Le Dieu Créateur

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre (Genèse 1:1 NEG).

La Bible nous dit que Dieu est le Créateur

L’accent du premier chapitre du livre de Genèse est sur le fait que c’est Dieu qui a tout créé. Le nom “Dieu” (אלהים, Elohim) se trouve 32 fois en 26 versets.

  • Dieu créa (3 fois : 1:1, 21, 27 ; plus 2 fois “il créa” : 1:27)
  • Dieu dit (10 fois : 1:3, 6, 9, 11, 14, 20, 24, 26, 28, 29)
  • Dieu vit (7 fois : 1:4, 10, 12, 18, 21, 25, 31 ; dont 6 fois “…que cela était [très] bon”)
  • Dieu sépara (2 fois : 1:4, 7)
  • Dieu appela (3 fois : 1:5, 8, 10 ; plus “il appela” : 1:5, 10)
  • Dieu fit (4 fois en 3 versets : 1:7, 16, 25)
  • Dieu plaça (1 fois : 1:17)
  • Dieu bénit (2 fois : 1:22, 28)

On ne peut pas ne pas reconnaître que Dieu est le Créateur des cieux et de la terre.

En plus, nous trouvons que “l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux” (Gen. 1:2 NEG), et que Dieu créa l’homme “à l’image de Dieu” (Gen. 1:27 NEG).

On ne peut pas ne pas reconnaître que Dieu est le Créateur des cieux et de la terre.

La créatio ex nihilo

La Bible enseigne que Dieu a tout créé ex nihilo, c’est-à-dire “du néant”. Selon Walther Eichrodt, Ésaïe fait référence à Genèse 1:1 en parlant d’un commencement absolu de l’ordre créé :

Ne le savez-vous pas ? ne l’avez-vous pas appris ? ne vous l’a-t-on pas fait connaître dès le commencement ? N’avez-vous jamais réfléchi à la fondation de la terre ? (Isa. 40:21 NEG).

Bien que la formule “créatio ex nihilo” ne se trouve pas dans la Bible, il est clair qu’il ne s’agit pas d’une récréation ou d’une réorganisation de la matière comme si Dieu n’était qu’un artisan ou un bâtisseur qui travaillait ce qui existait déjà plutôt que le Créateur de tout ce qui n’est pas Dieu lui-même. Le nom “commencement” fait référence au commencement absolu de tout l’ordre créé. Dit Claus Westermann :

Genèse 1:1 ne fait pas référence à un commencement de quelque chose ; elle fait référence tout simplement Au Commencement. Tout commença par Dieu.”

La phrase “les cieux et la terre” (Gen. 1:1, 21 fois dans la NEG) est une locution qui inclut tout le cosmos. Donc, tout l’univers – tout l’ordre créé – fut créé du néant par le Dieu Tout-Puissant.

Le petit dieu du mormonisme

Joseph Smith, fondateur du mormonisme, a dénoncé vers la fin de sa vie en 1844 la doctrine chrétienne de créatio ex nihilo. Selon Smith,

…le mot créer vient du mot baurau [sic], qui ne veut pas dire créer du néant ; il signifie… organiser le monde du chaos.

Pour Smith, la matière était éternelle. L’existence de Dieu dépendait de la matière et non le contraire. Brigham Young, successeur de Smith, a déclaré :

Affirmer que le Seigneur a fait ce monde du néant est ridicule et impossible. Dieu n’a jamais rien fait du néant.

Parley Pratt, un des premiers apôtres du mormonisme, a dit que “toutes les variétés d’éléments, de propriétés ou de choses” sont “éternelles, non créées et auto-existantes”.

La création n’est qu’une réorganisation pour les mormons. Leur petit dieu dépend des éléments, des lois et des principes qui déterminent les limites de son activité.

Bârâ’  (ברא) et l’argument étymologique

Le mormon B. H. Roberts avoue que le Jewish Encyclopedia indique que “la plupart des philosophes juifs trouve dans Genèse 1:1 que ‘création’ veut dire ‘création du néant’.” Pourtant, il commet le sophisme exégétique en disant que “la signification étymologique du verbe (“créer”) est ‘découper ou façonner’, et présuppose l’emploi de matière.” Il en extrapole que dans la création, Dieu a façonné des matières premières préexistantes.

Est-il valable de faire recours à un argument étymologique ? Par exemple, selon Le Petit Robert, l’adjectif “gentil” vient du latin gentilis et signifiait dans le XIe siècle « de famille, de race » et indiquait ceux qui était noble de naissance. Cela n’est pas sa signification quand on dit à un enfant : “Si tu es gentil, tu auras un bonbon.”

Le savant biblique Moisés Silva dit de manière catégorique :

Les études modernes nous contraignent de rejeter cette attitude [c’est-à-dire faire appel à l’étymologie d’un terme pour trouver sa signification de base ou réelle] et de nous méfier de l’histoire d’un mot.

Le professeur James Barr dit de même :

L’important, c’est que l’étymologie d’un mot n’est pas une déclaration de sa signification mais de son histoire.

Bârâ’ (créer) peut être employé pour la création par Dieu de la nation d’Israël (Ésaïe 43:15) ou pour sa création d’un cœur pur (Psaume 51:12), et nous comprenons qu’il ne s’agit pas d’une création ex nihilo. La question importante est celle-ci : quand nous considérons les passages bibliques qui parlent de la création, quelle signification est le mieux soutenue par les Écritures – celle des mormons et l’interprétation chrétienne ?

Par exemple :

… Dieu… qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient (Rom. 4:17 NEG).

C’est par la foi que nous reconnaissons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles (Héb.. 11:3 NEG).

Ces versets soutiennent une création du néant, non une réorganisation de matières premières.

L’emploi de bârâ’ (ברא)

Comme nous avons constaté, le verbe bârâ’ tout seul n’implique pas forcément une création ex nihilo mais son emploi est important :

  1. Dieu est toujours le sujet du verbe bârâ’. Le verbe n’est jamais employé pour indiquer le travail de l’homme.
  2. Un autre terme, le verbe ‘asah (‘faire’), est employé pour parler de personnes qui fabriquent quelque chose de matières préexistantes.
  3. Quand le verbe bârâ’ est employé, il n’y a jamais mention de matières premières employées par Dieu.
  4. Le verbe bârâ’ est le meilleur terme pour indiquer une création ex nihilo ; nul autre terme hébreu ne conviendrait.
  5. En plus, l’idée de créatio ex nihilo est implicite dans Genèse 1:1 puisque nul commencement de Dieu n’est mentionné.

Quelques citations de savants bibliques

Jürgen Moltmann, théologien allémand :

Dire que Dieu créa le monde indique que Dieu est distinct de ce monde, et souligne que Dieu l’a désiré… C’est le résultat spécifique de sa volonté. Puisqu’ils sont le résultat de l’activité créatrice de Dieu, les cieux et la terre sont… contingents.

John Sailhamer, professeur de l’Ancien Testament :

Les savants bibliques croient depuis fort longtemps que l’idée de ‘création du néant’ peut se trouver dans la phrase d’ouverture de Genèse 1…. Il y a très peu que le texte pourrait signifier autre qu’une ‘création du néant’. La simple notion que le monde a un ‘commencement’ semblerait nécessiter qu’il soit créé ‘du néant’.

Les commentateurs Keil et Delitzsch :

La terre était informe et vide pas avant, mais quand ou après que Dieu l’avait créé.

…il n’y a rien qui appartient à la composition de l’univers, soit en matière ou en forme, qui avait une existence… avant cet acte divin au commencement.

Citations bibliques

Il existe d’abondantes références bibliques à la création par Dieu (par l’agence de Christ) de toutes choses visibles et invisibles. En voici quelques-unes :

C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses (Rom. 11:36 NEG).

il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses (1 Co. 8:6 NEG).

Dieu qui a créé toutes choses (Éph. 3:9 NEG).

Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui (Col. 1:16 NEG).

tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées (Apo. 4:11 NEG).

Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle (Jean 1:3 NEG).

La doctrine de création du néant reflète la compréhension des juifs de l’Ancien Testament ainsi que l’enseignement du Nouveau Testament. C’est la doctrine de l’Église depuis deux mille ans. Le Créateur est infiniment plus grand que nous ne pouvons imaginer.

Source : Francis J. Beckwith, et. al., The New Mormon Challenge, Zondervan, 2002, surtout les pages 99-115.

Le jugement dernier prévu pour le 21 mai 2011 ! (Certainement pas !)

Panneau à Port Vila, Vanuatu annonçant le dernier jugement pour le 21 mai 2011

L’organisation www.FamilyRadio.com a presque entouré le monde de panneaux d’affichage annonçant le retour de Christ et le jugement dernier pour samedi 21 mai 2011. Selon leur site web et des traités distribués par leur représentants (même ici à Port Vila, Vanuatu – au bout du monde !), l’enlèvement de l’Église aura lieu le 21 mai et le jugement de Dieu sur les habitants de la Terre commencera, concluant avec la fin du monde le 21 octobre 2011.

Ce plan démontre les régions qu’ils ont infiltrées par panneaux d’affichage, traités, visites ou radiodiffusion :

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Qu’en dit les Écritures ?

Nous ne pouvons pas savoir quand Christ reviendra.

Dans son livre massif, Systematic Theology: An Introduction to Biblical Theology, Wayne Grudem démontre des Écritures que nous ne pouvons savoir quand Christ reviendra (p. 1093-1094). “Plusieurs passages indiquent que nous ne savons pas et que nous ne pouvons pas savoir le temps du retour de Christ.

C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. (Mat 24:44 NEG).

Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l’heure. (Mat 25:13 NEG).

Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.  33 Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps viendra. (Mar 13:32-33 NEG).

“Il est tout simplement un faux-fuyant, dit Grudem, de dire que nous ne pouvons savoir le jour ou l’heure, mais nous pouvons savoir le mois ou l’an. Le fait demeure que Jésus revient… “à l’heure où vous n’y penserez pas” (Luc 12:40 et Mat 24:44 NEG). (Dans ces versets, le mot “heure” [ὥρᾳ, hôra] se comprend dans son sens général référant au temps quand quelque chose se passera, pas forcément à une période de 60 minutes.)

“L’intérêt de ces passages, c’est que Jésus nous dit que nous ne pouvons pas savoir quand il revient. Puisqu’il reviendra à un temps inattendu, nous devrions être prêts à tout moment pour son retour.”

Nous devrions rejeter tout enseignement qui prétend savoir la date du retour de Christ.

Nous devons automatiquement considérer comme ayant tort toute personne qui prétend savoir spécifiquement quand Jésus revient.

“Le résultat pratique de cet enseignement de Jésus, c’est que nous devons automatiquement considérer comme ayant tort toute personne qui prétend savoir spécifiquement quand Jésus revient. Les Témoins de Jéhovah ont fait beaucoup de prédictions de dates spécifiques pour le retour de Christ, et chaque fois ils ont eu tort.

“D’autres personnes ont également fait des prédictions, parfois en revendiquant une nouvelle perspicacité concernant les prophéties bibliques. Parfois elles ont prétendu avoir reçu une révélation personnelle de Jésus lui-même indiquant le temps de son retour.”

Conséquences néfastes

“Il est regrettable que beaucoup de gens ont été trompés par ces prétentions, parce que si des gens sont convaincus que Christ reviendra (par exemple) dans un mois, ils commenceront à se retirer de tous leurs engagements à long terme. Ils retireront leurs enfants de l’école, vendront leur maison, quitteront leur emploi, et laisseront tomber leurs projets à long terme que ce soit à l’église ou ailleurs. Au départ, ils auront peut-être plus de zèle pour l’évangélisation ou pour la prière, mais la nature bizarre de leur comportement contrebalancera tout impact d’évangélisation. En plus, ils désobéissent tout simplement l’enseignement des Écritures que la date du retour de Christ ne peut être connue, ce qui veut dire que même leur prière et leur communion avec Dieu seront aussi empêchées.

“Toute personne qui prétend savoir la date du retour de Christ—de quelle que source que ce soit—devrait être rejetée comme ayant tort” (Grudem, p. 1093-1094).

Je vois encore un autre danger. Il est vrai que Jésus-Christ revient, mais l’erreur de ceux qui prétendent savoir le temps de son retour, agit comme un vaccin contre la vérité de son retour et endurcit les non croyants contre l’évangile pour qu’ils se moquent de la vérité comme prédit l’apôtre Pierre :

…dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, et marchant selon leurs propres convoitises.  4 Ils disent : Où est la promesse de son avènement ? (2 Pierre 3:3-4 NEG).

Jésus revient bientôt, mais certainement pas le 21 mai 2011 !

La conférence TGC 2011 : Christ dans l’Ancien Testament

La conférence TGC (“The Gospel Coalition”) 2011 est en pleine session et les messages sont simultanément traduits en français. Le thème est Christ dans l’Ancien Testament. Vous pourrez visiter leur site et télécharger les messages en audio au fur et à mesure qu’ils seront disponibles. Les quatre premiers messages par Albert Mohler, Tim Keller, Alistair Begg, et la discussion sont déjà en ligne.

mardi le 12 avril
mercredi le 13 avril
  • Session 5: James MacDonald: «Pas selon nos péchés» (Psaume 25)
  • Session 6: Conrad Mbewe: «Le germe juste» (Jérémie 23:1-8)
  • Session 7: Matt Chandler: «La jeunesse» (Ecclésiaste 11:7-12:14)
jeudi le 14 avril
  • Session 8: Mike Bullmore: «Le grand coeur d’amour de Dieu envers les siens» (Sophonie)
  • Session 9: Don Carson: «Être vraiment emballé concernant Melchisédek»

La prière, l’évangélisation du monde et le retour de Christ

Comment devrions-nous prier en cette fin d’année et dans l’année à venir ? La toute dernière prière de la Bible nous donne un point de repère : “Viens, Seigneur Jésus !” (Apocalypse 22:20, LSG). Nous devrions prier pour le retour de notre Seigneur.

Matthieu 24:14 indique qu’il existe un lien entre “la fin” et l’évangélisation du monde. Les disciples avaient posé cette question à Jésus : “…quel signe annoncera ta venue et la fin du monde” (Matthieu 1:3). Voici sa réponse :

Cette Bonne Nouvelle du règne de Dieu sera proclamée dans le monde entier pour que tous les peuples en entendent le témoignage. Alors seulement viendra la fin. (Matthieu 24:14, Semeur)

L’évangile sera proclamé à tout peuple avant le retour de Christ. Cette promesse nous donne courage malgré toutes les difficultés qu’étale Jésus dans les versets précédents. Notre travail dans le Seigneur n’est pas en vain.

Pierre ajoute la pensée étonnante que nous pouvons hâter le retour de Christ ! Il dit que nous devons être fortement “attachés à Dieu, en attendant que vienne le jour de Dieu et en hâtant sa venue !” (2 Pierre 3:1-12, Semeur). Comment ? Nous pouvons hâter sa venue en priant pour l’accomplissement de Genèse 12:3, Apocalypse 7:9-10 et Matthieu 24:14.

…Tous les peuples de la terre seront bénis à travers toi (Genèse 12:3, Semeur).

Après cela, je vis une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer. C’étaient des gens de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, de toute langue. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de tuniques blanches et ils avaient à la main des branches de palmiers. Ils proclamaient d’une voix forte :
   —Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le trône, et à l’Agneau. (Apocalypse 7:9-10, Semeur).

Priez…

  1. Priez pour l’évangélisation la plus rapide du monde, de chaque peuple, groupe, région, ville, nation et pays non atteints.
  2. Priez pour que la “Grande Commission” soit restaurée comme base du ministère de l’Église globale.
  3. Priez concernant votre participation dans la réalisation de la Grande Commission. Quelle est la volonté de Dieu pour votre vie ? Dans le nouvel an, serez-vous obéissant à ses directives au sujet de l’évangélisation du monde ? Est-il possible que Dieu vous appelle à un ministère particulier pour prier, pour soutenir ou pour aller aux bouts du monde pour votre Maître ?
  4. Priez pour la participation de votre église. Priez que votre église croisse dans son zèle et engagement missionnaires dans l’année à venir.

Traduit et adapté de “Operation World

La vierge Marie, mère de Jésus, dans les Écritures

Dans l’Église catholique, Marie est exaltée à la position de médiatrice entre Dieu et les hommes. L’Église catholique enseigne qu’elle est née sans péché (la conception immaculée, dogme depuis 1854), qu’elle est restée vierge toute sa vie, qu’au lieu de mourir, elle a été reçue corporellement au ciel (l’Assomption, dogme depuis 1950) où elle intercède pour nous.

Jésus et sa mère

Les Écritures donne une autre image de Marie. Elles disent très peu de cette vierge qui “à qui une grâce a été faite” (Luc 1:28). Plus tard, dans les évangiles, chaque fois que Marie est mentionnée, Jésus met une distance entre lui-même et sa mère. Par exemple, un jour une foule a annoncé à Jésus que sa mère et ses frères voulaient le voir :

Quelqu’un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit : Voici ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère (Matthieu 12:47-50).

Selon Jésus, l’obéissance est plus importante que la position de sa mère.

Encore, dans Luc 11:27-28, Jésus détourne de sa mère une certaine honneur :

Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : Heureux le sein qui t’a porté ! heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !

Encore, l’obéissance à la parole de Dieu importe plus que la position de Marie.

Aux noces de Cana de Galilée, Jésus a dit à sa mère : “Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue” (Jean 2:4). Il ne l’appelle pas “mère” mais “femme”, mettant une certaine distance entre eux.


Marie devait apprendre qu’elle ne pouvait plus s’approcher de Jésus comme sa mère,
mais comme son disciple.


John Piper ajoute quelques commentaires sur Marie qui confirment cette perspective. Paul dit de manière générique que Jésus est né d’une femme, mais il décide de ne pas mentionner Marie de nom : “mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi” (Galates 4:4).

Piper dit que la naissance de Jésus par la vierge Marie n’est jamais mentionnée en dehors les récits de sa naissance par Matthieu et par Luc. Le fait que Jésus est né d’une vierge n’est jamais mentionné dans les épîtres aux églises. Cela ne diminue pas sa vérité ni son importance, mais la naissance de Jésus ne faisait pas partie essentielle du culte de l’église du Nouveau Testament.

Quand Marie est mentionnée dans les Évangiles, elle n’est pas signalée à l’attention du lecteur. Par exemple, à la croix, Matthieu fait allusion à Marie sans mentionner qu’elle est la mère de Jésus :

Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin ; qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée (Matthieu 27:55-56).

Parler de Marie tout simplement comme “mère de Jacques et de Joseph” est frappant. Nous savons qu’il s’agit de la mère de Jésus à cause de Matthieu 13:55.

N’est-ce pas le fils du charpentier? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères?

Ainsi, Matthieu fait allusion à Marie sans l’appeler la mère de Jésus, et quelques versets plus tard, il y fait allusion comme “l’autre Marie” (Matthieu 27:61).


Tout cela indique tout simplement que dans les Évangiles, Marie n’est pas élevée comme si elle était un objet de foi ou d’adoration.


 

Le dogme catholique de la virginité perpétuelle

Le dogme catholique de la virginité perpétuelle de Marie ne se tient pas car la Bible parle des frères et des sœurs de Jésus :

Comme Jésus s’adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler (Matthieu 12:46).

N’est-ce pas le fils du charpentier ? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères ? et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D’où lui viennent donc toutes ces choses ? (Matthieu 13:55–56).

Certains interprètes ont suggéré que ces frères et sœurs étaient cousins ou des enfants de Joseph d’un mariage antérieur, mais aucune preuve n’existe ni dans les mots grecs adelphoi (“frères”) et adelphai (“sœurs”) ni dans l’information historique pour cette interprétation. Les rapports sexuels entre Marie et son mari Joseph ne diminuent pas sa sainteté ; au contraire, ils contribuent à sa sainteté (voir Genèse 1:28 ; 1 Corinthiens 7:3-5 et 1 Timothée 5:14 ; English Standard Version Study Bible sur Matthieu 13:55-56).

Marie dans le reste du Nouveau Testament

Marie est mentionnée dans les Évangiles une dernière fois sous la croix où Jésus a confié sa mère à Jean (Jean 19:27). Après cet événement, elle se trouve encore une fois dans la Bible, dans la chambre haute avec 120 disciples qui priaient et cherchaient la face de Dieu (Actes 1). Les 120 disciples ne priaient pas Marie ni lui demandaient de prier pour eux. Elle faisait partie de ce groupe qui attendait la promesse du Père concernant l’effusion du Saint-Esprit.

Marie n’est plus jamais mentionnée de nom dans le Nouveau Testament. Elle ne se trouve pas dans les écrits de Paul, ni dans les épîtres de Jacques (frère de Jésus et fils de Marie), ni dans les épîtres de Jean qui s’est occupé d’elle. Cette Juive obéissante est devenue un disciple de Christ, pas une médiatrice entre Dieu et les hommes car nous lisons dans 1 Timothée 2:5 qu’il y a “un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme”.

Marie est née comme tout autre enfant ; elle avait besoin du Sauveur à qui elle a donné naissance de manière virginale grâce à un miracle accompli par le Saint-Esprit. Elle est devenue un disciple de Jésus-Christ, elle a vécu pour lui, elle est morte et enterrée, et elle sera ressuscitée avec tous ceux qui sont morts en Christ au jour de la résurrection.

Tandis que les catholiques ont construit beaucoup de mythes sans soutien biblique aucun autour de Marie, en tant que protestants, nous avons trop souvent réagi en refusant de voir en elle le modèle d’une jeune femme pieuse qui s’est soumise à la volonté de Dieu.

Nous pouvons conclure en citant John Piper :

La vénération que donne l’Église catholique (romaine) à Marie n’est pas justifiée par le Nouveau Testament. En fait, il est étonnant de constater que son rôle dans le Nouveau Testament est vraiment minime. Nous pouvons reconnaître la bénédiction qu’elle a reçue de Dieu pour devenir la mère de notre Seigneur incarné, mais nous ne devrions pas la mettre sur un piédestal que ni elle ni Jésus l’aurait approuvé.

Mohler : 7b. Le pasteur comme théologien (partie 2)

La prédication et la doctrine

He is not silent Je partage des notes du livre par Albert Mohler, He Is Not Silent: Preaching in a Postmodern World (“Il n’est pas silencieux : prêcher dans un monde postmoderne”).

 

Pour les autres articles sur ce livre “He Is Not Silent”, cliquer ici.

Albert Mohler a commencé ce chapitre sur le rôle du pasteur comme théologien en parlant de l’appel du pasteur. Il poursuit son sujet en s’adressant à ce qu’il appelle…

LA CONCENTRATION DU PASTEUR

En ce qui concerne la théologie, le pasteur doit savoir faire le tri entre ce qui est non négociable et ce qui est discutable. Mohler fait la distinction entre les doctrines de première grandeur, celles de deuxième grandeur et celles de troisième grandeur.

Les doctrines de première grandeurLe rejet des doctrines de première grandeur est un rejet de l’évangile même.
—Albert Mohler

Les doctrines de première grandeur sont celles qui sont non négociables, par exemple, la divinité ou la déité et l’humanité plénières de Christ, la Trinité, l’expiation (la propitiation) et la justification par la foi seule. Quand le pasteur entend dire qu’il n’est pas nécessaire de croire à la résurrection littérale de Jésus-Christ, il doit reconnaître que le rejet de telles doctrines est un rejet de l’évangile même.

Les doctrines de deuxième grandeur

Les doctrines de deuxième grandeur sont celles qui sont essentielles à la vie de l’église locale mais qui ne définissent pas l’évangile. Il s’agit de questions qui concernent l’organisation de l’église ou certains systèmes ecclésiologiques ou théologiques. Par exemple, la question de si la Bible prescrit le baptême d’enfants est importante pour la vie d’une église. Il serait impossible de fonctionner comme une église locale si les membres étaient divisés par cette question. C’est pareil avec la question des dons spirituels. Sommes-nous cessationnistes (les dons ont cessé avec la mort des apôtres) ou continuationnistes (les dons continuent) ? Malgré notre position sur de telles questions, nous pouvons nous reconnaître comme chrétiens même si ces différences nous séparent.

Les doctrines de troisième grandeur

Les doctrines de troisième grandeur sont toujours importantes, mais elles ne menacent pas la communion de l’église locale. Nous pouvons être d’accord sur bien des points fondamentaux sans s’accorder sur toute question biblique. Les différences d’interprétation concernant le temps et la séquence des événements associés avec le retour de Christ sont importantes à cause de leur nature biblique, mais elles ne constituent pas la base d’une séparation d’autres croyants.

Le pasteur doit veiller et savoir évaluer les questions diverses. Parfois les différences qui semblent petites sont quand même grandes dans leur étendue. Dans le quatrième siècle, Arius a proposé que le Fils était d’une substance similaire (“homoiousias”) du Père tandis qu’Athanase s’accordait avec la Bible que le Fils était de la même substance (“homoousias”) que le Père. La différence entre “homoiousias” et “homoousias” est la simple lettre "i", mais quelle différence entre leurs déclarations ! Grâce au rôle d’Athanase comme pasteur et théologien, l’église a évité un grand désastre.

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La mortification du péché : (5) essentielle pour notre épanouissement spirituel

Overcoming Sin and Temptation by John Owen

Articles précédents :

Dans le quatrième chapitre de son livre Overcoming Sin and Temptation (« Surmonter le péché et la tentation »), John Owen donne son troisième principe :

La vigueur et le confort
de notre vie spirituelle
dépendent dans une large mesure
de la mortification du péché en nous.

Autrement dit, notre épanouissement spirituelle dépend en grande partie de notre responsabilité de faire mourir le péché en nous :

…si, par l’Esprit, vous faites mourir les actes mauvais que vous accomplissez dans votre corps, vous vivrez (Romains 8:13).

1. Pourtant, la mortification du péché ne produit pas forcément la vie, la vigueur et le confort. C’est à nous de nous servir des moyens que Dieu nous a accordés pour obtenir ces grâces ; leur allocation est la prérogative de Dieu.

2. L’adoption dans la famille de Dieu et la justification par la foi — et non pas la mortification — sont les causes immédiates de la vie, de la vigueur et du confort. Pourtant…

3. Dans notre relation normale avec Dieu, la vigueur et le bien-être de notre vie spirituelle dépendent dans une grande partie de notre part dans la mortification du péché. La mortification est la condition essentielle.

Owen considère les effets du péché :

  • Le péché affaiblit l’âme et la prive de sa vigueur.

    Il n’y a rien d’intact dans ma chair à cause de ton courroux, Point de paix dans mes os à cause de mon péché… Je suis sans force, tout à fait brisé ; Je gémis à cause du trouble de mon cœur (Psaumes 38:3, 8).

  • Le péché assombrit l’âme et la prive de son confort et de sa paix.

    Car des maux sans nombre m’environnent ; Mes fautes me poursuivent, Et je ne puis en supporter la vue ; Elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête, Et mon courage m’abandonne (Psaumes 40:12/13).

  • Le péché désaccorde et désencadre l’âme en enchevêtrant ses affections.

    Car ce que j’accomplis, je ne le comprends pas. Ce que je veux, je ne le pratique pas, mais ce que je hais, voilà ce que je fais (Romains 7:15).

  • Le péché détourne le cœur d’une communion ardente avec Dieu, rend désirable son objet en expulsant l’amour de Dieu.

     
    N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui (1 Jean 2:15).

    Si quelqu’un possède les biens du monde, qu’il voie son frère dans le besoin et qu’il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeurera-t-il en lui ? (1 Jean 3:17 SER).

  • Le péché remplit le cœur de stratagèmes pour que l’on se mette en souci de la chair pour en satisfaire les convoitises. C’est pourquoi nous devons renverser les raisonnements qui s’élèvent contre la connaissance de Dieu et amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ (2 Corinthiens 10:4-5).
     
  • Le péché nous empêche de faire ce que nous devrions faire.

    Ce que je veux, je ne le pratique pas (Romains 7:15).

    Tous ces effets du péché empêchent la vigueur et l’épanouissement de notre communion avec Dieu, notre vie spirituelle.

    La mortification est le moyen d’émondage par lequel, en déracinant les convoitises et les affections qui empêchent la croissance en grâce, nous puissions porter du fruit. La mortification est l’opposition vigoureuse de l’âme contre le moi et la preuve de notre sincérité devant Dieu.

  • Catégories : péché, sanctification, tentation, Saint-Esprit, John Owen, études

La mortification du péché : (4) Le rôle du Saint-Esprit

Articles précédents :

Overcoming Sin and Temptation by John Owen Je continue ma lecture de Overcoming Sin and Temptation (« Surmonter le péché et la tentation ») par John Owen.

Dans le chapitre 3, Owen donne son deuxième principe : Le Saint-Esprit est la grande cause souveraine de la mortification du péché : « Si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Romains 8:13). Le Saint-Esprit seul est suffisant pour l’œuvre de faire mourir les actions du corps de péché… Tout autre remède est en vain. C’est « par l’Esprit » parce que le Saint-Esprit seul est suffisant pour cette œuvre de faire mourir les actions du corps de péché. Tout autre remède – ordres, pénitences et vœux prescrits par l’Église catholique, par exemple – est en vain.Owen étale plusieurs raisons pour lesquelles tout autre remède est vain :

  1. Bien de ces remèdes n’ont jamais été désignés par Dieu pour accomplir la mortification de la chair. « C’est en vain qu’ils me rendent un culte En enseignant des doctrines (Qui ne sont que) préceptes humains » (Matthieu 15:9).
  2. Les moyens désignés par Dieu comme la prière, le jeune, la veille et la méditation ne sont pas mis en pratique.

Pourquoi la mortification est une œuvre de l’Esprit Saint.

1. Il a promis de faire cette œuvre.

“Je leur donnerai un même cœur Et je mettrai en vous un esprit nouveau ; J’ôterai de leur chair le cœur de pierre Et je leur donnerai un cœur de chair, » (Ezékiel 11:19).

“Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ezékiel 36:26).

2. Tous les dons sont communiqués par le Saint-Esprit :

“Moi, je suis le cep ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15:5).

“Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez » (Actes 2:33).

Comment le Saint-Esprit fait-il mourir le péché ?
  1. Une vie remplie du Saint-Esprit ne laisse pas grande place pour les œuvres de la chair.Il fait abonder nos cœurs en grâce et en fruit qui sont contraires à la chair. L’apôtre Paul contraste les œuvres de la chair avec le fruit de l’Esprit : « Les œuvres de la chair sont… Mais le fruit de l’Esprit est… » (Galates 5:19-22). Si notre vie est remplie du fruit de l’Esprit, il ne reste pas grande place pour les œuvres de la chair car « Les désirs de l’Esprit sont contraires à ceux de la chair » (Galates 5:17). « Ceux qui sont au Christ-Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs » (v. 24). De quelle manière ? Ils vivent et marchent « par l’Esprit » (v. 25). Nous sommes renouvelés par le Saint-Esprit (Tite 3:5). Il nous fait grandir, nous épanouir et abonder dans les grâces qui sont contraire aux œuvres de la chair.
  2. Le Saint-Esprit affaiblit, détruit et enlève la racine et l’habitude du péché. Cf. Ésaïe 4:4.

Il applique la croix de Christ au cœur du pécheur par la foi et nous fait entrer dans « la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort » (Philippiens 3:10).

Si l’Esprit Saint seul est la grande cause souveraine pour la mortification du péché, pourquoi sommes-nous exhortés à le faire mourir ?

  1. Nous devons faire mourir le péché parce que toutes les grâces et toutes les œuvres bonnes en nous viennent de lui. Il « opère en nous » (Philippiens 2:13). Il est l’« Esprit de grâce et de supplication » (Romains 8:26 ; Zacharie 12:10).
  2. Sa manière d’accomplir la mortification du péché en nous n’exclut pas notre obéissance. Le Saint-Esprit préserve notre liberté et notre arbitre libre. Il œuvre sur notre compréhension, notre volonté, notre conscience et nos affections d’une manière qui ne les domine pas. Il œuvre en nous et avec nous, pas contre nous ou sans nous.

Les leçons les plus importantes pour moi :

  1. J’ai besoin de comprendre la puissance du péché qui demeure en moi et la puissance infiniment plus grande de l’Esprit Saint.
  2. Le péché enlève de notre esprit toute pensée de Dieu, paralyse la volonté, « produit » la paresse, entraîne le mauvais emploi de notre temps et nous rend stériles plutôt que fructueux pour le Seigneur.
  3. Nous faisons mourir le péché en semant à la justice, en nous réveillant à Dieu, en croissant dans la grâce et la connaissance du Seigneur et en portant encore plus de fruit. Ce que vous nourrissez grandit ; ce que vous affamez meurt. Les deux moyens sont à employer, quand nous semons à l’Esprit, la chair est affaiblie.
  4. La grâce décline ; nous devons semer à l’Esprit chaque jour.

Passage supplémentaire à méditer :

« Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ : Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur ! Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu. Par elles les promesses les plus précieuses et les plus grandes nous ont été données, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise ; à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété la fraternité, à la fraternité l’amour. En effet, si ces choses existent en vous et s’y multiplient, elles ne vous laisseront pas sans activité ni sans fruit pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ ; mais celui qui ne les possède pas est un aveugle, il a les yeux fermés, il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés. C’est pourquoi frères, efforcez-vous d’autant plus d’affermir votre vocation et votre élection : en le faisant, vous ne broncherez jamais. C’est ainsi que vous sera largement accordée l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (2 Pierre 1:1-11).

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Les chrétiens peuvent-ils célébrer Noël ?

Une sœur m’a demandé s’il était permis aux chrétiens de célébrer Noël. Selon les Témoins de Jéhovah, Dieu désapprouve la célébration de Noël. Les chrétiens peuvent-ils célébrer la naissance de Christ ? Pouvons-nous célébrer la résurrection de Christ ? À ces deux questions, les Témoins de Jéhovah répondent négativement. Selon eux, la Bible nous dit de commémorer la mort de Christ, mais pas sa naissance ni sa résurrection.

La position vacillante des Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah ont changé d’avis sur cette question. Voici quelques citations de leur magazine The Watchtower :

La date du jour de Noël n’a pas d’importance ; nous pouvons bien nous joindre [à la célébration] (Watchtower, 15 décembre 1903).

Ne pinaillez pas concernant la date ; joignez-vous au monde et célébrez Noël (Watchtower, le premier décembre 1904).

L’événement est si important qu’il convient toujours à le rappeler à la pensée des gens, sans se soucier de la date (Watchtower, 15 décembre 1926).

Selon les Témoins de Jéhovah, les vrais chrétiens ne célèbrent pas la naissance de Christ.

Aujourd’hui, selon le site Internet officiel de la Watchtower Society, les vrais chrétiens ne fêtent pas Noël, Pâques ou les anniversaires de naissance. Nous pouvons lamenter la commercialisation flagrante de Noël et le fait que bien des gens célèbrent le 25 décembre et non pas la naissance de Christ, c’est-à-dire qu’ils aiment fêter sans discerner la signification du jour. Nous pouvons regretter la manière incompatible avec « le saint (enfant) » (Luc 1:35) dont bien des gens célèbrent le jour de sa naissance. Cela ne veut pas dire que nous devions céder la place aux païens. Si certaines gens cherchent à enlever Christ de la célébration de son incarnation, nous devons autant plus proclamer le message de la Parole faite chair (Jean 1:14), le message d’Emmanuel, « Dieu avec nous » (Matthieu 1:23).

Personnellement, je n’arrive pas à comprendre pourquoi certains pasteurs loupent l’occasion de prêcher sur les grands événements de la vie de Christ (sa naissance, sa mort, sa résurrection ou son exaltation à la droite de Dieu) comme si l’église n’avait rien à dire concernant ces jours de fête. C’est céder la place aux autres qui ne connaissent pas l’importance et ne savent pas célébrer les fêtes chrétiennes comme il le faut.

Comme nous avons noté, les Témoins de Jéhovah déclarent que « les vrais chrétiens ne fêtent pas la naissance de Christ ». Il est aberrant que ceux qui ne demeurent pas dans la doctrine de Christ (2 Jean 7-10) se prennent pour des juges de qui sont « les vrais chrétiens » !

  • Ne pouvons-nous nous réjouir avec les bergers à qui cette naissance a été annoncée comme « la bonne nouvelle d’une grande joie qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2:10-11).
  • Ne pouvons-nous célébrer avec les anges qui ont chanté sa naissance (Luc 2:13-14) ?
  • Ne pouvons-nous faire comme les Mages qui se sont prosternés et ont adoré le divin enfant (Matthieu 2:1-12) ?

Arguments contre la célébration de la naissance de Christ

Argument 1 : C’est interdit par les Écritures.

Les Témoins de Jéhovah ne célèbrent ni la naissance de Christ ni sa résurrection, disent-ils, parce que ce n’était pas commandé dans les Écritures.

Dans les Écritures, il y a bien des choses qui ne sont ni commandés ni interdites. Par exemple, la fête de la Dédicace était une célébration de la purification du temple instituée après sa désacralisation par Antiochos IV en 165 avant J.-C. Elle n’a pas été commandée dans l’Ancien Testament, mais Jésus était lui-même présent pour la fête de la Dédicace à Jérusalem :

On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon (Jean 10:22-23).

Devrions-nous tirer la conclusion qu’il participait à une fête païenne tout simplement parce qu’elle n’était pas commandée dans les Écritures ?

Les Juifs ont également institué la fête de Purim pour célébrer la délivrance des Juifs de destruction en Babylone (Esther 9:26-32). Rien n’indique que c’était commandé par Dieu, mais ils étaient libres de célébrer ce que Dieu avait fait comme ils le font jusqu’à présent. La célébration était aussi marquée par la pratique d’envoyer des cadeaux à son voisin et des dons aux pauvres (Esther 9:19-22) comme se fait très souvent à Noël. Nous sommes libres de célébrer la naissance celui qui pour nous « s’est fait pauvre de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis » (2 Corinthiens 8:9).

Argument 2 : La Bible interdit les sapins de Noël.

Les Témoins de Jéhovah se servent de Jérémie 10:1-4 pour dire que les sapins de Noël ont été condamnés dans les Écritures. Une telle lecture ne prend pas au sérieux les intentions de l’auteur. Jérémie écrivait dans le sixième siècle avant J.-C. ; les sapins de Noël ont été introduits dans le 16e siècle après J.-C. C’est donc impossible que Jérémie ait pensé aux sapins de Noël ; il parlait plutôt des idoles que l’on façonnait de bois et couvrait d’or (Jérémie 10:8-9 ; Ésaïe 40:19-20). Les sapins de Noël représentent la lumière que Christ a amenée quand il est entré dans le monde (Jean 1:4-5).

Argument 3 : Le Noël trouve ses origines dans des fêtes païennes.

On suggère que les Pères de l’Église aient choisi le 25 décembre pour célébrer la naissance de Jésus-Christ pour remplacer la fête païenne de Mithra qui était célébrée au solstice d’hiver, le 25 décembre. Si c’était vrai, je ne trouverais aucune inconvenance de remplacer quelque chose de païen avec quelque chose de chrétien. Les « origines païennes » de Noël sont un mythe sans base historique.C’est une chose d’adopter ou d’adapter une fête païenne – c’est du syncrétisme qui est interdit à maintes reprises dans les Écritures – c’est encore autre chose d’en remplacer une par une fête chrétienne. Pourtant, selon l’article « Calculating Christmas » (Calculer Noël), par William J. Tighe, professeur d’histoire à Muhlenberg College à Allentown, Pennsylvanie, le choix du 25 décembre n’avait rien affaire avec les fêtes païennes ; le choix résultait des efforts des chrétiens de déterminer la date de la naissance de Jésus sur la base des calculs calendaires. (Voir également mon article « Jésus-Christ est-il né le 25 décembre ?« ) En plus, il argumente que l’empereur Aurélien a établi la fête païenne Natalis solis invicti le 25 décembre 274 comme option païenne à une date qui portait déjà de l’importance pour les chrétiens romains. Il conclut :

Ainsi, les « origines païennes » de Noël sont un mythe sans base historique.

Dans son très bon article « Noël, fête païenne ?« , le pasteur Pierre-Alain Jacot à l’Ère d’Anduze tire cette même conclusion :

Ainsi, ce ne serait pas l’Église qui aurait tenté de christianiser un culte païen, mais ce serait l’empire romain encore païen, et se sentant menacé, qui aurait essayé de paganiser une fête des chrétiens. Et si Noël se paganise aujourd’hui par le commerce, c’est sans doute que Mammon, le dieu de l’argent et l’idole de notre temps, désire occuper le terrain qui revient en fait au seul vrai Dieu.

Les Témoins de Jéhovah refusent d’honorer le Fils.

Au fond de tous les arguments avancés par les Témoins de Jéhovah contre la célébration de la naissance de Jésus-Christ, on constate une objection à l’adoration de Jésus-Christ. Ésaïe avait prophétisé que l’enfant serait appelé « Dieu puissant, Père éternel » :

Car un enfant nous est né, Un fils nous est donné, Et la souveraineté (reposera) sur son épaule; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix (Ésaïe 9:6).

Les Témoins de Jéhovah ne veulent pas mettre un accent sur l’Incarnation de Dieu. Ils n’acceptent pas que le divine enfant soit adoré comme le Père. Voici une citation du Watchtower, premier novembre 1964, p. 671 :

Il est anti biblique pour les adorateurs du Dieu vivant et vrai de rendre un culte au Fils de Dieu, Jésus-Christ.

Les Témoins de Jéhovah ont peur que l’adoration du Fils n’éclipse l’adoration du Père.

Cette attitude est manifestement anti-Christ. Ils ont peur que l’adoration du Fils n’éclipse l’adoration du Père. La Bible déclare :

De plus le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé (Jean 5:22-23).

Jésus-Christ dit que nous devons l’honorer comme nous honorons le Père. Quelques versets plutôt Jean explique pourquoi les Juifs cherchaient à le faire mourir :

A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu’il violait le sabbat, mais parce qu’il disait que Dieu était son propre Père, se faisant ainsi lui-même égal à Dieu (Jean 5:18).

C’est Jean qui nous explique la signification de ce que Jésus avait dit : il était lui-même égal à Dieu. C’est pourquoi Jésus dit cinq versets plus tard que nous devons l’honorer comme nous honorons le Père, parce qu’il est égal avec Dieu.

Pouvons-nous célébrer la naissance de Christ ? Les Témoins de Jéhovah ont-ils raison de nous juger sur la base de notre célébration de l’Incarnation ? Voici ce que dit la Parole de Dieu : « …que personne ne vous juge… pour une question de fête… » (Colossiens 2:16).

Je conclus avec une citation de Pasteur Jacot :

Les démêlés de Noël avec le paganisme d’hier et d’aujourd’hui nous montrent que la conformité à l’Évangile ne consiste pas pour l’Église à fuir le monde pour éviter d’être contaminée par lui, mais qu’au contraire le chrétien est appelé à témoigner d’une vision du monde où chaque chose est à sa juste place et où Dieu reçoit l’honneur qui lui est dû. C’est une attitude exigeante, car elle nous oblige à être en tension permanente entre deux compréhensions radicalement différentes de pratiques parfois au premier abord semblables : fêtons Noël, non pas comme les médias et la société de consommation nous y invitent, mais comme le croyant se doit d’honorer la naissance de son Seigneur, en conformité avec la Parole de Dieu.

Je vous souhaite à tous, un Joyeux Noël !

Voir aussi :

Catégories : Doctrine de Christ (christologie), Noël, Sectes, Témoins de Jéhovah

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Comment reconnaître l’Envoyé de Dieu

L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et du village de Bethléhem, d’où était David, que le Christ doit venir ? (Jean 7:42).

Dans son livre, Life of Christ (Vie de Christ), Fulton J. Sheen dit que l’histoire humaine est remplie d’hommes qui se disaient être venus de Dieu ou qu’ils étaient des dieux ou porte-parole de Dieu : Bouddha, Mahomet, Confucius, Christ et encore des milliers. Toutefois, il semble raisonnable que Dieu annonce au préalable son envoyé, son lieu de naissance, où il habiterait, son enseignement, ses ennemis, son programme, la manière de sa mort, etc. – des critères par lesquels on pourrait juger la validité de tout réclamant. Sinon, rien n’empêcherait des imposteurs de dire : « Je viens de Dieu » ou « Un ange m’a donné ce message. » Quand un pays envoie un ambassadeur à l’étranger, tout est arrangé avant son départ, et quand il arrive, il porte les pièces justificatives pour valider ses réclamations.

Les nombreuses prophéties concernant le Christ furent accomplis par Jésus de Nazareth. Pour en citer quelques-unes, Dieu avait promis des siècles auparavant que le Christ serait de la descendance d’Abraham, de la tribu de Juda, de la lignée de David, qu’il naîtrait d’une vierge à Bethléhem, qu’il exercerait son ministère en Galilée, qu’il serait rejeté par les Juifs, trahi par un ami, vendu pour trente pièces d’argent, haï sans cause, crucifié, ressuscité et exalté à la droite de Dieu ! Toutes ces « pièces d’identité » indiquent que Jésus est le Christ que l’on attendait et éliminent en même temps tout autre concurrent. Comme dit Pierre quelques semaines après la Résurrection : « Le salut ne se trouve en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4:12). Il pouvait l’affirmer parce qu’il avait déjà vérifié les pièces d’identité de Christ : « Et nous avons cru, et nous avons connu que c’est toi le Christ, le Saint de Dieu » (Jean 6:69).