet environnement deviendra un piège qui amènera leur chute. Si le fait d’exposer des problèmes constitue un acte déloyal, un manque de soumission, une tentative d’amener la division et un affront à l’autorité, c’est qu’il n’y a qu’une paix apparente et une unité artificielle. Dans ces circonstances, les blessures ne guériront jamais et l’abus va continuer d’augmenter. Si les dirigeants ne sont pas redevables de leurs actes, alors il s’agit d’un système en opposition avec la liberté qui se trouve en Jésus-Christ. Le passage de l’épître de Jacques deviendrait donc invalide : « Qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement » (Jacques 3 : 1). Les dirigeants sont plus redevables à cause de leur position, d’autorité et non pas moins redevables. Pourquoi ? Parce que si vous êtes un dirigeant, les gens vont vous suivre et vont agir de la même manière que vous. C’est comme si vous vous reproduisiez spirituellement. Quelle sorte de rejetons produisez-vous ?

4. Un manque d’équilibre

La quatrième caractéristique d’un milieu spirituel abusif est une approche déséquilibrée de la vie chrétienne quotidienne. Cette tangente se manifeste sous deux aspects:

Une objectivité exagérée

Dans le premier cas, on élève une vérité objective en excluant les expériences subjectives valides. Nous pouvons constater ce phénomène dans les systèmes religieux où l’action du Saint-Esprit est reconnue sur une base théologique, mais ignorée ou rejetée au niveau pratique. Cette approche de la spiritualité crée un cadre dans lequel l’autorité s’acquiert par l’éducation ou par les capacités intellectuelles plutôt que sur l’intimité avec Dieu ou l’obéissance et la sensibilité à son Esprit.…

Une subjectivité exagérée

À l’autre extrême, se trouvent les gens pour qui la vie chrétienne n’est que subjectivité. Ils jugent de ce qui est digne de foi sur la base de leurs sentiments et expériences, leur accordant plus de poids que les déclarations contenues dans la Bible. Dans ce système, personne ne peut connaître et comprendre la vérité (même si en réalité, ils connaissent et comprennent déjà) sans que les dirigeants « aient d’abord reçu des révélations spirituelles venant du Seigneur » et les « aient transférées » ensuite aux individus. Il est aussi énormément important, dans ce système, d’agir selon « la parole inspirée » que le dirigeant a reçue pour vous, que la connaissance de la vérité que vous trouvez dans les Écritures ou que vous avez apprise au cours de votre croissance chrétienne. Personnellement, nous croyons que Dieu peut nous parler encore aujourd’hui au moyen de « paroles de sagesse » et de « paroles de connaissance » données par des hommes et des femmes sensibles à son Saint-Esprit. Mais ces « paroles » n’occupent pas automatiquement le même niveau d’autorité que celles de Paul, Pierre, Jacques ou Jean, contenues dans la Bible qui est la Parole même de Dieu. La seule façon de vous assurer qu’une « parole » est vraiment pour vous, c’est de la puiser dans la Parole du Seigneur, c’est-à-dire : les Écritures. Encore là, il n’est jamais honnête d’utiliser la Bible pour manipuler les gens : « J’étais en train de lire le récit d’Ananias et Saphira et tu es venu dans mes pensées. Es-tu certain que tu donnes assez d’argent à l’église ? »

Le fait qu’une personne utilise la Parole de Dieu ne signifie pas nécessairement qu’elle a une « parole » venant du Seigneur pour vous. Une parole du Seigneur qui contient des directives, des corrections ou des indices pour vous guider, doit vous être confirmée par le Saint-Esprit qui habite en vous. Jusqu’à ce que cette confirmation vous soit donnée, vous ne devriez pas considérer cette parole comme venant du Seigneur, même si elle vous a été communiquée par le pasteur ou par un ancien de l’église. Et il est encore plus dangereux de recevoir et d’agir suite à une directive spirituelle que vous avez reçue, simplement parce que vous « devez être soumis », ou parce que celui qui vous l’a communiquée occupe un poste d’autorité. Dieu seul doit avoir le dernier mot. C’est à lui que nous avons à répondre.

Comme pour l’approche objective extrémiste, les chrétiens qui sont trop subjectifs ont aussi leur propre façon de voir certains aspects de la vie. L’éducation, par exemple est souvent perçue comme mauvaise ou inutile. Certains sont presque fiers de ne pas être éduqués et ils regardent avec dédain tous ceux qui le sont. Tout ce dont nous avons besoin d’apprendre peut nous être enseigné par le Saint-Esprit. « Après tout, Pierre et Timothée n’ont reçu aucune éducation universitaire et ils n’ont étudié à aucun séminaire… »

En vérité, Pierre a justement été dans un séminaire où la vérité objective et les expériences subjectives lui ont été enseignées par Jésus. Le professeur de Timothée était l’apôtre Paul. À leur époque, on communiquait l’enseignement par la méthode rabbinique, c’est-à-dire que l’étudiant vivait avec son enseignant, son mentor spirituel. Le cours de disciple a duré trois ans pour Pierre. Quant à Timothée, il continuait à recevoir de la formation par correspondance, même après qu’il ait été en charge d’une église !

Dans sa deuxième lettre, Paul lui écrit : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense droitement la Parole de vérité. ». Une autre version de la Bible « King James » traduit ce passage en disant : « Étudie afin d’être approuvé… » ( 2 Timothée 2:15). Il est important d’étudier la Parole de Dieu. Cela n’est pas une mauvaise chose, mais une bonne chose d’acquérir des outils efficaces pour pouvoir utiliser correctement la Parole de Dieu. Soyez prudents avec ceux qui insistent sur le fait de ne pas être éduqués ou encore de recevoir de l’éducation seulement dans certaines écoles. Sous la couverture d’une « lumière supérieure » venant du Saint-Esprit, il s’agit peut-être d’un professeur qui ne se laisse enseigner par personne, à cause de sa perception limitée de la réalité.

Technorati Tags: ,

Actualités des églises : Le vrai prophète selon la Bible.

Moses Orange 248x232Le site suivant a un article intéressant sur le vrai prophète selon la Bible : 

Actualités des églises: Le vrai prophète selon la Bible. Je reproduis l’article avec autorisation.

Quels sont les critères d’un vrai prophète selon la Bible ? Comment distinguer un vrai prophète d’un faux prophète ?

Au moment où s’élèvent tant de voix prophétiques souvent discordantes, il nous semble important de rappeler, dans ce bref article, quels sont les critères bibliques nous permettant de reconnaître les vrais prophètes de Dieu.

Qu’est-ce qu’un prophète ?

Dans l’Ancien Testament, le prophète (« nabhi » en Hébreu, et « prophetès » en Grec) est considéré comme le porte-parole de Dieu, celui qui parle à la place de Dieu.

Le prophète ne parle jamais de lui-même, mais il parle en tant que représentant de Dieu, ayant un message divin à délivrer au peuple du Seigneur. C’est un homme qui a reçu une révélation divine directe, des paroles directement inspirées par Dieu, paroles qu’il est appelé à transmettre fidèlement, qu’il soit écouté ou non.

Le prophète est donc un homme appelé par Dieu pour effectuer une mission particulière : transmettre la Parole de Dieu dans sa pureté et dans son intégralité.

« L’Eternel dit à Moïse : Vois, je te fais Dieu pour Pharaon : et Aaron, ton frère, sera ton prophète. Toi, tu diras tout ce que je t’ordonnerai ; et Aaron, ton frère, parlera à Pharaon, pour qu’il laisse aller les enfants d’Israël hors de son pays » (Exode 7 : 1-2).

« Tu lui parleras, et tu mettras les paroles dans sa bouche ; et moi, je serai avec ta bouche et avec sa bouche, et je vous enseignerai ce que vous aurez à faire. Il parlera pour toi au peuple ; il te servira de bouche, et tu tiendras pour lui la place de Dieu » (Exode 4 : 15-16).

Ces deux passages montrent clairement le fonctionnement du ministère prophétique : Dieu met littéralement Ses Paroles dans la bouche du prophète, qui doit les transmettre au peuple telles que le Seigneur les lui a données. Le prophète doit dire tout ce que le Seigneur lui a ordonné de dire.

Il s’agit d’une grande responsabilité. Le prophète doit veiller à ne rien ajouter, et à ne rien retrancher, aux Paroles que le Seigneur lui a demandé de transmettre. Il doit fidèlement exprimer le message divin.

Cette fidélité est d’ailleurs un gage d’infaillibilité de la parole donnée. Le vrai prophète, qui s’exprime au Nom de l’Eternel, sait que les paroles qu’il transmet sont celles du Seigneur Lui-même. Elles sont revêtues de toute l’autorité divine, comme si Dieu S’était exprimé Lui-même directement. Ces paroles doivent donc s’accomplir intégralement.

Le ministère du vrai prophète selon la Bible.

1. L’accent sur l’obéissance et la fidélité.

Le vrai prophète met toujours l’accent sur l’obéissance au Seigneur et à Sa Parole. Il rappelle constamment la relation indispensable qui doit exister entre l’obéissance et le culte considéré comme acceptable par le Seigneur.

Le Seigneur Se soucie toujours d’abord de l’obéissance de Son peuple. Mais il s’agit d’une obéissance de cœur, et pas simplement d’une obéissance légaliste et rituelle. Le simple fait de respecter certaines règles et pratiques ne suffit pas. Il faut que la vie de l’adorateur de Dieu traduise l’obéissance de son cœur.

Le prophète Samuel dit à Saül :

« L’Eternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices, comme dans l’obéissance à la voix de l’Eternel ? Voici, l’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l’observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers. Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l’est pas moins que l’idolâtrie et les théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de l’Eternel, il te rejette aussi comme roi » (1 Samuel 15 : 22-23).

L’obéissance à la Parole de Dieu implique que cette Parole soit d’abord connue par le peuple. L’une des missions essentielles du prophète est d’expliquer et d’interpréter correctement la Parole du Seigneur pour le peuple.

Le vrai prophète est donc avant tout caractérisé par un amour profond pour le Seigneur, pour Sa Parole, et donc pour la Vérité.

Le péché étant fondamentalement la désobéissance à la Parole de Dieu, le prophète est aussi appelé à constamment dénoncer le péché, et à reprendre le peuple qui s’égare. Il rappelle les jugements divins sur les rebelles, exhorte, reprend, censure, avec une pleine autorité. Il appelle à la repentance ceux qui se sont égarés. Il apporte aussi un message de pardon et de consolation pour tous ceux qui se repentent.

2. L’accent sur la prédiction d’événements futurs.

Dans la Bible, les prophètes apportent aussi de nombreuses prédictions sur l’avenir d’Israël, des nations et sur l’âge messianique à venir.

Ces prédictions leur ayant été directement révélées par le Seigneur, elles ne pouvaient manquer de s’accomplir à 100 %. La Bible ne connaît aucunement la notion de « prophète qui peut se tromper » ! Il s’agit d’une notion moderne introduite par certains faux prophètes actuels, qui ont inventé une nouvelle catégorie de prophètes, que la Bible ne connaît pas : celle des prophètes faillibles ! Quelle manière honteuse de dégrader un aussi beau ministère !

N’importe qui peut être un prophète faillible ! Il suffit d’être doué d’une bonne capacité de discernement pour annoncer d’avance, en des termes souvent assez flous, des événements baptisés « prophéties. »

Ce sont des hommes auxquels Dieu n’a jamais parlé. Car s’Il leur avait parlé, leurs paroles seraient parfaitement claires, et les événements prédits se seraient tous fidèlement accomplis à la lettre !

Dans ces conditions, le ministère de prophète ne fait pas de celui-ci un homme populaire. Pratiquement tous les prophètes de la Bible ont été rejetés ou mis à mort, car ils prononçaient des paroles que la plupart de leurs auditeurs ne voulaient pas entendre, contrairement aux faux prophètes, qui flattaient l’oreille d’un public avide de les entendre.

Malgré cela, les prophètes ne pouvaient se retenir, car un feu divin brûlait dans leurs entrailles !

« Si je dis : Je ne ferai plus mention de lui, je ne parlerai plus en son nom, il y a dans mon cœur comme un feu dévorant qui est renfermé dans mes os. Je m’efforce de le contenir, et je ne le puis » (Jérémie 20 : 9).

« Car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pierre 1 : 21).

Le vrai prophète de Dieu est donc un homme appelé à transmettre fidèlement la Parole que Dieu lui a clairement révélée. C’est une sentinelle postée sur le rempart, appelée à sonner la trompette pour dénoncer l’ennemi et l’apostasie.

A l’inverse, le faux prophète, qui peut aussi prétendre s’exprimer au Nom de l’Eternel, parle de son propre cœur. Il n’a reçu aucune révélation divine, et ne s’exprime donc pas sous l’inspiration de Dieu.

« Alors Sédécias, fils de Kenaana, s’étant approché, frappa Michée sur la joue, et dit : Par où l’esprit de l’Eternel est-il sorti de moi pour te parler ? » (1 Rois 22 : 24).

« Dans la même année, au commencement du règne de Sédécias, roi de Juda, le cinquième mois de la quatrième année, Hanania, fils d’Azzur, prophète, de Gabaon, me dit dans la maison de l’Eternel, en présence des sacrificateurs et de tout le peuple : Ainsi parle l’Eternel des armées, le Dieu d’Israël : Je brise le joug du roi de Babylone ! » (Jérémie 28 : 1-2).

« Et Jérémie, le prophète, dit à Hanania, le prophète : Ecoute, Hanania ! L’Eternel ne t’a point envoyé, et tu inspires à ce peuple une fausse confiance. C’est pourquoi ainsi parle l’Eternel : Voici, je te chasse de la terre ; tu mourras cette année ; car tes paroles sont une révolte contre l’Eternel. Et Hanania, le prophète, mourut cette année-là, dans le septième mois » (Jérémie 28 : 15-17).

« Je n’ai point envoyé ces prophètes, et ils ont couru ; Je ne leur ai point parlé, et ils ont prophétisé. S’ils avaient assisté à mon conseil, ils auraient dû faire entendre mes paroles à mon peuple, et les faire revenir de leur mauvaise voie, de la méchanceté de leurs actions » (Jérémie 23 : 21-22).

Il est donc de la plus haute importance que le peuple de Dieu sache distinguer un vrai prophète d’un faux prophète. Fort heureusement, le Seigneur n’a pas laissé Son peuple à la merci des loups ravisseurs. Il a donné, dans Sa Parole, toute une série de critères permettant de reconnaître un vrai prophète, et donc de reconnaître et de rejeter un faux prophète.

C’est la méconnaissance ou la non-observation de ces critères qui explique pourquoi le peuple du Seigneur peut être séduit par tant de faux prophètes.

Quelles sont donc les caractéristiques bibliques du vrai prophète ?

La Bible nous donne clairement les caractéristiques du vrai prophète de Dieu.

Il est d’une importance capitale de bien comprendre que tous ces critères doivent s’appliquer au vrai prophète, sans en omettre un seul ! Le faux prophète peut correspondre à presque tous ces critères, mais jamais à tous, alors que le vrai prophète correspondra toujours à tous ces critères, sans aucune exception.

Le vrai prophète est conscient d’un appel divin précis.

Il a reçu une claire révélation du Seigneur et de Sa Parole. Il le sait, d’une manière absolue et indubitable.

« Amos répondit à Amatsia : Je ne suis ni prophète, ni fils de prophète ; mais je suis berger, et je cultive des sycomores. L’Eternel m’a pris derrière le troupeau, et l’Eternel m’a dit : Va, prophétise à mon peuple d’Israël » (Amos 7 : 14-15).

« Samuel grandissait. L’Eternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles. Tout Israël, depuis Dan jusqu’à Beer-Schéba, reconnut que Samuel était établi prophète de l’Éternel » (1 Samuel 3 : 19-20).

Puisque c’est Dieu qui Se révèle directement à Son prophète, il est clair que l’on ne peut « apprendre à être prophète » ! Tous les prophètes ont reçu un appel divin clair et précis. Les « écoles de prophètes » sont des inventions humaines.

Le vrai prophète parle clairement au Nom de l’Eternel, uniquement par révélation ou inspiration divine.

Il ne se contente pas de donner une impression personnelle, ou une probabilité d’occurrence d’un événement futur. Dieu lui a parlé. Il le sait. Il répète fidèlement les Paroles de Dieu, sans en omettre ni en rajouter une seule.

Le vrai prophète ne parle que quand Dieu lui a parlé. Il peut avoir reçu une vision ou un songe, ou avoir directement reçu la Parole du Seigneur. Dieu est maître du moyen qu’Il choisit pour communiquer Sa Parole à Son prophète. L’essentiel est de savoir que la parole que transmet le prophète est véritablement la Parole de Dieu.

Parlant au Nom de l’Eternel, le vrai prophète ne peut donc que faire référence au vrai Dieu de la Bible, au vrai Jésus, et au véritable Saint-Esprit. Un prophète qui accomplit de vrais miracles, mais qui annonce un autre Dieu, un autre Jésus, un autre Evangile ou un autre Esprit, ne peut être un vrai prophète.

Le message du prophète est toujours conforme à la Parole de Dieu, la Bible.

Le vrai prophète ne fait jamais état d’une « révélation nouvelle » qui ne figure pas clairement dans la révélation écrite déjà donnée par le Seigneur, la Bible.

Aux époques bibliques, les révélations divines apportées par les prophètes correspondaient toujours aux révélations divines déjà reçues auparavant, et suivaient le fil directeur de la pensée de Dieu. Tous les rédacteurs de la Bible ont été des prophètes. Leurs paroles et leurs écrits qui nous sont conservés dans la Bible ont été entièrement inspirés, dans le fond comme dans la forme.

Aujourd’hui, la Bible est achevée. Un prophète ne peut donc que confirmer ou expliquer ce qui est déjà écrit, et n’apportera jamais de révélation nouvelle. « Tout est accompli. »

Souvent, le peuple du Seigneur manifeste sa rébellion cachée par le fait qu’il ne se contente pas de la révélation divine déjà donnée par la Bible, la Parole de Dieu. Il n’accepte pas qu’elle soit pleinement suffisante, et recherche avidement des nouveautés qui ne sont que des mensonges.

« Car c’est un peuple rebelle, ce sont des enfants menteurs, des enfants qui ne veulent point écouter la loi de l’Eternel, qui disent aux voyants : Ne voyez pas ! Et aux prophètes : Ne nous prophétisez pas des vérités, dites-nous des choses flatteuses, prophétisez des chimères ! Détournez-vous du chemin, écartez-vous du sentier, éloignez de notre présence le Saint d’Israël ! » (Esaïe 30 : 9-12).

Le vrai prophète prophétise la Vérité de la Parole. Il indique le Chemin de la Parole, car c’est par Sa Parole que Se révèle d’abord le Saint d’Israël !

Le message du prophète de l’Eternel est donc toujours un message pur et saint, un message spirituel de haute tenue et de haute valeur morale. Car c’est Dieu qui parle par sa bouche.

C’est parce que le peuple de Dieu ne connaît pas la Parole du Seigneur qu’il se laisse facilement séduire par les faux prophètes. Il ne peut ou ne veut contrôler la parole de ces faux prophètes, en la comparant à la Parole de Dieu, la Bible.

La parole du vrai prophète est authentifiée par des signes et des miracles.

[NOTE : Le plus grand des prophètes n’a fait aucun miracle. « Beaucoup de gens vinrent à lui, et ils disaient : Jean n’a fait aucun miracle ; mais tout ce que Jean a dit de cet homme était vrai » (Jean 10:41). « Qu’êtes-vous donc allés (faire) ? Voir un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. Car c’est celui dont il est écrit : Voici, j’envoie mon messager devant ta face, pour préparer ton chemin devant toi. En vérité je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui » (Matthieu 11:9-11). J. Gary Ellison]
Il suffit de relire l’histoire de Moïse, de Samuel, d’Elie, d’Elisée, d’Esaïe, d’Ezéchiel, et, en fait, de tous les prophètes, pour constater que Dieu confirme Sa Parole par les miracles qu’accomplissent Ses envoyés.

Toutefois, les faux prophètes peuvent aussi accomplir des miracles et des signes. Mais ils ne correspondent pas à tous les critères bibliques caractérisant les vrais prophètes, notamment sur le plan de leur message.

« S’il s’élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t’annonce un signe ou un prodige, et qu’il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t’a parlé en disant : Allons après d’autres dieux, des dieux que tu ne connais point, et servons-les ! tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c’est l’Eternel, votre Dieu, qui vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimez l’Eternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme. Vous irez après l’Eternel, votre Dieu, et vous le craindrez ; vous observerez ses commandements, vous obéirez à sa voix, vous le servirez, et vous vous attacherez à lui. Ce prophète ou ce songeur sera puni de mort, car il a parlé de révolte contre l’Eternel, votre Dieu, qui vous a fait sortir du pays d’Egypte et vous a délivrés de la maison de servitude, et il a voulu te détourner de la voie dans laquelle l’Eternel, ton Dieu, t’a ordonné de marcher. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi » (Deut. 13 : 1-5).

La venue d’un faux prophète accomplissant de vrais miracles, mais sans annoncer la pure Parole de Dieu, représente donc une mise à l’épreuve du peuple de Dieu, voulue par le Seigneur. Celui-ci veut voir si Son peuple préfère courir après les signes et les miracles, ou s’il reste fidèle à Sa Parole.

La manifestation de faux prophètes au milieu des enfants de Dieu est donc un test d’obéissance, que doit passer victorieusement le peuple du Seigneur.

L’Histoire confirme toujours la véracité des paroles du vrai prophète.

Les prophéties annoncées par les vrais prophètes de Dieu s’accomplissent toutes fidèlement, notamment si elles comportent des précisions de dates et de lieux. Celles qui ne se sont pas encore accomplies s’accompliront certainement, car il s’agit de la Parole de Dieu.

« Si un prophète prophétise la paix, c’est par l’accomplissement de ce qu’il prophétise qu’il sera reconnu comme véritablement envoyé par l’Eternel » (Jérémie 28 : 9).

La notion moderne de « prophète faillible » est complètement inconnue dans la Bible. Cette notion résulte sans doute d’une mauvaise interprétation de l’exhortation de Paul : « Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon » (1 Thes. 5 : 20-21).

Paul parle ici du don de prophétie dans l’Eglise de la Nouvelle Alliance. Ce don de prophétie, qui est l’une des manifestations de l’Esprit, est différent du ministère de prophète.

Paul définit le don de prophétie de la manière suivante :

« Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie. En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des mystères. Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console » (1 Cor. 14 : 1-3).

Le don de prophétie est le don spirituel qui consiste à parler aux hommes sous l’inspiration de l’Esprit, pour les édifier, les exhorter et les consoler. Tout Chrétien peut recevoir et exercer ce don, sans avoir reçu l’appel au ministère de prophète. Dans son exercice, le véritable don de prophétie peut être mélangé à des manifestations de la chair, ce qui nécessite le discernement de l’assemblée, afin de retenir ce qui est bon, qui est vraiment inspiré par l’Esprit, et rejeter ce qui est mauvais, qui est inspiré par la chair.

Celui qui exerce le don de prophétie ne peut donc pas affirmer qu’il parle « au Nom de l’Eternel » si toutes ses paroles ne lui ont pas été directement révélées ou inspirées par le Seigneur. Tandis que le prophète, quand il parle au Nom de l’Eternel, le fait parce qu’il a réellement reçu une révélation divine, ou une inspiration divine. C’est pour cette raison qu’une prophétie, ou une prédiction, apportée au Nom de l’Eternel par un vrai prophète, s’accomplira toujours infailliblement.

Le non-accomplissement d’une prophétie faite au Nom de l’Eternel caractérise donc le faux prophète. Le vrai prophète n’est pas infaillible en tant qu’homme, dans tout ce qu’il dit et tout ce qu’il fait. Mais c’est la parole qu’il apporte à un moment donné de la part de l’Eternel, sous inspiration divine, qui est toujours une parole infaillible.

Le vrai prophète peut être identifié par le témoignage de son caractère moral.

Un vrai prophète de Dieu offre le témoignage d’une vie personnelle pure et sainte. Il produit le fruit de l’Esprit dans sa vie.

Les faux prophètes présentés dans la Bible sont toujours des hommes dont la conduite est immorale ou impure. Jésus a dit à Ses disciples, à propos des faux prophètes :

« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Matthieu 7 : 15-20).

Voici comment la Bible définit le « bon fruit » que nous devons juger dans la vie des prophètes, comme dans la vie de tout véritable Chrétien :

« Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit » (Galates 5 : 22-25).

Il n’est pas toujours facile de constater le bon fruit dans la vie personnelle d’un prophète. Il faut pour cela pouvoir connaître l’homme d’une manière intime et personnelle. Mais un bon fruit ne peut rester caché, ni un mauvais fruit.

Il ne faut donc pas nous contenter d’écouter les paroles d’un prophète, ni de lire ses écrits. Il faut aussi que nous puissions nous informer réellement de ses actes, et de sa vie personnelle.

Le message d’un vrai prophète est toujours confirmé par le Saint-Esprit dans le cœur des brebis du Seigneur.

Jésus a dit :

« Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés » (Jean 10 : 7-8). « Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers » (verset 5).

« Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui » (Jean 7 : 17-18).

Une vraie brebis du Seigneur cherche toujours à faire la volonté de son Dieu. La promesse du Seigneur est formelle : Ses brebis connaîtront toujours si la parole d’un prophète vient bien de leur Père céleste !

Les prophètes dans le Nouveau Testament.

Certains disent qu’aujourd’hui le ministère de prophète est terminé. Toutefois, ce n’est pas ce que dit la Bible. Dans le Nouveau Testament, le ministère de prophète est clairement appelé à continuer. Avec, en particulier, celui des apôtres, ce ministère constitue même un élément essentiel de la vie spirituelle de l’Eglise.

« Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ » (Ephésiens 8 : 11-15).

Jésus nous a avertis qu’à la fin des temps, de nombreux faux prophètes feront leur apparition. En effet, la fin des temps est un temps d’apostasie et de ténèbres spirituelles. C’est une époque qui nécessite donc aussi, et plus que jamais, la manifestation de vrais prophètes de l’Eternel, pour dénoncer l’apostasie et faire briller la vraie lumière de la Parole de Dieu. Dieu y veillera jusqu’à la fin. Même si les vrais prophètes sont très peu nombreux, leur voix retentira toujours jusqu’au retour du Seigneur. Elle sera reconnue par ceux qui ont des oreilles pour entendre.

« Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables » (2 Tim. 4 : 1-4).

« Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience » (1 Tim. 4 : 1-2).

« Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d’eux. Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point » (2 Pierre 2 : 1-3).

« Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Eglise du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20 : 28-30).

« Car je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. Car, si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Evangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien » (2 Cor. 11 : 2-4).

« Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Evangile. Non pas qu’il y ait un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Evangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Galates 1 : 6-9).

Si les faux prophètes abondent actuellement, les brebis du Seigneur doivent rester en paix. Car le Seigneur Lui-même leur donnera le discernement et les gardera jusqu’à la fin !

« Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » (Apoc. 3 : 10-11).

Frères et sœurs de la véritable Eglise de Jésus-Christ, gardons précieusement Sa Parole, par amour pour notre Sauveur et Seigneur, qui est la Vérité ! Il nous gardera fidèles et, par Sa grâce, nous saurons reconnaître les faux prophètes, parce que nous aimons la Parole de Dieu. Nous saurons aussi reconnaître les vrais prophètes qui nous parleront de la part de l’Eternel ! A Lui soit la gloire.

Article de Parole de Vie.

Reproduction autorisée, pourvu qu’elle soit intégrale, et que la source soit indiquée.

(Parole de vieDisclaimer) ajoutée le 2006-02-05

Caractéristiques du leader abusif

AbusDans leur livre excellent sur Les abus spirituels, Pascal Zivi et Jacques Poujol définissent le terme :

Le petit Larousse illustré donne les définitions suivantes du mot abus : « Excès préjudiciable à la collectivité, à la société ; une injustice causée par le mauvais usage qui est fait d’un droit, d’un pouvoir. »

L’abus spirituel est une injustice émanant du mauvais usage que certains pasteurs, prêtres ou autres responsables chrétiens, font des droits et des pouvoirs associés à leur fonction. Ces personnes en situation d’autorité causent, dans ce cas-là, un préjudice énorme aux membres de leur communauté.[1]

L’abus spirituel est donc un acte d’un ministère de culte « qui outrepasse le pouvoir qui lui a été confié » (cf. Le Petit Robert : « abus »).  À la page 47, les auteurs donnent neuf « caractéristiques du dirigeant qui pratique l’abus spirituel ». Je vous les donne avec des commentaires et des versets bibliques ajoutés. Leur explication suivra la liste de caractéristiques.

Quelles sont les caractéristiques du responsable d’église qui pratique l’abus spirituel ?

1.    Personnalité charismatique, il possède d’énormes facultés de séduction.

Une assurance ou forte présence n’indique pas que l’on a raison. La Bible nous avertit concernant les beaux parleurs qui savent séduire les gens :

« Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, contrairement à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux. Car de tels hommes ne servent pas Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ; par de bonnes paroles et par des éloges, ils séduisent les coeurs des gens sans malice » (Romains 16:17-18).
« Ainsi nous ne serons plus des enfants, flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hommes avec leur fourberie et leurs manoeuvres séductrices » (Éphésiens 4:14).
« Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup d’indisciplinés, de vains discoureurs et de séducteurs, auxquels il faut fermer la bouche » (Tite 1:10).

Malheureusement, ceux qui sont séduits ne s’en rendent pas compte. Ils sont séduits sans le savoir.

2.    Autoritaire, il cherche systématiquement à tout contrôler.

Un ministre de culte a tort d’outrepasser le pouvoir que l’on lui a confié. En manipulant des gens et en imposant son autorité, il démontre qu’il n’a pas d’autorité légitime :

« Jésus les appela et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. Il n’en sera pas de même parmi nous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Matthieu 20:25-28).
« Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, non par contrainte, mais volontairement selon Dieu ; ni pour un gain sordide, mais de bon coeur ; non en tyrannisant ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5:2-3).
« J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas » (3 Jean 1:9).

3.    Il n’admet aucune critique. Il discrédite ceux qui s’opposent à son autorité.

« Ne reçois pas d’accusation contre un ancien, si ce n’est sur la déposition de deux ou trois témoins. Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi en aient de la crainte » (1 Timothée 5:19-20).
« Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. Vous n’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu » (Jean 8:47).
« S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un péager » (Matthieu 18:17).

4.    Il dit avoir reçu directement de Dieu cette autorité lui donnant le pouvoir de connaître la seule juste interprétation de la Bible.

« Avant tout, sachez qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être l’objet d’interprétation particulière » (2 Pierre 1:20).
« Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, (pour savoir) s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde » (1 Jean 4:1).

5.    En général, ce pouvoir se manifeste par de soi-disant dons particuliers : accomplir des miracles, prophétiser, guérir, diri­ger, discerner, être le berger sont souvent les dons les plus cités.

« (13-2) S’il se lève au milieu de toi un prophète ou un visionnaire qui t’annonce un signe ou un prodige, (13-3) et qu’il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t’a parlé en disant : Rallions-nous à d’autres dieux—(des dieux) que vous ne connaissez pas—et rendons-leur un culte ! (13-4) tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire, car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimez l’Éternel, votre Dieu, de tout votre coeur et de toute votre âme » (Deutéronome 13:1-3).
« Quand le prophète parlera au nom de l’Éternel, et que sa parole ne se réalisera pas et n’arrivera pas, ce sera une parole que l’Éternel n’aura pas dite. C’est par audace que le prophète l’aura dite : Tu n’en auras pas peur » (Deutéronome 18:22).
« Les prophètes prophétisent avec fausseté. Les sacrificateurs les tiennent en leur pouvoir, Et mon peuple aime qu’il en soit ainsi ! Mais que ferez-vous pour l’avenir du pays ? » (Jérémie 5:31).
« Car ainsi parle l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : Ne vous laissez pas abuser par vos prophètes qui sont au milieu de vous, ni par vos devins ; ne prêtez pas attention aux rêves que vous faites ! Car c’est faux ce qu’ils vous prophétisent en mon nom. Je ne les ai pas envoyés, —oracle de l’Éternel » (Jérémie 29:8-9).

6.    Il utilise les techniques de manipulation mentale pour contrô­ler les gens.

« Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes, ils opéreront de grands signes et des prodiges au point de séduire si possible même les élus » (Matthieu 24:24).
« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous comme des brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs » (Matthieu 7:15).

7.    Il n’est jamais satisfait.

« J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas. C’est pourquoi, si je viens, je rappellerai les actes qu’il commet, en répandant contre nous des paroles mauvaises ; non content de cela, lui-même ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église » (3 Jean 1:9-10).

8.    Plutôt que de conduire des personnes à Jésus-Christ, il recher­che avant tout à être servi et à assouvir son désir de pouvoir.

« Je sais que parmi vous, après mon départ, s’introduiront des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, et que du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30).

9.    Il est sujet à la paranoïa.

Les auteurs citent Jean-Marie Abgrall : « C’est cette psychose qui donne au gourour le sentiment d’être différent du reste de l’humanité, c’est elle aussi qui va lui donner la conviction qu’il a un rôle de leader et de guide à jouer. Il s’agit là d’une pathologie de la personnalité caractérisée par quatre critères que la psychiatrie connaît depuis longtemps : l’hypertrophie du moi, la fausseté du jugement, la méfiance et la psychorigidité. »[2]

Les auteurs expliquent ces quatre critères :

1. L’hypertrophie du moi
Tout ce que le responsable pense, fait, veut faire, est l’expression de la volonté de Dieu. C’est lui qui détient la vérité absolue. Il est le centre de chaque chose. Le salut ne peut passer que par lui. On lui doit entière obéissance, même si cela conduit jusqu’à la mort.

2. La fausseté du jugement
Les commentaires et les enseignements du responsable sont tou­jours remplis de contradictions et d’absurdités. Ils justifient cependant tous les faux jugements au sein du groupe. Mais pour les adeptes, ils représentent la vérité et remplacent toutes les ma­nières cohérentes de penser de notre société. Contredire la parole du responsable équivaut à remettre en question tout le groupe.

3. La méfiance
Toutes les critiques émises par des gens de l’extérieur à l’égard du responsable sont considérées par celui-ci comme une attaque satanique. Les adeptes, croyant fermement que le responsable est persécuté à cause de son savoir et de son pouvoir, renforcent cet aspect de méfiance. C’est un véritable cercle vicieux où les adep­tes qui sont soumis au leader persuadent celui-ci que ce qu’il dit, fait et pense est vrai. Ce processus permet au leader de maintenir ses adeptes dans l’obsession que toute la société les persécute.

4. La psychorigidité
Le responsable ne reconnaîtra jamais les erreurs de son enseigne­ment, même si des preuves irréfutables sont produites. Pour lui, seul son jugement est valable. Il a raison et c’est le reste de l’huma­nité qui a tort. Rien ne pourra venir ébranler ses convictions. D’après lui, ceux qui le critiquent ne sont que des ignares. Leurs objections l’embarrassent peu, bien au contraire elles lui servent d’arguments pour prouver à ses adeptes que le monde est incapa­ble de le comprendre.


[1] Pascal Zivi et Jacques Poujol, Les abus spirituels, Empreinte temps présent : 2006, p. 19.  [2] Jean-Marie Abgrall, La mécanique des sectes, Document Payot, p. 249, cité par Zivi et Poujol à la page 47.

Tags: ,

Les églises dysfonctionnelles*

AVERTISSEMENT : CETTE ÉGLISE PEUT CAUSER DES DOMMAGES À VOTRE SANTÉ SPIRITUELLE ET PSYCHOLOGIQUE.

IsectelogoSelon InfoSecte, « si les standards de classification dans la publicité étaient appliqués aux églises, certaines porteraient la mention : Avertissement : cette église peut causer des dommages à votre santé spirituelle et psychologique. » Je partage quelques paragraphes de cet article important. Veuillez voir leur site pour d’autres informations.

Malheureusement, l’abus spirituel et pastoral est beaucoup plus fréquent que la majorité des gens pourrait le croire. Tout comme l’abus d’enfant, ce phénomène demeure souvent caché ou si découvert, vigoureusement nié. L’abus spirituel est perpétré par des personnes à qui l’on accorde respect et honneur en raison de la vertu que suppose leur position d’autorité et de leadership religieux. Lorsque des leaders violent la confiance sacrée qui leur a été accordée, et lorsqu’ils utilisent à mauvais escient leur position ecclésiastique pour contrôler leur congrégation, les résultats peuvent s’avérer catastrophiques.

Quelles sont les caractéristiques d’une église malsaine?

  • L’indicteur-clé est le leadership orienté vers le contrôle et les ministres du culte qui ont un grand besoin d’être l’autorité suprême.

  • Les leaders abusifs réclament la soumission et une fidélité aveugle de la part des membres.

  • Les personnes qui posent des questions gênantes ou qui ne s’intègrent pas, sont mises de côté.

  • La culpabilité, la peur et l’intimidation sont utilisées pour manipuler et contrôler les membres vulnérables, particulièrement ceux à qui on a appris à ne pas questionner l’autorité du pasteur parce que cela revient à questionner l’autorité de Dieu.

Quelles sont les raisons qui expliquent qu’un pasteur ou un prêtre se transforme en tyran spirituel ?

  • Nous croyons que cela s’explique en grande partie par la nature même de l’être humain qui désire contrôler, exercer un pouvoir sur ses semblables.

  • Nous avons tous, à un moment donné, été exposé à la tentation du pouvoir, que ce soit comme parent, époux ou professeur.

  • Un désir excessif de pouvoir, combiné à des motifs religieux sincères, peut amener à un mauvais usage de l’autorité spirituelle.

Les jeunes adultes représentent le groupe le plus attiré par les églises abusives, par leur programme apparemment dynamique et leur leader qui prend tout en charge. Ces églises ciblent souvent les jeunes mariés. Par conséquent, l’énergie nécessaire à la vie familiale est investie dans une cause très intense. Les obligations familiales sont sacrifiées et les besoins des enfants sont négligés.

Comment peut-on reconnaître une église saine ? Au delà des questions de base sur la doctrine, une église saine réconcilie et fortifie,

  • elle ne divise pas et n’est pas élitiste.

  • Les membres de telles églises cherchent à renforcer et fortifier leur engagement familial.

  • Les leaders légitimes acceptent les questions difficiles et critiques des membres sans menace de représailles.

  • Les leaders dignes de confiance vont s’assurer de l’existence de moyens de contrôle contre les excès.

Choisissez une église soigneusement. Souvenez-vous, ce ne sont pas toutes les religions qui sont inoffensives et toutes les expériences dans une église qui sont bénéfiques.

* Traduit et adapté de « Dysfunctional Churches », de Ronald Enroth Ph.D., in AFF’s Cults and Psychological Abuse: A Resource Guide avec la permission de l’American Family Foundation (AFF). AFF, un centre d’information et d’éducation, offre plusieurs services et possède une importante quantité d’information en anglais sur le phénomène sectaire. Info-Secte possède un centre de documentation comprenant de l’information en français et en anglais. Pour obtenir plus d’information, contactez Info-Secte au (514) 274-2333.

Info-Secte 5655, avenue du Parc, Bureau 208 Montréal (Québec), Canada H2V 4H2 Tél. (514) 274-2333   Fax (514) 274-7576

Tags: , , , ,

Serviteurs ou seigneurs ?

Voici une étude importante sur l’autorité pastorale que j’ai partagée avec des pasteurs il y a quelques semaines. Vous pouvez également la télécharger en fichier PDF en cliquant ici. Elle est aussi disponible sur le site coeurdeberger.org.

« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
(Marc 9:35).

Il y a beaucoup de confusion dans l’église par rapport à la position des pasteurs. Bien des pasteurs ont été gênés par des chrétiens bien intentionnés qui les ont placés sur un piédestal. Il semble que pour bien des chrétiens, la phrase « serviteur de Dieu » soit devenue un titre honorifique dépourvu de tout concept d’un service que le pasteur berger doit rendre aux brebis.

S’il y a de la confusion parmi les saints, il y en a également parmi les « serviteurs ». Parmi nos rangs de pasteurs se trouvent des hommes qui se prennent non pour des serviteurs mais pour des seigneurs. Au lieu de servir les adeptes, ils s’en servent pour assouvir leur convoitise de pouvoir et d’importance.

Nous reconnaissons bien que le ministère est un appel de Dieu et non pas à être pris à la légère, mais surtout à cause de la responsabilité redoutable de servir le Seigneur et son peuple et parce que « nous subirons un jugement plus sévère » (Jacques 3:1). Pourtant, en vue des exemples aberrants et non bibliques qui font étalage dans l’église de Dieu, il est nécessaire de souligner que l’appel de Dieu est un appel à servir. Le « serviteur » est appelé à servir et le Seigneur et les saints.

Dans cette étude, nous voulons considérer d’une perspective biblique la position du pasteur et sa relation avec les membres de son église et d’autres pasteurs. Nous commencerons avec l’enseignement de quelques chapitres dans l’Évangile de Marc concernant l’ambition, suivi par l’enseignement des apôtres, leur exemple dans les Actes et l’exemple de Christ lui-même.

I. LE SERVITEUR ET LE CHEMIN DE LA CROIX DANS L’ÉVANGILE SELON MARC

A. L’ambition nous aveugle au principe fondamental de la croix.

L’Evangile selon Marc (9:32 à 10:45) présente un enseignement important sur le service chrétien. Dans Marc 9:30, Jésus voyage seul avec ses disciples pour pouvoir leur enseigner concernant ses souffrances, sa mort et sa résurrection, « Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de le questionner » (Marc 9:32). La cause de leur incompréhension se trouve dans le verset 34.[1]

« Ils partirent de là et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sache. 31 Car il enseignait ses disciples et leur disait : Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. 32 Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de le questionner. 33 Ils arrivèrent à Capernaüm. Lorsqu’il fut dans la maison, Jésus leur demanda : De quoi discutiez-vous en chemin ? 34 Mais ils gardèrent le silence, car en chemin, ils s’étaient entretenus sur la question de savoir qui était le plus grand. 35 Alors il s’assit, appela les douze et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9:30-35).

Le verset 32 nous dit que les disciples n’ont pas compris ce que disait Jésus concernant ses souffrances et sa crucifixion. Arrivés à la maison, Jésus leur demanda de quoi ils avait discuté en chemin, mais ils avaient honte d’en parler « car en chemin, ils s’étaient entretenus sur la question de savoir qui était le plus grand » (9:34). Ils ne discutaient pas la théologie ou les meilleures méthodes pour guérir les gens, mais qui serait numéro un ! Les disciples n’ont pas compris le message de la croix parce que leur désir d’avoir la première place empêchait leur compréhension spirituelle. L’ambition nous aveugle au principe fondamental de la croix. L’ambition et la croix sont incompatibles.

« Alors il s’assit, appela les douze et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9:35). Jésus renverse les valeurs. Si nous voulons avoir la première place, nous devons prendre la dernière place. Si nous voulons être le premier, nous devons être le serviteur de tous. Si nous voulons être grands, nous devons être petits.

B. La grandeur d’un serviteur se mesure par la petitesse des gens qu’il sert.

« Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et après l’avoir embrassé, il leur dit : 37 Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants, me reçoit moi-même, et quiconque me reçoit, ne me reçoit pas moi-même, mais celui qui m’a envoyé » (Marc 9:36-37).

Jésus a prit un enfant (9:36-37). Normalement, nous mesurons notre grandeur par le nombre de gens qui nous soutiennent et nous aident. Un enfant ne peut rien faire pour nous. Un enfant n’a pas d’influence, pas de pouvoir pour faire quoi que ce soit pour nous. C’est tout à fait le contraire : nous servons les enfants. Jésus dit : « Si vous recevez en mon nom ceux qui n’ont pas d’influence, vous me recevez et vous recevez celui qui m’a envoyé. » Notre grandeur n’est pas mesurée par le nombre de gens puissants qui nous entourent, mais par le nombre de gens impuissants et sans influence que nous servons.

C. La grandeur d’un serviteur se mesure par son pouvoir d’inclure.

En voyant comment Jésus a accueilli l’enfant, Jean reconnaît qu’il a mal agi : « Jean lui dit : Maître, nous avons vu un homme qui chasse les démons en ton nom et qui ne nous suit pas, et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas » (Marc 9:38).

Nous mesurons aussi la grandeur par la capacité d’inclure et d’exclure. Le secrétaire qui décide qui peut voir le Président et qui ne peut le voir a beaucoup de pouvoir. L’homme qui peut dire : « Toi, tu restes dans le pays, mais toi, tu sors » a beaucoup de pouvoir. Jésus dit que nous ne devons pas nous servir de notre position pour empêcher des gens d’exercer le ministère qu’ils font au nom de Jésus.

« Jésus dit : Ne l’en empêchez pas, car il n’est personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse aussitôt après parler mal de moi. 40 En effet, celui qui n’est pas contre nous est pour nous. 41 Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous êtes au Christ, en vérité, je vous le dis, il ne perdra point sa récompense » (Marc 9:39-41).

On ne peut pas faire un miracle au nom de Jésus ou donner un verre d’eau en son nom et aussitôt après parler mal de Jésus. Notez l’étendue entre le miracle et le simple service de donne un verre d’eau en son nom ; Jésus n’en fait pas grande distinction. Par contre, tous ceux qui nous donnent un verre d’eau au nom de Christ, ne perdront pas leur récompense.

Il est important de remarquer que c’est Jésus qui est le point d’intérêt, pas nous : « … qui fasse un miracle en mon nom … parler mal de moi… donnera à boire un verre d’eau en mon nom… » Nous n’exerçons pas un ministère pour que les gens parlent bien de nous. Si les gens s’attachent à nous, l’accent de « notre » ministère a été mal placé. Paul a averti les Éphésiens, « Je sais que… du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30).

Dans les versets 42 et suivants, Jésus continue son enseignement sur la grandeur. Nous devons nous discipliner pour ne pas faire chuter des autres. Les mains, les yeux, les pieds doivent être employés pour servir Christ et les autres. Notre attitude envers les gens qui ne sont pas importants, les personnes de l’extérieur, les enfants et d’autres disciples, révèle si nous avons compris la mission et la croix de Christ.

Qui est le plus grand ? Celui qui se comporte comme Jésus.

  • Il accueillit l’enfant et celui qui n’est pas « utile ». Nous pouvons discerner la grandeur d’un homme par son attitude envers les petits enfants. Prenons-nous du temps pour aimer les petits, pour jouer avec eux ? Faisons-nous l’effort pour aider les plus faibles : ceux qui ont le cœur brisé, les pauvres, les captifs, les aveugles, les opprimés ? Jésus est venu pour eux (Luc 4:18).
  • Le plus grand recommande celui qui ne fait pas partie de notre groupe mais qui sert le Seigneur. Il n’est pas intolérant ; il n’a pas besoin de contrôler. Il est content des autres ministères que le Seigneur suscite autour de lui ; il les reconnaît, les bénit et prie pour eux.
  • Il exerce une discipline impitoyable dans sa propre vie, mais il protège les plus petits. Il ôte de sa vie tout ce qui peut être pour les autres une occasion de chute.

Qu’est-ce que Jésus veut ? Il veut des disciples qui

  • accueillent l’enfant ou l’indigent comme s’il était un roi.
  • récompensent tous ceux qui agissent en son nom.
  • se sacrifient eux-mêmes pour les « petits ».
  • sont en paix les uns avec les autres.

La grandeur se mesure par

  • la dernière place
  • un engagement total d’accueillir les plus petits,
  • une sympathie et une ouverture envers ceux qui invoquent et agissent en son nom (mais cf. Matthieu 7:21-23),
  • une passion pour la pureté personnelle,
  • une sévérité avec nous-mêmes et une douceur avec les autres.

Voici quelques questions pour mesurer notre grandeur :

Pas : Combien de gens m’aident ou me suivent ?

Mais : Quelle est la profondeur de mon engagement envers les autres ?

Pas : Qui est-ce que je permets d’entre dans mon cercle d’influence ?

Mais : Quelle est la largeur de mon cercle de communion ? Qui puis-je inclure tout en restant loyal à Jésus ?

Pas : Comment puis-me me développer ?

Mais : Qui puis-je développer et quelle est l’intensité de ma passion pour être pur et utile ?

D. Encore, l’ambition nous rend lents à comprendre les principes du Royaume de Dieu.

« Des gens lui amenèrent des petits enfants pour qu’il les touche. Mais les disciples leur firent des reproches. 14 Jésus, en le voyant, fut indigné et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour leurs pareils. 15 En vérité, je vous le dis, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point. 16 Puis il les embrassa et les bénit, en leur imposant les mains » (Marc 10:13-16).

Comme nous avons constaté, l’ambition nous aveugle. Les disciples ne comprennent toujours pas qu’il faut accueillir les plus petits et les faibles. Jésus nous avertit que si nous ne recevons pas le Royaume de Dieu avec le cœur d’un enfant, il nous sera impossible d’y entrer.

Dans 10:24, les disciples sont stupéfaits que l’homme riche qui avait obéi les commandements n’entre dans le Royaume de Dieu. Jésus souligne encore que plusieurs des premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers (10:31 ; cf. 9:35).

Encore, Jésus revient sur la nécessité des souffrances et de la croix. Jésus et ses disciples sont encore en voyage – en direction de Jérusalem. Les disciples sont angoissés et craintifs et Jésus leur parle encore de sa mort. C’est la quatrième fois que Jésus parle de sa mort (8:31 ; 9:9-10 ; 9:31 ; 10:32-34) :

« Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient angoissés et ceux qui suivaient étaient dans la crainte. Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et se mit à leur dire ce qui devait lui arriver : 33 Voici : nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, le livreront aux païens, 34 se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le feront mourir ; et trois jours après, il ressuscitera » (Marc 10:32-34).

C’est à ce point que Jacques et Jean font leur requête. Ils sont un peu hésitants comme des gens ou des enfants qui nous posent une question en nous posant la question : « Est-ce que je peux te poser une question ? » Ou peut-être qu’ils sont un peu plus insistants : « Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons » (Marc 10:35).

« Les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus et lui dirent : Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons. 36 Il leur dit : Que désirez-vous que je fasse pour vous ? 37 Donne-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ta gloire » (Marc 10:35-37).

Jésus leur demande : « Que désirez-vous que je fasse pour vous ? » (Marc 10:36). Ils ne demandent pas comment ils peuvent servir, s’ils peuvent laver des vêtements pour les autres, préparer un logement ou chercher quelque chose à manger pour le groupe. Ils ont une ambition : ils cherchent une place d’honneur à la droite et à la gauche de Jésus. Ils cherchent une position. Peut-être croyaient-ils qu’ils l’avaient méritée. Avaient-ils pensé à Pierre qui faisait partie des trois ? Cherchaient-ils à le devancer ?

E. Trois vérités concernant le leadership dans le Royaume de Dieu

La réponse de Jésus révèle des choses très importantes concernant le leadership et le Royaume de Dieu.

1. Le leadership implique la souffrance.

« Jésus leur dit : Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? Ils lui dirent : Nous le pouvons. » (Marc 10:38).

Dans la mentalité juive, la coupe signifiait la souffrance, même la colère de Dieu. Une intimité avec Christ implique un partage de sa croix.

« Mon but est de le connaître, lui, ainsi que la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, 11 si possible, à la résurrection d’entre les morts » (Philippiens 3:10-11).

Jacques et Jean répondent avec désinvolture : « Nous le pouvons. » Ils ne savent pas que Jacques deviendra martyr et que Jean sera exilé.

2. Le leadership implique une affectation souveraine.

« Et Jésus leur répondit : Il est vrai que vous boirez la coupe que je vais boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je vais être baptisé ; 40 mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de le donner, sinon à ceux pour qui cela est préparé » (Marc 10:39-40).

Le leadership est un appel de Dieu, pas une position que nous choisissons pour nous-mêmes.

Les dix s’indignaient contre Jacques et Jean (10:41) tout simplement parce qu’ils voulaient la même chose pour eux-mêmes. C’est facile de s’indigner quand nous voyons l’arrivisme chez les autres, mais notre indignation est trop souvent indication que nous souffrons de la même maladie.

3. Le leadership implique le service.

« Jésus les appela et leur dit : Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. 43 Il n’en est pas de même parmi vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur ; 44 et quiconque veut être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous » (Marc 10:42-44).

Jésus dit que son Royaume ne sera pas mené comme les nations de ce monde. Il n’y aura pas d’abus de pouvoir parmi ses serviteurs. Notez la relation entre les « veut être » et les « sera » : Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous. »

Puis Jésus nous donne ce que J. Oswald Sanders a appelé le « principe maître du Maître » : « Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » (Marc 10:45). Le service de Jésus est la base de la nôtre. Il n’est pas venu pour se servir des gens mais pour les servir.

II. LE SERVITEUR ET LE CHEMIN DE LA CROIX SELON LES APÔTRES

A. Le serviteur de Dieu doit adopter la mentalité d’un esclave.

Le serviteur de Dieu doit adopter la mentalité d’un esclave : il n’a pas de droit et il ne cherche pas sa propre volonté. Paul dit que nous devons avoir l’attitude de Christ qui a cédé toutes ses divines prérogatives pour devenir un esclave. C’est la voie de l’humilité et le chemin de la croix :

« Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus, 6 lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, 7 mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, 8 il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix » (Philippiens 2:5-8).

Le pasteur ne revendique pas ses droits ; il les renonce pour Christ et pour son église. Paul dit encore : « Pour moi, je n’ai usé d’aucun de ces droits… » (1 Corinthiens 9:15). Le bâton d’autorité du pasteur est l’exemple de sa propre croix, instrument de sa mort à lui-même. Il ne dirige pas par le pouvoir de sa position ; il conduit par la puissance de son exemple. “Sois un modèle pour les fidèles, dit Paul à Timothée, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Timothée 4:12).

B. L’autorité apostolique et l’abus de pouvoir

Paul était un des apôtres les plus grands. Dieu s’est servi de lui pour opérer des miracles extraordinaires (Actes 19:11). Il a été enlevé dans le paradis (2 Corinthiens 12:1-10) et a eu des révélations que nul autre homme n’a jamais eues (2 Corinthiens 12:7 ; Éphésiens 3:3-5). Il a écrit une grande partie du Nouveau Testament. Il aurait pu être gonflé de sa suffisance. Il aurait pu se servir de ce qu’il avait reçu pour dominer sur les chrétiens comme le font quelques pasteurs de nos jours. Malgré tout, il savait qu’il était serviteur, non un dictateur. Les chrétiens de Corinthe était divisés concernant les leaders. Il y avait des groupes différents qui soutenaient Pierre (voir 1 Corinthiens 1:12), Apollos ou Paul. La réponse de Paul était nette :

« En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et de la discorde, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas d’une manière tout humaine? 4 Quand l’un dit: Moi, je suis de Paul! et un autre: Moi, d’Apollos! 5 n’êtes-vous pas des hommes? Qu’est-ce donc qu’Apollos, et qu’est-ce que Paul? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun. 6 J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. 7 Ainsi, ce n’est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître » (1 Corinthiens 3:3-7).

Ils n’étaient pas des seigneurs mais « des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun » (v. 5). Il conclut cette section en disant : « Que personne donc ne mette sa gloire dans les hommes… (1 Corinthiens 3:21).

Dans 2 Corinthiens 1:24, il a écrit :

« non que nous dominions sur votre foi, mais nous voulons collaborer à votre joie, puisque vous êtes fermes dans la foi »

En encore :

« … et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5).

Quant aux autres serviteurs, Paul était capable de les encourager, mais il ne leur a pas imposé sa volonté :

« Quant au frère Apollos, je l’ai beaucoup exhorté à se rendre chez vous avec les frères, mais ce n’était décidément pas sa volonté de le faire maintenant ; il partira, quand il en aura l’occasion » (1 Corinthiens 16:12).

Il ne faut pas oublier que Paul est l’apôtre et qu’Apollos est le « frère ». Pourtant, Apollos se sent tout à fait libre de ne acquiescer aux désirs de Paul, ce qui ne gêne pas la relation. Dans le corps de Christ, comme Jésus nous a enseigné, nous sommes tous « frères » :

« Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. 9 Et n’appelez personne sur le terre père, car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. 10 Ne vous faites pas appeler directeurs, car un seul est votre Directeur, le Christ. 11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. 12 Qui s’élèvera sera abaissé, et qui s’abaissera sera élevé » (Matthieu 23:8-12).

Si l’apôtre Paul ne dominait pas sur les églises qu’il avait fondées, par quel droit un pasteur aujourd’hui domine-t-il sur l’église ?

C. Il n’est pas nécessaire de se faire abuser.

Dans cette même épître, Paul reprend les Corinthiens parce qu’ils ont accepté d’être dominés par certaines personnes qui se prenaient pour des apôtres, « de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ » (2 Corinthiens 11:13) :

« Vous supportez si volontiers les insensés, vous qui êtes sensés ! 20 Vous supportez en effet qu’on vous asservisse, qu’on vous dévore, qu’on vous dépouille, qu’on vous traite avec arrogance, qu’on vous frappe au visage ! » (2 Corinthiens 11:19-20).

Ces faux apôtres asservissaient les Corinthiens par leur soi-disant autorité et les Corinthiens les ont imprudemment tolérés. Paul leur a reproché cet asservissement.

D. Le pasteur berger ne doit pas dominer le troupeau.

L’apôtre Pierre a bien compris ce que Dieu attendait des meneurs :

« Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux… 2 Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, … 3 non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5:1-3 LSG).

Il ne peut être plus clair. Pierre dit que les pasteurs doivent conduire par exemple ; ils doivent être des modèles, non pas des maîtres. Ils ne doivent pas « dominer » (bfc, lsg ; ser : « tyranniser ») les brebis ; ils doivent leur montrer le modèle à imiter.

L’apôtre Pierre se présente dans ce passage comme « moi ancien comme eux ». Il aurait pu souligner son appel personnel par Christ et ses expériences extraordinaires pour revendiquer une supériorité. Au contraire, il se met sur le même pied d’égalité avec les anciens. Il ne cherchait pas à dominer les autres anciens ni le troupeau de Dieu.

L’apôtre Jean a aussi parlé des dictateurs dans l’église. Il avertit l’église concernant Diotrèphe qui voulait être le premier et qui voulait contrôler les autres membres de l’église :

« J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas. 10 C’est pourquoi, si je viens, je rappellerai les actes qu’il commet, en répandant contre nous des paroles mauvaises ; non content de cela, lui-même ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église » (3 Jean 1:9-10).

Diotrèphe voulait être le premier. Il cherchait à protéger sa position en ne pas recevant l’apôtre Jean ni les missionnaires qu’il avait envoyés. Dans les versets 3 à 8, il est clair qu’il s’agit de missionnaires.

  1. Diotrèphe aimait être le premier.
  2. Il ne recevait pas l’apôtre Jean ni les missionnaires qu’il avait envoyés.
  3. Il calomniait l’apôtre et les missionnaires.
  4. Il empêchait ceux qui voulaient recevoir les missionnaires.
  5. Il chassait de l’église ceux qui voulaient les recevoir.

Donc, Diotrèphe dominait l’église. Il calomniant les missionnaires et l’apôtre Jean, et il cherchait à éliminer toute concurrence possible. Quelle est la raison pour ce comportement ? Il voulait être le point de référence pour l’église ; il aimait être le premier. Jean a dit qu’il corrigerait Diotrèphe en rappelant ses actes et ses paroles. Un tel comportement est insupportable dans l’église de Jésus-Christ et doit être redressé.

E. Tentatives de justifier ce que Christ a condamné

Parfois on se sert de Hébreux 13:17 pour justifier le contrôle abusif et l’attitude autoritaire de certains dirigeants :

« Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage » (Hébreux 13:17 LSG).

Le terme pour obéir dans ce verset veut dire dans son sens littéral « soyez persuadés par ». Ce texte ne donne pas aux conducteurs le contrôle absolu sur la vie des autres. Au contraire, il encourage les disciples à être persuadés par le bon comportement de ceux qui veillent sur leurs âmes. L’obéissance en question n’est pas celle qui se produit de la domination mais celle qui est produite par la persuasion d’un bon exemple. Ce passage nous enseigne que nous devrions considérer l’exemple des conducteurs qui dans la crainte du Seigneur nous conduisent à Christ.[2] Interpréter ce passage de façon qui donne une autorité absolue aux conducteurs fait violence à tous les passages que nous avons déjà considérés ci-dessus. Dieu ne se contredit pas.

F. Résumé de la position apostolique

Christ, Paul, Pierre et Jean ont condamné l’erreur de ceux qui cherchent à dominer et à imposer leur volonté sur les autres. Le message est clair, mais il n’est pas admis par tout le monde. Il est ironique que ceux qui revendiquent une « autorité spirituelle » pour eux-mêmes rejettent l’autorité authentique, celle des Écritures et du Seigneur Jésus-Christ, en refusant de suivre ces principes de la Parole de Dieu.

Cela ne veut pas dire que nous ne gouvernons pas, mais que nous gouvernons avec un esprit d’un serviteur : « Il n’en est pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert » (Luc 22:26).

III. LA DIRECTION COLLEGIALE

À ce point il convient de dire que les apôtres ont travaillé en solidarité ou collégialité les uns avec les autres et avec l’église. Par exemple, dans les Actes 6, l’église faisait face à une grande crise qui risquait de diviser l’église en deux groupes : les Hellénistes et les Hébreux. Les douze ont convoqué la multitude des chrétiens et leur a demandé de choisir des hommes capables de se charger de la distribution de la nourriture auprès des veuves. Les douze apôtres ont fait une suggestion qui a plu à toute la multitude, la crise a été bien gérée, et l’église a été bénie (Actes 6:1-7). Il est à noter que tout le monde a participé pour résoudre le problème, tous les apôtres et l’église entière. Il n’y avait pas un seul homme qui dominait.

Dans les Actes 10 et 11, Pierre est allé chez le païen Corneille annoncer l’évangile. Les apôtres ont mis leur collègue sur la sellette : « Tu es entré chez des incirconcis, et tu as mangé avec eux ! » (Actes 11:3). Pierre n’a pas revendiqué une autorité pour lui-même. Il n’a pas dit : « Je prends cela sous ma responsabilité. » Il n’a pas dit que Christ lui avait donné les clefs du royaume et qu’il n’avait pas à rendre des comptes. Non, il s’est soumis à ses collègues.

Des années plus tard, à la Conférence de Jérusalem dans les Actes 15, l’église faisait face encore à une grande crise concernant l’admission des païens dans l’église. Il y avait « une vive discussion » (Actes 15:7) et tout le monde pouvait s’exprimer. Ensuite Pierre a raconté ce que le Seigneur lui avait appris. Puis Paul et Barnabas ont raconté tout ce que le Seigneur avait fait à travers leur ministère au milieu des païens. Il n’y avait pas une seule personne qui dominait. Jacques, le leader du groupe, a résumé la discussion et a souligné la base biblique qui soutenait la direction du débat.

Il est important de noter que le conflit fait partie de temps à autre de la vie et de la vie de l’église. La question essentielle est comment nous le résolvons. Pour simplifier, il existe deux manières de résoudre le conflit : une personne peut imposer sa volonté sur tout le groupe ou tout le groupe peut s’exprimer à cœur ouvert et disposé jusqu’à ce que le groupe entier discerne la volonté de Dieu soit à l’unanimité, soit par vote. La suite du passage dans les Actes 15 est instructive :

« 22 Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, ainsi qu’à l’Église entière, de choisir parmi eux et d’envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabas, Jude appelé Barsabbas et Silas, hommes estimés parmi les frères. 23 Ils les chargèrent d’une lettre ainsi conçue : … 25 Il nous a paru bon, après nous être mis d’accord, de… 27 Nous avons donc… 28 Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de… » (Actes 15:22-28).

Ayant tout discuté d’une manière franche et ouverte, tous les apôtres et les anciens et l’Église entière se sont « mis d’accord » et ils ont pu dire : « Il nous a paru bon… » Voilà une vérité étonnante : tout ce conflit et le franc-parler était la méthode employée par le Saint-Esprit pour unir l’église et révéler la volonté de Dieu : « Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous » (Actes 15:28). Un leader qui ne supporte pas la discussion mais qui impose sa volonté sur le groupe ne pourra jamais le conduire selon la volonté de Dieu parce que Dieu se sert de tous les membres du corps pour faire connaître sa volonté. Un conducteur ne peut pas dire : « Je n’ai pas besoin de votre avis, je connais la volonté de Dieu pour l’église. »

« L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous » (1 Corinthiens 12:21).

Le serviteur de tous ne doit pas avoir peur de la discussion. Il ne doit pas la supprimer. Il ne doit pas penser qu’il connaît tout ou que lui seul a la pensée du Seigneur.

L’église est conduite par un collège des anciens, c’est-à-dire des pasteurs reconnus. L’église a besoin de la pastorale pour être protégée des loups redoutables qui n’épargnent pas le troupeau et des hommes qui entraînent les disciples après eux :

« Je sais que parmi vous, après mon départ, s’introduiront des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, 30 et que du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30).

Les pasteurs eux-mêmes ont besoin de cette correction qui leur est donnée par la pastorale. L’ensemble de pasteurs reconnus fonctionne (1) à protéger les pasteurs dans leurs tendances à dévier de la doctrine et de la pratique bibliques, et (2) à protéger l’église de toute aberration pastorale.

IV. CHRIST ET LE POUVOIR

Personne n’a jamais eu à sa disposition un pouvoir plus grand que celui de Jésus. Dans son livre excellent Transforming Leadership, Leighton Ford dit que Jésus avait la capacité de déterminer les multitudes avec son Sermon sur la montagne, de calmer la tempête avec une parole, de chasser les démons, d’ouvrir les yeux des aveugles ou même de maudire le figuier et le faire sécher. Nous lisons deux déclarations étonnantes

« Jésus… savait que le Père avait tout remis entre ses mains, qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait à Dieu » (Jean 13:3).

« lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, 7 mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, 8 il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix » (Philippiens 2:6-8).

Dans la première déclaration, nous lisons que Dieu avait tout remis entre ses mains (Jean 13:3). Jean nous a déjà fait référence à cette autorité de Jésus dans 3:35, « Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main. » Encore dans le chapitre 5 nous lisons que « tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait également » (5:19) ; « comme le Père ressuscite les morts et les fait vivre, de même aussi le Fils fait vivre qui il veut » (5:21) ; que « le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père » (5:22-23), que « comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même, et il lui a donné le pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est Fils de l’homme » (5:26-27).

Malgré sa condition exaltée, c’est-à-dire « celle de Dieu », Jésus a pris la condition d’un esclave. Nous voyons Jésus dans cette condition d’un esclave dans Jean 13. Ce passage nous est tellement familier que l’impact nous échappe. Pour nous mettre dans le contexte, vous vous souvenez que Jean-Baptiste a dit qu’il n’était pas digne de délier les la courroie des sandales de Jésus. Les sources rabbiniques nous indiquent que les rabbins pouvaient faire toute sorte de demandes sur leurs disciples, mais ils ne pouvaient pas leur demander d’ôter les sandales du rabbin ; c’était une tâche trop avilissante. Par contre, Jean-Baptiste dit, en effet, que son Maître est tellement supérieur aux rabbins qu’il lui serait un honneur de délier les sandales de Jésus, un honneur dont il n’était pas digne.

Jésus démontre le renversement les valeurs : Le dernier sera le premier. Les péagers et les prostituées devanceront les pharisiens dans le Royaume de Dieu. Et celui qui est le plus grand sera le serviteur de tous. Jésus ôte ses vêtements, s’entoure d’un linge, et fait le travail d’un esclave. Ses disciples ne sont pas obligés de lui laver les pieds ; mais il leur lave les pieds. C’est la seule fois que Jésus leur dit : « Je vous ai donné un exemple, afin que, vous aussi, vous fassiez comme moi je vous ai fait » (Jean 13:15). Il continue :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. 17 Si vous savez cela, vous êtes heureux, pourvu que vous le mettiez en pratique » (Jean 13:16-17).

Nous ne sommes pas supérieurs à Jésus. S’il s’est humilié et a pris la condition d’un esclave, nous devons aussi le faire les uns pour les autres.

CONCLUSION

Quelle est la position des pasteurs ? Certains se prennent pour des seigneurs. Ils dominent le troupeau de Dieu. Ils ne rendent pas compte à qui que ce soit. Ils aiment être le premier. Cette manière de se comporter n’est pas le chemin de la croix. Les apôtres ont donné un autre exemple et ils ont dénoncé toute approche autoritaire parmi les pasteurs. Ils ont même dit que l’église n’avait pas à se soumettre à des abus spirituels. Que le Seigneur nous aide à nous charger de notre croix. Nous concluons avec cette exhortation de l’apôtre Paul, basée sur l’exemple de Christ :

« ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire, mais dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. 4 Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. 5 Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus… » (Philippiens 2:3-5).


[1] L’étude sur l’Évangile selon Marc est basée sur Leighton Ford, Transforming Leadership, Downers Grove : IVP, 1991.

[2] Jason Young, “Abuse of Authority in the Church, A Biblical Perspective of Leadership” http://www.actseighteen.com/articles/authority-abuse.htm.

Technorati tags: , , ,

Comment s’achève le plan de Dieu pour l’unité de l’Église ?

Comment s’achève le plan de Dieu pour l’unité de l’Église ? Paul indique qu’il s’achève par la puissance de l’Esprit Saint en réponse à la prière, mais la sphère de son travail se trouve dans nos cœurs où Christ demeure pour nous faire comprendre toutes les dimensions de son amour en sorte que nous soyons remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Quelles sont les dimensions de l’amour de Christ ? Comment pouvons-nous mesurer l’immensurable ? Comment pouvons-nous connaître ce qui est inconnaissable ? Comment pouvons-nous être remplis de toute la plénitude de Dieu ? La réponse à ces questions se trouve dans un message sur Éphésiens 3:14-21 que vous pouvez lire ici.

Réveil et le message de l’évangile

Le livre des Actes est en quelque sorte une histoire de réveils, ou bien la progression d’une église vivante et en pleine expansion. Les apôtres ont été souvent persécutés, chassés de ville en ville et même lapidés, mais normalement ils ont pu implanter une église de personnes qui avaient été transformées par la puissance de Dieu qui est l’évangile de Christ (Romains 1:16). Le ministère de Philippe dans une ville de Samarie en est un bon exemple.

« Les foules, d’un commun accord, s’attachaient à ce que disait Philippe, en apprenant et voyant les miracles qu’il faisait. 7 Car des esprits impurs sortaient de beaucoup de démoniaques, en criant d’une voix forte, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris. 8 Et il y eut une grande joie dans cette ville » (Actes 8:6-8).

À quoi les gens s’attachaient-ils ? « À ce que disait Philippe » (8:6). Que disait-il ? Le verset précédent nous le dit : « Philippe, descendu dans une ville de la Samarie, y prêcha le Christ » (Actes 8:5). Quelques versets plus loin nous lisons qu’il « leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ » (Actes 8:12). Et encore, « (les habitants de) la Samarie avaient reçu la parole de Dieu » (Actes 8:14). Il n’a pas prêché le réveil, mais sa prédication de Christ a amené un réveil. La prédication de Christ a produit le « réveil ».

L’apôtre Pierre n’a pas prêché le réveil chez Corneille. Comme Philippe, Pierre prêchait le Christ :

« Et Jésus nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester qu’il a été lui-même désigné par Dieu comme juge des vivants et des morts. 43 Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. 44 Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole » (Actes 10:42-44).

Pierre prêchait que Jésus avait ordonné que nous prêchions que Dieu l’avait désigné comme juge, et que c’est par lui que nous recevons le pardon des péchés. Il n’a pas prêché le réveil ; il a prêché l’évangile de Jésus-Christ, et en prêchant l’évangile, le Saint-Esprit est descendu.

En suivant les pistes de l’apôtre Paul dans le livre des Actes, nous constatons qu’il n’a jamais cessé de prêcher Jésus-Christ. Il résume son message dans 1 Corinthiens 2:2, « Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2:2).

Encore, Paul n’a pas prêché le réveil. L’évangile n’est pas un message de réveil mais le message de Jésus-Christ. Nous ne cherchons pas le réveil, ni des manifestations, ni des signes, mais Jésus-Christ lui-même. Donc, nous ne prêchons pas le réveil, mais « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

Paul n’a pas prêché non plus ses expériences, ses guérisons et ses exorcismes. Il est possible et dangereux de prêcher de manière à ce les gens s’attachent à nous et non pas à Christ. Paul avertit les Éphésiens dans les Actes 20:29-30, « Je sais que… du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30). Nous ne devons pas entraîner les disciples après nous, mais après Christ. Paul dit clairement : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5).

Dans notre désir de voir un réveil, nous ne devons pas nous tromper de moyens. Il nous serait facile de manipuler les gens. La préparation psychologique n’est pas une préparation spirituelle. Parler incessamment du réveil n’est pas prêcher Christ. La soif d’un réveil n’équivaut pas la soif de Dieu. La demande de signes, dit Jésus, vient d’une « génération mauvaise et adultère » (Matthieu 12:39). Le message de l’évangile n’en est pas un de réveil mais de la croix : « Si quelqu’un veut venir après moi, dit Jésus, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive » (Luc 9:23).

Technorati tags: , ,