Serviteurs ou seigneurs ?

Voici une étude importante sur l’autorité pastorale que j’ai partagée avec des pasteurs il y a quelques semaines. Vous pouvez également la télécharger en fichier PDF en cliquant ici. Elle est aussi disponible sur le site coeurdeberger.org.

« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
(Marc 9:35).

Il y a beaucoup de confusion dans l’église par rapport à la position des pasteurs. Bien des pasteurs ont été gênés par des chrétiens bien intentionnés qui les ont placés sur un piédestal. Il semble que pour bien des chrétiens, la phrase « serviteur de Dieu » soit devenue un titre honorifique dépourvu de tout concept d’un service que le pasteur berger doit rendre aux brebis.

S’il y a de la confusion parmi les saints, il y en a également parmi les « serviteurs ». Parmi nos rangs de pasteurs se trouvent des hommes qui se prennent non pour des serviteurs mais pour des seigneurs. Au lieu de servir les adeptes, ils s’en servent pour assouvir leur convoitise de pouvoir et d’importance.

Nous reconnaissons bien que le ministère est un appel de Dieu et non pas à être pris à la légère, mais surtout à cause de la responsabilité redoutable de servir le Seigneur et son peuple et parce que « nous subirons un jugement plus sévère » (Jacques 3:1). Pourtant, en vue des exemples aberrants et non bibliques qui font étalage dans l’église de Dieu, il est nécessaire de souligner que l’appel de Dieu est un appel à servir. Le « serviteur » est appelé à servir et le Seigneur et les saints.

Dans cette étude, nous voulons considérer d’une perspective biblique la position du pasteur et sa relation avec les membres de son église et d’autres pasteurs. Nous commencerons avec l’enseignement de quelques chapitres dans l’Évangile de Marc concernant l’ambition, suivi par l’enseignement des apôtres, leur exemple dans les Actes et l’exemple de Christ lui-même.

I. LE SERVITEUR ET LE CHEMIN DE LA CROIX DANS L’ÉVANGILE SELON MARC

A. L’ambition nous aveugle au principe fondamental de la croix.

L’Evangile selon Marc (9:32 à 10:45) présente un enseignement important sur le service chrétien. Dans Marc 9:30, Jésus voyage seul avec ses disciples pour pouvoir leur enseigner concernant ses souffrances, sa mort et sa résurrection, « Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de le questionner » (Marc 9:32). La cause de leur incompréhension se trouve dans le verset 34.[1]

« Ils partirent de là et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sache. 31 Car il enseignait ses disciples et leur disait : Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. 32 Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de le questionner. 33 Ils arrivèrent à Capernaüm. Lorsqu’il fut dans la maison, Jésus leur demanda : De quoi discutiez-vous en chemin ? 34 Mais ils gardèrent le silence, car en chemin, ils s’étaient entretenus sur la question de savoir qui était le plus grand. 35 Alors il s’assit, appela les douze et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9:30-35).

Le verset 32 nous dit que les disciples n’ont pas compris ce que disait Jésus concernant ses souffrances et sa crucifixion. Arrivés à la maison, Jésus leur demanda de quoi ils avait discuté en chemin, mais ils avaient honte d’en parler « car en chemin, ils s’étaient entretenus sur la question de savoir qui était le plus grand » (9:34). Ils ne discutaient pas la théologie ou les meilleures méthodes pour guérir les gens, mais qui serait numéro un ! Les disciples n’ont pas compris le message de la croix parce que leur désir d’avoir la première place empêchait leur compréhension spirituelle. L’ambition nous aveugle au principe fondamental de la croix. L’ambition et la croix sont incompatibles.

« Alors il s’assit, appela les douze et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9:35). Jésus renverse les valeurs. Si nous voulons avoir la première place, nous devons prendre la dernière place. Si nous voulons être le premier, nous devons être le serviteur de tous. Si nous voulons être grands, nous devons être petits.

B. La grandeur d’un serviteur se mesure par la petitesse des gens qu’il sert.

« Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et après l’avoir embrassé, il leur dit : 37 Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants, me reçoit moi-même, et quiconque me reçoit, ne me reçoit pas moi-même, mais celui qui m’a envoyé » (Marc 9:36-37).

Jésus a prit un enfant (9:36-37). Normalement, nous mesurons notre grandeur par le nombre de gens qui nous soutiennent et nous aident. Un enfant ne peut rien faire pour nous. Un enfant n’a pas d’influence, pas de pouvoir pour faire quoi que ce soit pour nous. C’est tout à fait le contraire : nous servons les enfants. Jésus dit : « Si vous recevez en mon nom ceux qui n’ont pas d’influence, vous me recevez et vous recevez celui qui m’a envoyé. » Notre grandeur n’est pas mesurée par le nombre de gens puissants qui nous entourent, mais par le nombre de gens impuissants et sans influence que nous servons.

C. La grandeur d’un serviteur se mesure par son pouvoir d’inclure.

En voyant comment Jésus a accueilli l’enfant, Jean reconnaît qu’il a mal agi : « Jean lui dit : Maître, nous avons vu un homme qui chasse les démons en ton nom et qui ne nous suit pas, et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas » (Marc 9:38).

Nous mesurons aussi la grandeur par la capacité d’inclure et d’exclure. Le secrétaire qui décide qui peut voir le Président et qui ne peut le voir a beaucoup de pouvoir. L’homme qui peut dire : « Toi, tu restes dans le pays, mais toi, tu sors » a beaucoup de pouvoir. Jésus dit que nous ne devons pas nous servir de notre position pour empêcher des gens d’exercer le ministère qu’ils font au nom de Jésus.

« Jésus dit : Ne l’en empêchez pas, car il n’est personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse aussitôt après parler mal de moi. 40 En effet, celui qui n’est pas contre nous est pour nous. 41 Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous êtes au Christ, en vérité, je vous le dis, il ne perdra point sa récompense » (Marc 9:39-41).

On ne peut pas faire un miracle au nom de Jésus ou donner un verre d’eau en son nom et aussitôt après parler mal de Jésus. Notez l’étendue entre le miracle et le simple service de donne un verre d’eau en son nom ; Jésus n’en fait pas grande distinction. Par contre, tous ceux qui nous donnent un verre d’eau au nom de Christ, ne perdront pas leur récompense.

Il est important de remarquer que c’est Jésus qui est le point d’intérêt, pas nous : « … qui fasse un miracle en mon nom … parler mal de moi… donnera à boire un verre d’eau en mon nom… » Nous n’exerçons pas un ministère pour que les gens parlent bien de nous. Si les gens s’attachent à nous, l’accent de « notre » ministère a été mal placé. Paul a averti les Éphésiens, « Je sais que… du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30).

Dans les versets 42 et suivants, Jésus continue son enseignement sur la grandeur. Nous devons nous discipliner pour ne pas faire chuter des autres. Les mains, les yeux, les pieds doivent être employés pour servir Christ et les autres. Notre attitude envers les gens qui ne sont pas importants, les personnes de l’extérieur, les enfants et d’autres disciples, révèle si nous avons compris la mission et la croix de Christ.

Qui est le plus grand ? Celui qui se comporte comme Jésus.

  • Il accueillit l’enfant et celui qui n’est pas « utile ». Nous pouvons discerner la grandeur d’un homme par son attitude envers les petits enfants. Prenons-nous du temps pour aimer les petits, pour jouer avec eux ? Faisons-nous l’effort pour aider les plus faibles : ceux qui ont le cœur brisé, les pauvres, les captifs, les aveugles, les opprimés ? Jésus est venu pour eux (Luc 4:18).
  • Le plus grand recommande celui qui ne fait pas partie de notre groupe mais qui sert le Seigneur. Il n’est pas intolérant ; il n’a pas besoin de contrôler. Il est content des autres ministères que le Seigneur suscite autour de lui ; il les reconnaît, les bénit et prie pour eux.
  • Il exerce une discipline impitoyable dans sa propre vie, mais il protège les plus petits. Il ôte de sa vie tout ce qui peut être pour les autres une occasion de chute.

Qu’est-ce que Jésus veut ? Il veut des disciples qui

  • accueillent l’enfant ou l’indigent comme s’il était un roi.
  • récompensent tous ceux qui agissent en son nom.
  • se sacrifient eux-mêmes pour les « petits ».
  • sont en paix les uns avec les autres.

La grandeur se mesure par

  • la dernière place
  • un engagement total d’accueillir les plus petits,
  • une sympathie et une ouverture envers ceux qui invoquent et agissent en son nom (mais cf. Matthieu 7:21-23),
  • une passion pour la pureté personnelle,
  • une sévérité avec nous-mêmes et une douceur avec les autres.

Voici quelques questions pour mesurer notre grandeur :

Pas : Combien de gens m’aident ou me suivent ?

Mais : Quelle est la profondeur de mon engagement envers les autres ?

Pas : Qui est-ce que je permets d’entre dans mon cercle d’influence ?

Mais : Quelle est la largeur de mon cercle de communion ? Qui puis-je inclure tout en restant loyal à Jésus ?

Pas : Comment puis-me me développer ?

Mais : Qui puis-je développer et quelle est l’intensité de ma passion pour être pur et utile ?

D. Encore, l’ambition nous rend lents à comprendre les principes du Royaume de Dieu.

« Des gens lui amenèrent des petits enfants pour qu’il les touche. Mais les disciples leur firent des reproches. 14 Jésus, en le voyant, fut indigné et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour leurs pareils. 15 En vérité, je vous le dis, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point. 16 Puis il les embrassa et les bénit, en leur imposant les mains » (Marc 10:13-16).

Comme nous avons constaté, l’ambition nous aveugle. Les disciples ne comprennent toujours pas qu’il faut accueillir les plus petits et les faibles. Jésus nous avertit que si nous ne recevons pas le Royaume de Dieu avec le cœur d’un enfant, il nous sera impossible d’y entrer.

Dans 10:24, les disciples sont stupéfaits que l’homme riche qui avait obéi les commandements n’entre dans le Royaume de Dieu. Jésus souligne encore que plusieurs des premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers (10:31 ; cf. 9:35).

Encore, Jésus revient sur la nécessité des souffrances et de la croix. Jésus et ses disciples sont encore en voyage – en direction de Jérusalem. Les disciples sont angoissés et craintifs et Jésus leur parle encore de sa mort. C’est la quatrième fois que Jésus parle de sa mort (8:31 ; 9:9-10 ; 9:31 ; 10:32-34) :

« Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient angoissés et ceux qui suivaient étaient dans la crainte. Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et se mit à leur dire ce qui devait lui arriver : 33 Voici : nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, le livreront aux païens, 34 se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le feront mourir ; et trois jours après, il ressuscitera » (Marc 10:32-34).

C’est à ce point que Jacques et Jean font leur requête. Ils sont un peu hésitants comme des gens ou des enfants qui nous posent une question en nous posant la question : « Est-ce que je peux te poser une question ? » Ou peut-être qu’ils sont un peu plus insistants : « Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons » (Marc 10:35).

« Les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus et lui dirent : Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons. 36 Il leur dit : Que désirez-vous que je fasse pour vous ? 37 Donne-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ta gloire » (Marc 10:35-37).

Jésus leur demande : « Que désirez-vous que je fasse pour vous ? » (Marc 10:36). Ils ne demandent pas comment ils peuvent servir, s’ils peuvent laver des vêtements pour les autres, préparer un logement ou chercher quelque chose à manger pour le groupe. Ils ont une ambition : ils cherchent une place d’honneur à la droite et à la gauche de Jésus. Ils cherchent une position. Peut-être croyaient-ils qu’ils l’avaient méritée. Avaient-ils pensé à Pierre qui faisait partie des trois ? Cherchaient-ils à le devancer ?

E. Trois vérités concernant le leadership dans le Royaume de Dieu

La réponse de Jésus révèle des choses très importantes concernant le leadership et le Royaume de Dieu.

1. Le leadership implique la souffrance.

« Jésus leur dit : Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? Ils lui dirent : Nous le pouvons. » (Marc 10:38).

Dans la mentalité juive, la coupe signifiait la souffrance, même la colère de Dieu. Une intimité avec Christ implique un partage de sa croix.

« Mon but est de le connaître, lui, ainsi que la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, 11 si possible, à la résurrection d’entre les morts » (Philippiens 3:10-11).

Jacques et Jean répondent avec désinvolture : « Nous le pouvons. » Ils ne savent pas que Jacques deviendra martyr et que Jean sera exilé.

2. Le leadership implique une affectation souveraine.

« Et Jésus leur répondit : Il est vrai que vous boirez la coupe que je vais boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je vais être baptisé ; 40 mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de le donner, sinon à ceux pour qui cela est préparé » (Marc 10:39-40).

Le leadership est un appel de Dieu, pas une position que nous choisissons pour nous-mêmes.

Les dix s’indignaient contre Jacques et Jean (10:41) tout simplement parce qu’ils voulaient la même chose pour eux-mêmes. C’est facile de s’indigner quand nous voyons l’arrivisme chez les autres, mais notre indignation est trop souvent indication que nous souffrons de la même maladie.

3. Le leadership implique le service.

« Jésus les appela et leur dit : Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. 43 Il n’en est pas de même parmi vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur ; 44 et quiconque veut être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous » (Marc 10:42-44).

Jésus dit que son Royaume ne sera pas mené comme les nations de ce monde. Il n’y aura pas d’abus de pouvoir parmi ses serviteurs. Notez la relation entre les « veut être » et les « sera » : Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous. »

Puis Jésus nous donne ce que J. Oswald Sanders a appelé le « principe maître du Maître » : « Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » (Marc 10:45). Le service de Jésus est la base de la nôtre. Il n’est pas venu pour se servir des gens mais pour les servir.

II. LE SERVITEUR ET LE CHEMIN DE LA CROIX SELON LES APÔTRES

A. Le serviteur de Dieu doit adopter la mentalité d’un esclave.

Le serviteur de Dieu doit adopter la mentalité d’un esclave : il n’a pas de droit et il ne cherche pas sa propre volonté. Paul dit que nous devons avoir l’attitude de Christ qui a cédé toutes ses divines prérogatives pour devenir un esclave. C’est la voie de l’humilité et le chemin de la croix :

« Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus, 6 lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, 7 mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, 8 il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix » (Philippiens 2:5-8).

Le pasteur ne revendique pas ses droits ; il les renonce pour Christ et pour son église. Paul dit encore : « Pour moi, je n’ai usé d’aucun de ces droits… » (1 Corinthiens 9:15). Le bâton d’autorité du pasteur est l’exemple de sa propre croix, instrument de sa mort à lui-même. Il ne dirige pas par le pouvoir de sa position ; il conduit par la puissance de son exemple. “Sois un modèle pour les fidèles, dit Paul à Timothée, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Timothée 4:12).

B. L’autorité apostolique et l’abus de pouvoir

Paul était un des apôtres les plus grands. Dieu s’est servi de lui pour opérer des miracles extraordinaires (Actes 19:11). Il a été enlevé dans le paradis (2 Corinthiens 12:1-10) et a eu des révélations que nul autre homme n’a jamais eues (2 Corinthiens 12:7 ; Éphésiens 3:3-5). Il a écrit une grande partie du Nouveau Testament. Il aurait pu être gonflé de sa suffisance. Il aurait pu se servir de ce qu’il avait reçu pour dominer sur les chrétiens comme le font quelques pasteurs de nos jours. Malgré tout, il savait qu’il était serviteur, non un dictateur. Les chrétiens de Corinthe était divisés concernant les leaders. Il y avait des groupes différents qui soutenaient Pierre (voir 1 Corinthiens 1:12), Apollos ou Paul. La réponse de Paul était nette :

« En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et de la discorde, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas d’une manière tout humaine? 4 Quand l’un dit: Moi, je suis de Paul! et un autre: Moi, d’Apollos! 5 n’êtes-vous pas des hommes? Qu’est-ce donc qu’Apollos, et qu’est-ce que Paul? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun. 6 J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. 7 Ainsi, ce n’est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître » (1 Corinthiens 3:3-7).

Ils n’étaient pas des seigneurs mais « des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun » (v. 5). Il conclut cette section en disant : « Que personne donc ne mette sa gloire dans les hommes… (1 Corinthiens 3:21).

Dans 2 Corinthiens 1:24, il a écrit :

« non que nous dominions sur votre foi, mais nous voulons collaborer à votre joie, puisque vous êtes fermes dans la foi »

En encore :

« … et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5).

Quant aux autres serviteurs, Paul était capable de les encourager, mais il ne leur a pas imposé sa volonté :

« Quant au frère Apollos, je l’ai beaucoup exhorté à se rendre chez vous avec les frères, mais ce n’était décidément pas sa volonté de le faire maintenant ; il partira, quand il en aura l’occasion » (1 Corinthiens 16:12).

Il ne faut pas oublier que Paul est l’apôtre et qu’Apollos est le « frère ». Pourtant, Apollos se sent tout à fait libre de ne acquiescer aux désirs de Paul, ce qui ne gêne pas la relation. Dans le corps de Christ, comme Jésus nous a enseigné, nous sommes tous « frères » :

« Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. 9 Et n’appelez personne sur le terre père, car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. 10 Ne vous faites pas appeler directeurs, car un seul est votre Directeur, le Christ. 11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. 12 Qui s’élèvera sera abaissé, et qui s’abaissera sera élevé » (Matthieu 23:8-12).

Si l’apôtre Paul ne dominait pas sur les églises qu’il avait fondées, par quel droit un pasteur aujourd’hui domine-t-il sur l’église ?

C. Il n’est pas nécessaire de se faire abuser.

Dans cette même épître, Paul reprend les Corinthiens parce qu’ils ont accepté d’être dominés par certaines personnes qui se prenaient pour des apôtres, « de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ » (2 Corinthiens 11:13) :

« Vous supportez si volontiers les insensés, vous qui êtes sensés ! 20 Vous supportez en effet qu’on vous asservisse, qu’on vous dévore, qu’on vous dépouille, qu’on vous traite avec arrogance, qu’on vous frappe au visage ! » (2 Corinthiens 11:19-20).

Ces faux apôtres asservissaient les Corinthiens par leur soi-disant autorité et les Corinthiens les ont imprudemment tolérés. Paul leur a reproché cet asservissement.

D. Le pasteur berger ne doit pas dominer le troupeau.

L’apôtre Pierre a bien compris ce que Dieu attendait des meneurs :

« Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux… 2 Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, … 3 non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5:1-3 LSG).

Il ne peut être plus clair. Pierre dit que les pasteurs doivent conduire par exemple ; ils doivent être des modèles, non pas des maîtres. Ils ne doivent pas « dominer » (bfc, lsg ; ser : « tyranniser ») les brebis ; ils doivent leur montrer le modèle à imiter.

L’apôtre Pierre se présente dans ce passage comme « moi ancien comme eux ». Il aurait pu souligner son appel personnel par Christ et ses expériences extraordinaires pour revendiquer une supériorité. Au contraire, il se met sur le même pied d’égalité avec les anciens. Il ne cherchait pas à dominer les autres anciens ni le troupeau de Dieu.

L’apôtre Jean a aussi parlé des dictateurs dans l’église. Il avertit l’église concernant Diotrèphe qui voulait être le premier et qui voulait contrôler les autres membres de l’église :

« J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas. 10 C’est pourquoi, si je viens, je rappellerai les actes qu’il commet, en répandant contre nous des paroles mauvaises ; non content de cela, lui-même ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église » (3 Jean 1:9-10).

Diotrèphe voulait être le premier. Il cherchait à protéger sa position en ne pas recevant l’apôtre Jean ni les missionnaires qu’il avait envoyés. Dans les versets 3 à 8, il est clair qu’il s’agit de missionnaires.

  1. Diotrèphe aimait être le premier.
  2. Il ne recevait pas l’apôtre Jean ni les missionnaires qu’il avait envoyés.
  3. Il calomniait l’apôtre et les missionnaires.
  4. Il empêchait ceux qui voulaient recevoir les missionnaires.
  5. Il chassait de l’église ceux qui voulaient les recevoir.

Donc, Diotrèphe dominait l’église. Il calomniant les missionnaires et l’apôtre Jean, et il cherchait à éliminer toute concurrence possible. Quelle est la raison pour ce comportement ? Il voulait être le point de référence pour l’église ; il aimait être le premier. Jean a dit qu’il corrigerait Diotrèphe en rappelant ses actes et ses paroles. Un tel comportement est insupportable dans l’église de Jésus-Christ et doit être redressé.

E. Tentatives de justifier ce que Christ a condamné

Parfois on se sert de Hébreux 13:17 pour justifier le contrôle abusif et l’attitude autoritaire de certains dirigeants :

« Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage » (Hébreux 13:17 LSG).

Le terme pour obéir dans ce verset veut dire dans son sens littéral « soyez persuadés par ». Ce texte ne donne pas aux conducteurs le contrôle absolu sur la vie des autres. Au contraire, il encourage les disciples à être persuadés par le bon comportement de ceux qui veillent sur leurs âmes. L’obéissance en question n’est pas celle qui se produit de la domination mais celle qui est produite par la persuasion d’un bon exemple. Ce passage nous enseigne que nous devrions considérer l’exemple des conducteurs qui dans la crainte du Seigneur nous conduisent à Christ.[2] Interpréter ce passage de façon qui donne une autorité absolue aux conducteurs fait violence à tous les passages que nous avons déjà considérés ci-dessus. Dieu ne se contredit pas.

F. Résumé de la position apostolique

Christ, Paul, Pierre et Jean ont condamné l’erreur de ceux qui cherchent à dominer et à imposer leur volonté sur les autres. Le message est clair, mais il n’est pas admis par tout le monde. Il est ironique que ceux qui revendiquent une « autorité spirituelle » pour eux-mêmes rejettent l’autorité authentique, celle des Écritures et du Seigneur Jésus-Christ, en refusant de suivre ces principes de la Parole de Dieu.

Cela ne veut pas dire que nous ne gouvernons pas, mais que nous gouvernons avec un esprit d’un serviteur : « Il n’en est pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert » (Luc 22:26).

III. LA DIRECTION COLLEGIALE

À ce point il convient de dire que les apôtres ont travaillé en solidarité ou collégialité les uns avec les autres et avec l’église. Par exemple, dans les Actes 6, l’église faisait face à une grande crise qui risquait de diviser l’église en deux groupes : les Hellénistes et les Hébreux. Les douze ont convoqué la multitude des chrétiens et leur a demandé de choisir des hommes capables de se charger de la distribution de la nourriture auprès des veuves. Les douze apôtres ont fait une suggestion qui a plu à toute la multitude, la crise a été bien gérée, et l’église a été bénie (Actes 6:1-7). Il est à noter que tout le monde a participé pour résoudre le problème, tous les apôtres et l’église entière. Il n’y avait pas un seul homme qui dominait.

Dans les Actes 10 et 11, Pierre est allé chez le païen Corneille annoncer l’évangile. Les apôtres ont mis leur collègue sur la sellette : « Tu es entré chez des incirconcis, et tu as mangé avec eux ! » (Actes 11:3). Pierre n’a pas revendiqué une autorité pour lui-même. Il n’a pas dit : « Je prends cela sous ma responsabilité. » Il n’a pas dit que Christ lui avait donné les clefs du royaume et qu’il n’avait pas à rendre des comptes. Non, il s’est soumis à ses collègues.

Des années plus tard, à la Conférence de Jérusalem dans les Actes 15, l’église faisait face encore à une grande crise concernant l’admission des païens dans l’église. Il y avait « une vive discussion » (Actes 15:7) et tout le monde pouvait s’exprimer. Ensuite Pierre a raconté ce que le Seigneur lui avait appris. Puis Paul et Barnabas ont raconté tout ce que le Seigneur avait fait à travers leur ministère au milieu des païens. Il n’y avait pas une seule personne qui dominait. Jacques, le leader du groupe, a résumé la discussion et a souligné la base biblique qui soutenait la direction du débat.

Il est important de noter que le conflit fait partie de temps à autre de la vie et de la vie de l’église. La question essentielle est comment nous le résolvons. Pour simplifier, il existe deux manières de résoudre le conflit : une personne peut imposer sa volonté sur tout le groupe ou tout le groupe peut s’exprimer à cœur ouvert et disposé jusqu’à ce que le groupe entier discerne la volonté de Dieu soit à l’unanimité, soit par vote. La suite du passage dans les Actes 15 est instructive :

« 22 Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, ainsi qu’à l’Église entière, de choisir parmi eux et d’envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabas, Jude appelé Barsabbas et Silas, hommes estimés parmi les frères. 23 Ils les chargèrent d’une lettre ainsi conçue : … 25 Il nous a paru bon, après nous être mis d’accord, de… 27 Nous avons donc… 28 Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de… » (Actes 15:22-28).

Ayant tout discuté d’une manière franche et ouverte, tous les apôtres et les anciens et l’Église entière se sont « mis d’accord » et ils ont pu dire : « Il nous a paru bon… » Voilà une vérité étonnante : tout ce conflit et le franc-parler était la méthode employée par le Saint-Esprit pour unir l’église et révéler la volonté de Dieu : « Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous » (Actes 15:28). Un leader qui ne supporte pas la discussion mais qui impose sa volonté sur le groupe ne pourra jamais le conduire selon la volonté de Dieu parce que Dieu se sert de tous les membres du corps pour faire connaître sa volonté. Un conducteur ne peut pas dire : « Je n’ai pas besoin de votre avis, je connais la volonté de Dieu pour l’église. »

« L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous » (1 Corinthiens 12:21).

Le serviteur de tous ne doit pas avoir peur de la discussion. Il ne doit pas la supprimer. Il ne doit pas penser qu’il connaît tout ou que lui seul a la pensée du Seigneur.

L’église est conduite par un collège des anciens, c’est-à-dire des pasteurs reconnus. L’église a besoin de la pastorale pour être protégée des loups redoutables qui n’épargnent pas le troupeau et des hommes qui entraînent les disciples après eux :

« Je sais que parmi vous, après mon départ, s’introduiront des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, 30 et que du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30).

Les pasteurs eux-mêmes ont besoin de cette correction qui leur est donnée par la pastorale. L’ensemble de pasteurs reconnus fonctionne (1) à protéger les pasteurs dans leurs tendances à dévier de la doctrine et de la pratique bibliques, et (2) à protéger l’église de toute aberration pastorale.

IV. CHRIST ET LE POUVOIR

Personne n’a jamais eu à sa disposition un pouvoir plus grand que celui de Jésus. Dans son livre excellent Transforming Leadership, Leighton Ford dit que Jésus avait la capacité de déterminer les multitudes avec son Sermon sur la montagne, de calmer la tempête avec une parole, de chasser les démons, d’ouvrir les yeux des aveugles ou même de maudire le figuier et le faire sécher. Nous lisons deux déclarations étonnantes

« Jésus… savait que le Père avait tout remis entre ses mains, qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait à Dieu » (Jean 13:3).

« lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, 7 mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, 8 il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix » (Philippiens 2:6-8).

Dans la première déclaration, nous lisons que Dieu avait tout remis entre ses mains (Jean 13:3). Jean nous a déjà fait référence à cette autorité de Jésus dans 3:35, « Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main. » Encore dans le chapitre 5 nous lisons que « tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait également » (5:19) ; « comme le Père ressuscite les morts et les fait vivre, de même aussi le Fils fait vivre qui il veut » (5:21) ; que « le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père » (5:22-23), que « comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même, et il lui a donné le pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est Fils de l’homme » (5:26-27).

Malgré sa condition exaltée, c’est-à-dire « celle de Dieu », Jésus a pris la condition d’un esclave. Nous voyons Jésus dans cette condition d’un esclave dans Jean 13. Ce passage nous est tellement familier que l’impact nous échappe. Pour nous mettre dans le contexte, vous vous souvenez que Jean-Baptiste a dit qu’il n’était pas digne de délier les la courroie des sandales de Jésus. Les sources rabbiniques nous indiquent que les rabbins pouvaient faire toute sorte de demandes sur leurs disciples, mais ils ne pouvaient pas leur demander d’ôter les sandales du rabbin ; c’était une tâche trop avilissante. Par contre, Jean-Baptiste dit, en effet, que son Maître est tellement supérieur aux rabbins qu’il lui serait un honneur de délier les sandales de Jésus, un honneur dont il n’était pas digne.

Jésus démontre le renversement les valeurs : Le dernier sera le premier. Les péagers et les prostituées devanceront les pharisiens dans le Royaume de Dieu. Et celui qui est le plus grand sera le serviteur de tous. Jésus ôte ses vêtements, s’entoure d’un linge, et fait le travail d’un esclave. Ses disciples ne sont pas obligés de lui laver les pieds ; mais il leur lave les pieds. C’est la seule fois que Jésus leur dit : « Je vous ai donné un exemple, afin que, vous aussi, vous fassiez comme moi je vous ai fait » (Jean 13:15). Il continue :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. 17 Si vous savez cela, vous êtes heureux, pourvu que vous le mettiez en pratique » (Jean 13:16-17).

Nous ne sommes pas supérieurs à Jésus. S’il s’est humilié et a pris la condition d’un esclave, nous devons aussi le faire les uns pour les autres.

CONCLUSION

Quelle est la position des pasteurs ? Certains se prennent pour des seigneurs. Ils dominent le troupeau de Dieu. Ils ne rendent pas compte à qui que ce soit. Ils aiment être le premier. Cette manière de se comporter n’est pas le chemin de la croix. Les apôtres ont donné un autre exemple et ils ont dénoncé toute approche autoritaire parmi les pasteurs. Ils ont même dit que l’église n’avait pas à se soumettre à des abus spirituels. Que le Seigneur nous aide à nous charger de notre croix. Nous concluons avec cette exhortation de l’apôtre Paul, basée sur l’exemple de Christ :

« ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire, mais dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. 4 Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. 5 Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus… » (Philippiens 2:3-5).


[1] L’étude sur l’Évangile selon Marc est basée sur Leighton Ford, Transforming Leadership, Downers Grove : IVP, 1991.

[2] Jason Young, “Abuse of Authority in the Church, A Biblical Perspective of Leadership” http://www.actseighteen.com/articles/authority-abuse.htm.

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Comment s’achève le plan de Dieu pour l’unité de l’Église ?

Comment s’achève le plan de Dieu pour l’unité de l’Église ? Paul indique qu’il s’achève par la puissance de l’Esprit Saint en réponse à la prière, mais la sphère de son travail se trouve dans nos cœurs où Christ demeure pour nous faire comprendre toutes les dimensions de son amour en sorte que nous soyons remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Quelles sont les dimensions de l’amour de Christ ? Comment pouvons-nous mesurer l’immensurable ? Comment pouvons-nous connaître ce qui est inconnaissable ? Comment pouvons-nous être remplis de toute la plénitude de Dieu ? La réponse à ces questions se trouve dans un message sur Éphésiens 3:14-21 que vous pouvez lire ici.

Réveil et le message de l’évangile

Le livre des Actes est en quelque sorte une histoire de réveils, ou bien la progression d’une église vivante et en pleine expansion. Les apôtres ont été souvent persécutés, chassés de ville en ville et même lapidés, mais normalement ils ont pu implanter une église de personnes qui avaient été transformées par la puissance de Dieu qui est l’évangile de Christ (Romains 1:16). Le ministère de Philippe dans une ville de Samarie en est un bon exemple.

« Les foules, d’un commun accord, s’attachaient à ce que disait Philippe, en apprenant et voyant les miracles qu’il faisait. 7 Car des esprits impurs sortaient de beaucoup de démoniaques, en criant d’une voix forte, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris. 8 Et il y eut une grande joie dans cette ville » (Actes 8:6-8).

À quoi les gens s’attachaient-ils ? « À ce que disait Philippe » (8:6). Que disait-il ? Le verset précédent nous le dit : « Philippe, descendu dans une ville de la Samarie, y prêcha le Christ » (Actes 8:5). Quelques versets plus loin nous lisons qu’il « leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ » (Actes 8:12). Et encore, « (les habitants de) la Samarie avaient reçu la parole de Dieu » (Actes 8:14). Il n’a pas prêché le réveil, mais sa prédication de Christ a amené un réveil. La prédication de Christ a produit le « réveil ».

L’apôtre Pierre n’a pas prêché le réveil chez Corneille. Comme Philippe, Pierre prêchait le Christ :

« Et Jésus nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester qu’il a été lui-même désigné par Dieu comme juge des vivants et des morts. 43 Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. 44 Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole » (Actes 10:42-44).

Pierre prêchait que Jésus avait ordonné que nous prêchions que Dieu l’avait désigné comme juge, et que c’est par lui que nous recevons le pardon des péchés. Il n’a pas prêché le réveil ; il a prêché l’évangile de Jésus-Christ, et en prêchant l’évangile, le Saint-Esprit est descendu.

En suivant les pistes de l’apôtre Paul dans le livre des Actes, nous constatons qu’il n’a jamais cessé de prêcher Jésus-Christ. Il résume son message dans 1 Corinthiens 2:2, « Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2:2).

Encore, Paul n’a pas prêché le réveil. L’évangile n’est pas un message de réveil mais le message de Jésus-Christ. Nous ne cherchons pas le réveil, ni des manifestations, ni des signes, mais Jésus-Christ lui-même. Donc, nous ne prêchons pas le réveil, mais « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

Paul n’a pas prêché non plus ses expériences, ses guérisons et ses exorcismes. Il est possible et dangereux de prêcher de manière à ce les gens s’attachent à nous et non pas à Christ. Paul avertit les Éphésiens dans les Actes 20:29-30, « Je sais que… du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30). Nous ne devons pas entraîner les disciples après nous, mais après Christ. Paul dit clairement : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5).

Dans notre désir de voir un réveil, nous ne devons pas nous tromper de moyens. Il nous serait facile de manipuler les gens. La préparation psychologique n’est pas une préparation spirituelle. Parler incessamment du réveil n’est pas prêcher Christ. La soif d’un réveil n’équivaut pas la soif de Dieu. La demande de signes, dit Jésus, vient d’une « génération mauvaise et adultère » (Matthieu 12:39). Le message de l’évangile n’en est pas un de réveil mais de la croix : « Si quelqu’un veut venir après moi, dit Jésus, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive » (Luc 9:23).

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Réveil et le message de l’évangile

Le livre des Actes est en quelque sorte une histoire de réveils, ou bien la progression d’une église vivante et en pleine expansion. Les apôtres ont été souvent persécutés, chassés de ville en ville et même lapidés, mais normalement ils ont pu implanter une église de personnes qui avaient été transformées par la puissance de Dieu qui est l’évangile de Christ (Romains 1:16). Le ministère de Philippe dans une ville de Samarie en est un bon exemple.

« Les foules, d’un commun accord, s’attachaient à ce que disait Philippe, en apprenant et voyant les miracles qu’il faisait. 7 Car des esprits impurs sortaient de beaucoup de démoniaques, en criant d’une voix forte, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris. 8 Et il y eut une grande joie dans cette ville » (Actes 8:6-8).

À quoi les gens s’attachaient-ils ? « À ce que disait Philippe » (8:6). Que disait-il ? Le verset précédent nous le dit : « Philippe, descendu dans une ville de la Samarie, y prêcha le Christ » (Actes 8:5). Quelques versets plus loin nous lisons qu’il « leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ » (Actes 8:12). Et encore, « (les habitants de) la Samarie avaient reçu la parole de Dieu » (Actes 8:14). Il n’a pas prêché le réveil, mais sa prédication de Christ a amené un réveil. La prédication de Christ a produit le « réveil ».

L’apôtre Pierre n’a pas prêché le réveil chez Corneille. Comme Philippe, Pierre prêchait le Christ :

« Et Jésus nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester qu’il a été lui-même désigné par Dieu comme juge des vivants et des morts. 43 Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. 44 Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole » (Actes 10:42-44).

Pierre prêchait que Jésus avait ordonné que nous prêchions que Dieu l’avait désigné comme juge, et que c’est par lui que nous recevons le pardon des péchés. Il n’a pas prêché le réveil ; il a prêché l’évangile de Jésus-Christ, et en prêchant l’évangile, le Saint-Esprit est descendu.

En suivant les pistes de l’apôtre Paul dans le livre des Actes, nous constatons qu’il n’a jamais cessé de prêcher Jésus-Christ. Il résume son message dans 1 Corinthiens 2:2, « Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2:2).

Encore, Paul n’a pas prêché le réveil. L’évangile n’est pas un message de réveil mais le message de Jésus-Christ. Nous ne cherchons pas le réveil, ni des manifestations, ni des signes, mais Jésus-Christ lui-même. Donc, nous ne prêchons pas le réveil, mais « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

Paul n’a pas prêché non plus ses expériences, ses guérisons et ses exorcismes. Il est possible et dangereux de prêcher de manière à ce les gens s’attachent à nous et non pas à Christ. Paul avertit les Éphésiens dans les Actes 20:29-30, « Je sais que… du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30). Nous ne devons pas entraîner les disciples après nous, mais après Christ. Paul dit clairement : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5).

Dans notre désir de voir un réveil, nous ne devons pas nous tromper de moyens. Il nous serait facile de manipuler les gens. La préparation psychologique n’est pas une préparation spirituelle. Parler incessamment du réveil n’est pas prêcher Christ. La soif d’un réveil n’équivaut pas la soif de Dieu. La demande de signes, dit Jésus, vient d’une « génération mauvaise et adultère » (Matthieu 12:39). Le message de l’évangile n’en est pas un de réveil mais de la croix : « Si quelqu’un veut venir après moi, dit Jésus, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive » (Luc 9:23).

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Le chemin du réveil

Dans son étude sur les réveils, la description par Richard M. Riss (aux pages 3 à 6) a provoqué pour moi plusieurs questions. Étant donné qu’il y a des conditions pour expérimenter la bénédiction de Dieu, nous devons nous demander si nous sommes réellement en en route pour un réveil. Considérons les traits de réveils que donne M. Riss et quelques questions qu’ils provoquent :

1. Dans un réveil, les gens développent un enthousiasme intense pour le christianisme. Ils sont si préoccupés des choses de Dieu qu’ils ne désirent pas parler d’autres choses. Il y a un fort sentiment d’amour, de joie, de paix et de la présence de Dieu tel que les gens ne veulent pas quitter les réunions. C’est le ciel sur terre.

  • Question : Sommes-nous préoccupés des choses de Dieu ? « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » (Colossiens 3:1). Dieu a-t-il réellement la première place dans notre pensée ?

2. Dans un réveil, la prédication, l’enseignement et la musique pénètrent d’une manière extraordinaire les cœurs des auditeurs qui ont bien soif de la Parole de Dieu.

  • Question : Les auditeurs de la prédication de Pierre « eurent le coeur vivement touché » (Actes 2:37). Notre prédication, notre enseignement et le message de notre musique sont-ils tellement saturés de la Parole et de l’Esprit de Dieu qu’ils pénètrent les cœurs des auditeurs ?

3. Un réveil est caractérisé par un accent fort sur la Bible et son enseignement, surtout sur les souffrances, la croix, le sang, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

  • Question : Paul a dit : « Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2:2). Et encore, « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5). Prêchons-nous nous-mêmes ou Christ-Jésus ?

4. Un réveil est caractérisé par une forte conviction du péché, conviction de la justice et du jugement à venir (Jean 16:8). Bien des gens sont saisis d’une révélation de la gloire de Dieu, d’un sentiment de leur méchanceté et de leur état désespéré devant Dieu, et d’une crainte bouleversante de Dieu et de son jugement. Ils se rendent compte qu’ils méritent la mort et la rétribution divine, et ils implorent la miséricorde de Dieu.

  • Question : Paul prêchait « sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir » de façon que le gouverneur Félix était « saisi de crainte » (Actes 24:25). Prêchons-nous ces thèmes de conséquence éternelle de manière que les gens soient secoués de leur indifférence ?

5. Dans un réveil, des individus sont libérés de l’esclavage du péché, des habitudes et des attitudes mauvaises. Les préjugés sont brisés, les foyers brisés sont guéris et il y a un fort sentiment d’unité entre les croyants.

  • Question : La Bible dit que la grâce « nous enseigne à renoncer à l’impiété, aux désirs de ce monde, et à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste et pieuse » (Tite 2:12). « Maintenant, libérés du péché et esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sanctification et pour fin la vie éternelle » (Romains 6:22). Notre prédication produit-elle de tels résultats ?

6. Dans ces circonstances, des multitudes de pécheurs sont convertis tandis que les chrétiens entrent plus profondément dans la plénitude de la foi. Les rétrogrades reviennent au Seigneur. Il y a même des pasteurs qui sont sauvés en reconnaissant qu’ils ne savaient rien de la puissance de Dieu avant de le rencontrer dans ces circonstances.

  • Question : Est-ce notre désir profond de connaître Christ (Philippiens 3:10) ? De progresser toujours dans l’œuvre du Seigneur (1 Corinthiens 15:58) ? Nous efforçons-nous d’ajouter à notre foi et d’affermir notre vocation et notre élection (2 Pierre 1:5-11) ?

7. Quand l’Église est réveillée, il y a une onction puissante de l’Esprit de Dieu et parfois des guérisons et d’autres miracles.

  • Question : Pour l’exercice de notre ministère, dépendons-nous de nos talents, de notre savoir-faire et de notre éducation, c’est-à-dire la chair (Philippiens 3:4) ou de la force que Dieu nous donne (1 Pierre 4:11), cette l’onction précieuse du Saint-Esprit (Éphésiens 6:19) ?

8. Dans un réveil, un esprit de sacrifice est présent. Des gens passent des nuits entières à chercher la face de Dieu et à prier pour ceux qui sont perdus, ce qui donne naissance à des actions missionnaires pour faire des disciples des nations.

  • Question : Sommes-nous prêts à nous dépenser nous-mêmes pour les âmes d’autrui (2 Corinthiens 12:15), à prier, à jeûner et à souffrir pour ceux qui sont sans Dieu, sans Christ et sans espérance dans le monde (Éphésiens 2:12 ; 2 Corinthiens 11:22-30) ? Le faisons-nous ?

Dieu veut bénir et il veut nous réveiller, mais il est temps pour chacun de nous d’obéir à son commandement de nous réveiller nous-mêmes : « C’est pourquoi il est dit : Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et le Christ resplendira sur toi » (Ephésiens 5:14).

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Le chemin du réveil

Dans son étude sur les réveils, la description par Richard M. Riss (aux pages 3 à 6) a provoqué pour moi plusieurs questions. Étant donné qu’il y a des conditions pour expérimenter la bénédiction de Dieu, nous devons nous demander si nous sommes réellement en en route pour un réveil. Considérons les traits de réveils que donne M. Riss et quelques questions qu’ils provoquent :

1. Dans un réveil, les gens développent un enthousiasme intense pour le christianisme. Ils sont si préoccupés des choses de Dieu qu’ils ne désirent pas parler d’autres choses. Il y a un fort sentiment d’amour, de joie, de paix et de la présence de Dieu tel que les gens ne veulent pas quitter les réunions. C’est le ciel sur terre.

  • Question : Sommes-nous préoccupés des choses de Dieu ? « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » (Colossiens 3:1). Dieu a-t-il réellement la première place dans notre pensée ?

2. Dans un réveil, la prédication, l’enseignement et la musique pénètrent d’une manière extraordinaire les cœurs des auditeurs qui ont bien soif de la Parole de Dieu.

  • Question : Les auditeurs de la prédication de Pierre « eurent le coeur vivement touché » (Actes 2:37). Notre prédication, notre enseignement et le message de notre musique sont-ils tellement saturés de la Parole et de l’Esprit de Dieu qu’ils pénètrent les cœurs des auditeurs ?

3. Un réveil est caractérisé par un accent fort sur la Bible et son enseignement, surtout sur les souffrances, la croix, le sang, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

  • Question : Paul a dit : « Car je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2:2). Et encore, « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5). Prêchons-nous nous-mêmes ou Christ-Jésus ?

4. Un réveil est caractérisé par une forte conviction du péché, conviction de la justice et du jugement à venir (Jean 16:8). Bien des gens sont saisis d’une révélation de la gloire de Dieu, d’un sentiment de leur méchanceté et de leur état désespéré devant Dieu, et d’une crainte bouleversante de Dieu et de son jugement. Ils se rendent compte qu’ils méritent la mort et la rétribution divine, et ils implorent la miséricorde de Dieu.

  • Question : Paul prêchait « sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir » de façon que le gouverneur Félix était « saisi de crainte » (Actes 24:25). Prêchons-nous ces thèmes de conséquence éternelle de manière que les gens soient secoués de leur indifférence ?

5. Dans un réveil, des individus sont libérés de l’esclavage du péché, des habitudes et des attitudes mauvaises. Les préjugés sont brisés, les foyers brisés sont guéris et il y a un fort sentiment d’unité entre les croyants.

  • Question : La Bible dit que la grâce « nous enseigne à renoncer à l’impiété, aux désirs de ce monde, et à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste et pieuse » (Tite 2:12). « Maintenant, libérés du péché et esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sanctification et pour fin la vie éternelle » (Romains 6:22). Notre prédication produit-elle de tels résultats ?

6. Dans ces circonstances, des multitudes de pécheurs sont convertis tandis que les chrétiens entrent plus profondément dans la plénitude de la foi. Les rétrogrades reviennent au Seigneur. Il y a même des pasteurs qui sont sauvés en reconnaissant qu’ils ne savaient rien de la puissance de Dieu avant de le rencontrer dans ces circonstances.

  • Question : Est-ce notre désir profond de connaître Christ (Philippiens 3:10) ? De progresser toujours dans l’œuvre du Seigneur (1 Corinthiens 15:58) ? Nous efforçons-nous d’ajouter à notre foi et d’affermir notre vocation et notre élection (2 Pierre 1:5-11) ?

7. Quand l’Église est réveillée, il y a une onction puissante de l’Esprit de Dieu et parfois des guérisons et d’autres miracles.

  • Question : Pour l’exercice de notre ministère, dépendons-nous de nos talents, de notre savoir-faire et de notre éducation, c’est-à-dire la chair (Philippiens 3:4) ou de la force que Dieu nous donne (1 Pierre 4:11), cette l’onction précieuse du Saint-Esprit (Éphésiens 6:19) ?

8. Dans un réveil, un esprit de sacrifice est présent. Des gens passent des nuits entières à chercher la face de Dieu et à prier pour ceux qui sont perdus, ce qui donne naissance à des actions missionnaires pour faire des disciples des nations.

  • Question : Sommes-nous prêts à nous dépenser nous-mêmes pour les âmes d’autrui (2 Corinthiens 12:15), à prier, à jeûner et à souffrir pour ceux qui sont sans Dieu, sans Christ et sans espérance dans le monde (Éphésiens 2:12 ; 2 Corinthiens 11:22-30) ? Le faisons-nous ?

Dieu veut bénir et il veut nous réveiller, mais il est temps pour chacun de nous d’obéir à son commandement de nous réveiller nous-mêmes : « C’est pourquoi il est dit : Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et le Christ resplendira sur toi » (Ephésiens 5:14).

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Le réveil et nos mort-nés

Quand nous considérons le besoin d’un réveil, nous devrons avouer que nous avons donné naissance à pas mal de mort-nés. En cherchant à faciliter la nouvelle naissance, à éviter les douleurs d’enfantement, les larmes et trop de tension sur les nouveaux-nés, nous nous sommes servis de formules qui ont produit des avortons plutôt que des enfants viables. Quand Paul a-t-il jamais conduit des gens dans une prière de repentance ? Le premier verbe de l’évangile est « Repentez-vous ! » (Marc 1:15). Nul pasteur ne peut le faire pour vous. Nul prédicateur ne peut confesser vos péchés à votre place. Vous avez à faire avec Dieu.

En conduisant des gens dans la prière de confession, nous avons court-circuité un processus saint qui doit avoir lieu dans la profondeur du cœur du pécheur pénitent. « Quand [le Saint-Esprit] sera venu, dit Jésus, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement » (Jean 16:8). Bien des gens sont dans l’église parce que l’on leur a promis la joie, la paix, l’amour, une meilleure vie, la résolution de tous leurs problèmes, mais ils n’ont jamais été convaincus de péché. Il ne se voient pas comme pécheurs que dans le sens général que « Nous sommes tous pécheurs », comme en Polynésie française, « Nous sommes tous croyants. » Ils ne se voient pas comme personnellement coupables devant un Dieu saint à qui chacun rendra compte pour des péchés qu’il a commis contre Sa Majesté.

Dans notre présentation de l’évangile, nous ne voulons pas mettre les gens mal à l’aise. Quel contraste avec la prédication de Paul devant le gouverneur Félix : « Mais, comme Paul discourait sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir, Félix, saisi de crainte, lui dit : Pour le moment, tu peux t’en aller ; quand j’en trouverai le temps, je te rappellerai » (Actes 24:25). La prédication de l’évangile n’a pas mis Félix à l’aise ; il était saisi de crainte !

On note que le message de Paul s’alignait avec l’œuvre du Saint-Esprit : le Saint-Esprit « convaincra le monde de péché, de justice et de jugement » ; « Paul discourait sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir. » C’est cette sorte de prédication qui permet au Saint-Esprit de convaincre les pécheurs de péché et de les conduire à une tristesse selon Dieu. Encore, Paul explique : « En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance (qui mène) au salut et que l’on ne regrette pas, tandis que la tristesse du monde produit la mort » (2 Corinthiens 7:10). C’est la conviction du péché qu’opère le Saint-Esprit qui produit la repentance. Des gens ne savent pas se repentir parce qu’ils n’ont pas été convaincus de péché. Ils n’ont pas été convaincus du péché parce que nous avons laissé à côté cette partie de l’évangile qui exposerait leur besoin de se repentir mais qui produirait en eux la vie éternelle. Ils ont machinalement répété après nous une prière de confession sans se rendre compte de leur culpabilité profonde et personnelle devant Dieu ; ils l’ont fait sans être attristés selon Dieu et sans arriver à « une repentance (qui mène) au salut ».

Dans son livre Les Réveils religieux, le grand évangéliste, Charles G. Finney, nous rappelle que la nouvelle naissance n’est pas produite par des formules magiques :

L’examen de vous-mêmes consiste à diriger vos regards sur votre vie, à considérer vos actions, à vous rappeler le passé pour en connaître le vrai caractère. Prenez vos péchés personnels un à un et considérez-les. Je ne dis pas que vous devez jeter un rapide coup d’œil sur votre vie passée, reconnaître qu’elle est remplie de péchés et demander pardon à Dieu, après une confession générale. Je dis qu’il faut prendre vos péchés un à un. Il ne serait pas mal de prendre une plume et du papier, et de les noter à mesure qu’ils se présentent à votre souvenir. Faites ce compte avec le même soin qu’un commerçant apporte à tenir sur ses livres ; et à mesure qu’un péché se présente à votre mémoire, ajoutez-le à votre liste. Des confessions générales ne serviront jamais à rien ; vos péchées ont été commis un à un ; et autant que vous pourrez les atteindre par le souvenir, vous devez en faire la revue et vous en repentir pareillement un à un (p. 27).

Si nous voulons voir un réveil, nous devons changer nos méthodes faciles et nos formules magiques qui ne font qu’accoucher des mort-nés. Le vrai réveil commencera avec la conversion des « croyants » et la résurrection de nos avortons.

Le réveil et nos mort-nés

Quand nous considérons le besoin d’un réveil, nous devrons avouer que nous avons donné naissance à pas mal de mort-nés. En cherchant à faciliter la nouvelle naissance, à éviter les douleurs d’enfantement, les larmes et trop de tension sur les nouveaux-nés, nous nous sommes servis de formules qui ont produit des avortons plutôt que des enfants viables. Quand Paul a-t-il jamais conduit des gens dans une prière de repentance ? Le premier verbe de l’évangile est « Repentez-vous ! » (Marc 1:15). Nul pasteur ne peut le faire pour vous. Nul prédicateur ne peut confesser vos péchés à votre place. Vous avez à faire avec Dieu.

En conduisant des gens dans la prière de confession, nous avons court-circuité un processus saint qui doit avoir lieu dans la profondeur du cœur du pécheur pénitent. « Quand [le Saint-Esprit] sera venu, dit Jésus, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement » (Jean 16:8). Bien des gens sont dans l’église parce que l’on leur a promis la joie, la paix, l’amour, une meilleure vie, la résolution de tous leurs problèmes, mais ils n’ont jamais été convaincus de péché. Il ne se voient pas comme pécheurs que dans le sens général que « Nous sommes tous pécheurs », comme en Polynésie française, « Nous sommes tous croyants. » Ils ne se voient pas comme personnellement coupables devant un Dieu saint à qui chacun rendra compte pour des péchés qu’il a commis contre Sa Majesté.

Dans notre présentation de l’évangile, nous ne voulons pas mettre les gens mal à l’aise. Quel contraste avec la prédication de Paul devant le gouverneur Félix : « Mais, comme Paul discourait sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir, Félix, saisi de crainte, lui dit : Pour le moment, tu peux t’en aller ; quand j’en trouverai le temps, je te rappellerai » (Actes 24:25). La prédication de l’évangile n’a pas mis Félix à l’aise ; il était saisi de crainte !

On note que le message de Paul s’alignait avec l’œuvre du Saint-Esprit : le Saint-Esprit « convaincra le monde de péché, de justice et de jugement » ; « Paul discourait sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir. » C’est cette sorte de prédication qui permet au Saint-Esprit de convaincre les pécheurs de péché et de les conduire à une tristesse selon Dieu. Encore, Paul explique : « En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance (qui mène) au salut et que l’on ne regrette pas, tandis que la tristesse du monde produit la mort » (2 Corinthiens 7:10). C’est la conviction du péché qu’opère le Saint-Esprit qui produit la repentance. Des gens ne savent pas se repentir parce qu’ils n’ont pas été convaincus de péché. Ils n’ont pas été convaincus du péché parce que nous avons laissé à côté cette partie de l’évangile qui exposerait leur besoin de se repentir mais qui produirait en eux la vie éternelle. Ils ont machinalement répété après nous une prière de confession sans se rendre compte de leur culpabilité profonde et personnelle devant Dieu ; ils l’ont fait sans être attristés selon Dieu et sans arriver à « une repentance (qui mène) au salut ».

Dans son livre Les Réveils religieux, le grand évangéliste, Charles G. Finney, nous rappelle que la nouvelle naissance n’est pas produite par des formules magiques :

L’examen de vous-mêmes consiste à diriger vos regards sur votre vie, à considérer vos actions, à vous rappeler le passé pour en connaître le vrai caractère. Prenez vos péchés personnels un à un et considérez-les. Je ne dis pas que vous devez jeter un rapide coup d’œil sur votre vie passée, reconnaître qu’elle est remplie de péchés et demander pardon à Dieu, après une confession générale. Je dis qu’il faut prendre vos péchés un à un. Il ne serait pas mal de prendre une plume et du papier, et de les noter à mesure qu’ils se présentent à votre souvenir. Faites ce compte avec le même soin qu’un commerçant apporte à tenir sur ses livres ; et à mesure qu’un péché se présente à votre mémoire, ajoutez-le à votre liste. Des confessions générales ne serviront jamais à rien ; vos péchées ont été commis un à un ; et autant que vous pourrez les atteindre par le souvenir, vous devez en faire la revue et vous en repentir pareillement un à un (p. 27).

Si nous voulons voir un réveil, nous devons changer nos méthodes faciles et nos formules magiques qui ne font qu’accoucher des mort-nés. Le vrai réveil commencera avec la conversion des « croyants » et la résurrection de nos avortons.

Le réveil tarde, parce que…

Dans son livre Pour quand le réveil ?, Leonard Ravenhill donne des raisons pourquoi le réveil tarde. Voici quelques citations de son livre, du chapitre « Le réveil tarde, parce que… » :

Pourquoi le réveil tarde-t-il ? La réponse est simple, parce que l’évangélisation est devenue une affaire de gros sous…

Le réveil tarde, parce que l’Évangile a été déprécié… De nos jours, les évangélistes sont prêts à faire n’importe quoi, tant que cela pousse quelqu’un à s’approcher de l’autel. Ils demandent avec nonchalance : « Qui a besoin d’aide ? qui veut recevoir plus de puissance ? Qui veut marcher plus près du Seigneur ? » Une telle attitude déshonore le sang de Christ et équivaut à la prostitution, parce qu’elle est basée sur une foi facile sans repentir et sans l’abandon du péché.

Nous devons sanctifier l’autel, car l’autel est un endroit où l’on meurt. Que ceux qui ne veulent pas payer ce prix n’en parlent pas !

Le réveil tarde à cause de l’insouciance. À l’autel, on consacre trop peu de temps aux personnes qui s’approchent pour traiter des affaires éternelles…

Le réveil tarde à cause de la crainte. En tant qu’évangélistes, nous restons bouche cousue devant les fausses religions du notre siècle, comme si nous connaissions plus d’un nom par lequel les hommes puissent être sauvés…

…si, dans le Nouveau Testament, les chrétiens étaient lapidés et enduraient toutes sortes d’ignominies, comment se fait-il, dans la mesure où le péché et les pécheurs n’ont pas changé, que nous, prédicateurs, ne déclenchions plus les foudres de l’enfer ? Pourquoi demeurons-nous si glacialement réguliers, si extraordinairement nuls ? Nous pouvons voir des émeutes sans réveil. Mais, à la lumière de la Bible et de l’histoire de l’Église, où voyons-nous un réveil sans émeutes ?

Le réveil tarde parce que le sentiment d’urgence fait défaut dans la prière… Le facteur essentiel, unique même qui provoque ce retard dans le réveil du Saint-Esprit, c’est que l’on ne souffre plus l’agonie pour gagner des âmes. Nous substituons la propagande à la propagation. Quelle folie ! Le Nouveau Testament ajoute un précieux post-scriptum à l’histoire d’Élie dans Jacques 5.17 qui déclare : « il pria » ! Sans cette mention, forts du récit de l’Ancien Testament dans lequel nous aurions remarqué l’absence de toute allusion à la prière, nous nous serions exclamés : « Élie prophétisa ».

Finalement, le réveil tarde parce que nous usurpons la gloire de Dieu… Rejetons toute accolade charnelle, toutes les flatteries de la chaire [sic] ! N’exaltons plus : « mon programme radio », « mon église », « mes livres » ! Oh, ce défilé écœurant de la chair sur nos estrades : « Nous avons le grand privilège, etc…» …

Et Dieu dans tout cela ? Il n’en retire pas grand-chose ? Pourquoi alors, Dieu n’accomplit-Il pas sa promesse bénie, et pourtant terrible, de nous vomir de sa bouche ? Nous avons échoué. Nous sommes sales. Nous aimons les compliments des hommes. Nous « cherchons notre propre intérêt » (1 Corinthiens 10:24). « O Dieu, sors-nous de cette ornière et de cette fange ! Bénis-nous en nous brisant ! Le jugement doit commencer par nous, les prédicateurs ! »

Le réveil tarde, parce que…

Dans son livre Pour quand le réveil ?, Leonard Ravenhill donne des raisons pourquoi le réveil tarde. Voici quelques citations de son livre, du chapitre « Le réveil tarde, parce que… » :

Pourquoi le réveil tarde-t-il ? La réponse est simple, parce que l’évangélisation est devenue une affaire de gros sous…

Le réveil tarde, parce que l’Évangile a été déprécié… De nos jours, les évangélistes sont prêts à faire n’importe quoi, tant que cela pousse quelqu’un à s’approcher de l’autel. Ils demandent avec nonchalance : « Qui a besoin d’aide ? qui veut recevoir plus de puissance ? Qui veut marcher plus près du Seigneur ? » Une telle attitude déshonore le sang de Christ et équivaut à la prostitution, parce qu’elle est basée sur une foi facile sans repentir et sans l’abandon du péché.

Nous devons sanctifier l’autel, car l’autel est un endroit où l’on meurt. Que ceux qui ne veulent pas payer ce prix n’en parlent pas !

Le réveil tarde à cause de l’insouciance. À l’autel, on consacre trop peu de temps aux personnes qui s’approchent pour traiter des affaires éternelles…

Le réveil tarde à cause de la crainte. En tant qu’évangélistes, nous restons bouche cousue devant les fausses religions du notre siècle, comme si nous connaissions plus d’un nom par lequel les hommes puissent être sauvés…

…si, dans le Nouveau Testament, les chrétiens étaient lapidés et enduraient toutes sortes d’ignominies, comment se fait-il, dans la mesure où le péché et les pécheurs n’ont pas changé, que nous, prédicateurs, ne déclenchions plus les foudres de l’enfer ? Pourquoi demeurons-nous si glacialement réguliers, si extraordinairement nuls ? Nous pouvons voir des émeutes sans réveil. Mais, à la lumière de la Bible et de l’histoire de l’Église, où voyons-nous un réveil sans émeutes ?

Le réveil tarde parce que le sentiment d’urgence fait défaut dans la prière… Le facteur essentiel, unique même qui provoque ce retard dans le réveil du Saint-Esprit, c’est que l’on ne souffre plus l’agonie pour gagner des âmes. Nous substituons la propagande à la propagation. Quelle folie ! Le Nouveau Testament ajoute un précieux post-scriptum à l’histoire d’Élie dans Jacques 5.17 qui déclare : « il pria » ! Sans cette mention, forts du récit de l’Ancien Testament dans lequel nous aurions remarqué l’absence de toute allusion à la prière, nous nous serions exclamés : « Élie prophétisa ».

Finalement, le réveil tarde parce que nous usurpons la gloire de Dieu… Rejetons toute accolade charnelle, toutes les flatteries de la chaire [sic] ! N’exaltons plus : « mon programme radio », « mon église », « mes livres » ! Oh, ce défilé écœurant de la chair sur nos estrades : « Nous avons le grand privilège, etc…» …

Et Dieu dans tout cela ? Il n’en retire pas grand-chose ? Pourquoi alors, Dieu n’accomplit-Il pas sa promesse bénie, et pourtant terrible, de nous vomir de sa bouche ? Nous avons échoué. Nous sommes sales. Nous aimons les compliments des hommes. Nous « cherchons notre propre intérêt » (1 Corinthiens 10:24). « O Dieu, sors-nous de cette ornière et de cette fange ! Bénis-nous en nous brisant ! Le jugement doit commencer par nous, les prédicateurs ! »