On m’a posé la question suivante : Est-ce que le diable savait d’avance que le Seigneur Jésus était venu pour nous sauver du péché et qu’il allait mourrir sur la croix ?
Voici une réponse tirée de plusieurs ressources que j’ai à ma disposition :
Satan ne comprenait pas pleinement la mission rédemptrice du Christ, bien qu’il ait reconnu en Jésus une menace importante. Tout au long du ministère de Jésus, les démons connaissaient son identité, mais semblaient ignorer le but de sa venue sur leur territoire. Cette ignorance paraît délibérée de la part de Dieu : la sagesse divine concernant la crucifixion fut intentionnellement gardée secrète jusqu’après l’événement.
Les preuves cruciales portent sur le rôle de Satan dans l’orchestration de la crucifixion. Satan et ses forces ont joué un rôle déterminant dans la mort du Christ, Satan s’étant emparé de Judas pour l’inciter à la trahison. Pourtant, Paul indique que si les « princes de ce monde » avaient compris la sagesse secrète de Dieu, ils n’auraient pas crucifié le Christ. Cela suggère que Satan reconnaissait en Jésus une puissance rivale, mais qu’il a fondamentalement mal compris le sens de la croix.
La nature de l’erreur de Satan apparaît clairement lorsqu’on examine ses motivations. Les puissances spirituelles reconnaissaient Jésus, mais ne pouvaient comprendre pourquoi le Fils de Dieu était entré sur leur territoire, incapables d’imaginer un acte motivé par un amour sacrificiel. Satan croyait apparemment que la crucifixion du Christ l’éliminerait, pour finalement découvrir que cette crucifixion était en réalité le plan du Christ pour expier les péchés de l’humanité et briser le pouvoir du péché.
Loin d’être une victoire stratégique, les actions de Satan se transformèrent en défaite. En orchestrant la crucifixion de Jésus par des intermédiaires humains, les puissances, sans le savoir, participèrent au plan secret de Dieu. Satan tenta de contrecarrer le Christ et de mettre fin à sa mission en orchestrant sa trahison et sa crucifixion – et pourtant, cet acte même accomplit la rédemption. L’ironie est profonde : l’effort le plus acharné de Satan pour détruire le Christ devint le mécanisme du salut de l’humanité et sa propre défaite finale.
Quel est le lien entre Hébreux 5.7 et cette question, le jardin de Gethsémané et la croix ?
Hébreux 5.7 décrit Jésus offrant « des prières et des supplications, avec de grands cris et des larmes » à Dieu, qui était « puissant le sauver de la mort », et étant « exaucé à cause de sa piété ». Ce passage éclaire directement l’expérience de Gethsémané et la relie à l’œuvre rédemptrice du Christ.
Ce lien opère à plusieurs niveaux. Cette description rappelle Jésus dans le jardin de Gethsémané, où, en proie à l’angoisse, il priait avec plus d’ardeur ; et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient à terre. (Luc 22.39–44) Plutôt que de dépeindre une acceptation sereine, l’auteur décrit un Jésus profondément affligé, implorant son Père à haute voix², révélant ainsi une véritable lutte humaine.
Point essentiel, Jésus ne priait pas pour être épargné de la mort, mais pour être sauvé de la mort. Il priait pour ressusciter d’entre les morts, et Dieu exauça sa prière. Dieu le sauva de la mort en raison de sa piété – c’est-à-dire que, même dans la situation la plus éprouvante, Jésus conserva une soumission respectueuse envers Dieu. Ses prières furent entendues, en ce sens qu’il fut « délivré de la mort », c’est-à-dire ressuscité.
Ceci révèle la signification profonde de Gethsémané pour la compréhension de la croix. Bien qu’il fût Fils, il apprit l’obéissance par la souffrance (Hébreux 4.14–5.10). L’obéissance que Jésus apprit fut l’obéissance dans la souffrance. Obéir sans résistance est une chose ; obéir lorsque cette obéissance même entraîne la douleur en est une autre. Le jardin devint le creuset où fut forgée l’obéissance rédemptrice du Christ – sa soumission volontaire à la volonté du Père malgré la mort, lui qui portait le péché de l’humanité.
Ressources consultées :
- Boyd, Gregory A. “Christus Victor View,” in The Nature of the Atonement: Four Views, ed. James K. Beilby and Paul R. Eddy, Spectrum Multiview Books (Downers Grove, IL: IVP Academic, 2006), 36–37.
- Courson, Jon. Jon Courson’s Application Commentary (Nashville, TN: Thomas Nelson, 2003), 1017.
- Gooding, David. In the School of Christ: Lessons on Holiness in John 13–17, Myrtle field Expositions (Coleraine, Northern Ireland: Myrtlefield House, 2013), 17.
- Kaiser, Walter C.Jr. et al., Hard Sayings of the Bible (Downers Grove, IL: InterVarsity, 1996), 680.
- Keown, Mark J. Discovering the New Testament: An Introduction to Its Background, Theology, and Themes: General Letters & Revelation (Bellingham, WA: Lexham Press, 2022), 3:54.
- Wiersbe, Warren W. The Bible Exposition Commentary (Wheaton, IL: Victor Books, 1996), 2:293.
